Réouverture des plages : Soixante députés écrivent au Premier ministre

Mer et plages sont vides... Photos : Olivier SCHLAMA

Des parlementaires de toutes les régions de France dénoncent cette ineptie dont plusieurs de la région venant  de l’Hérault, de l’Aude, du Gard, de Haute-Garonne et des Pyrénées-Orientales (1).

S’il y a un pays qui a une culture des loisirs nautiques et de la plaisance, c’est bien la France. C’est la raison pour laquelle, sous la houlette de Liliana Tanguy, députée du Finistère et de son collègue Bertrand Sorre de la Manche, soixante députés ont signé une lettre au Premier ministre, Edouard Philippe et à son homologue des Sports, l’ancienne championne de natation, Roxana Maracineanu.

Métro oui, plages non…

Tout le monde aura soulevé le paradoxe : on va pouvoir copieusement occuper les transports en commun et le métro mais il nous sera impossible d’aller nager en mer ou pratiquer une activité nautique, tout en respectant les règles d’hygiène dévolues à cette période de pandémie. Sur des plages immensément vides… C’est ce que relèvent en creux, dans cette missive, les signataires. Ils y rappellent ses propos liminaires du Premier ministre lors de son discours à l’Assemblée nationale le 28 avril dernier qu’ils approuvent. « Vous avez déclaré que la vie sociale va reprendre progressivement et qu’il « sera possible, les beaux jours aidant, de pratiquer une activité sportive individuelle en plein air, en  dépassant évidemment la barrière actuelle du kilomètre et en respectant les règles de distanciation physique ».

Les fédérations de surf et de voile ont déjà engagé une réflexion avec l’ensemble des acteurs concernés, préfets maritimes, préfets, maires, collectivités territoriales et associations locales pour faire des propositions quant aux possibilités de reprise »

En revanche, ils attirent son attention sur une incongruité : « L’inaccessibilité des plages au public au moins jusqu’au 1er juin alors que vous levez l’interdiction pour les parcs et jardins dans les départements où le virus ne circule pas de façon active, de même que vous autorisez la réouverture des médiathèques et des petits musées le 11 mai. »

Justement, insistent en substance les soixante députés, les espaces naturels sont propices à la distanciation physique prônée ! Rappelant les bienfaits du « contact avec la nature sur la santé physique et mentale. Nous considérons que la pratique des activités aquatiques et nautiques y contribue largement. » Surf, kite surf, kayak, voile, nage, marche nordique et aquatique, etc. Ce n’est pas comme le beach volley ou une pétanque qui eux sont des sports « statiques ». Ces députés réclament donc que dans les départements « verts », où le virus est peu actif, l’on puisse enfin aller se détendre dans l’eau et prendre un bol d’oxygène. Ils ajoutent : « Les fédérations de surf et de voile ont déjà engagé une réflexion avec l’ensemble des acteurs concernés, préfets maritimes, préfets, maires, collectivités territoriales et associations locales pour faire des propositions quant aux possibilités de reprise. »

On peut limiter le nombre de gens sur la plage

Ces soixante signataires plaident un retour à la mer et à l’océan à l’instar de l’Australie, qui a su l’expérimenter et qui interdit l’installation d’une serviette sur le sable. C’est le fameux concept de « plage dynamique » dont Dis-Leur vous a déjà parlé. Il y a quelques semaines, le point de vue de Guillaume Barucq, maire-adjoint à Biarritz et lui-même médecin avait fait eu un important écho sur les réseaux sociaux. Que Dis-Leur avait interrogé.

« On peut limiter le nombre de personnes dans l’eau et sur la plage, dit-il ; l’État peut gérer ces flux-là et même les plages horaires de baignade pouvant aller jusqu’à la nuit pour éviter une trop forte concentration de baigneurs », pour des plages équipées de spots. « On peut y associer les fédérations de pêche, de surf, de sauvetage, etc. pour diffuser les bonnes pratiques », souligne Guillaume Barucq, qui aimerait que « tous les espaces naturels soient également ouverts, comme la montagne, tout en étant sous contrôle ». Il en ajoute une pincée : « Et si on en profitait pour étaler définitivement les vacances d’été ? »

Olivier SCHLAMA

(1) Coralie Dubost, Patrick Vignal, Christophe Euzet (Hérault), Alain Péréa et Danièle Hérin (Aude), Annie Chapelier (Gard), Pierre Cabaré (Haute-Garonne), Laurence Gayte (PO).

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