Arnaques en hausse sur le net : Conseils pour les éviter

Même Kilian Mbappé n’y a pas échappé, se faisant pirater son compte Twitter… Masques, gels hydro-alcooliques : les arnaques foisonnent en ces temps troublés. Le centre des Impôts de Montpellier, à l’instar d’autres administrations, en appelle à la vigilance renforcée…

Confiné et escroqué : c’est la double peine.  La direction des finances publiques de Montpellier est en alerte. « Nous avons remarqué une nette recrudescence d’escroqueries auprès des particuliers, collectivités et entreprises au travers de mails frauduleux », confie Véronique Le Garrec. En ce moment, les escrocs profitent de la sidération et de l’angoisse collectives qui abaissent notre habituelle vigilance pour envoyer moult mails, notamment, avec des injonctions de paiement dans des délais très courts soit en donnant ses identifiants bancaires soit en payant par carte bleue… Toutes les administrations françaises à l’instar de la Répression des fraudes sont mobilisées.

Particuliers et entreprises, collectivités, hôpitaux, experts-comptables, notaires, etc., tous doivent faire preuve de la plus grande vigilance durant cette période »

L’épidémie de coronavirus est propice au pullulement d’escrocs de tous poils. Masques faussement protecteurs, tentatives d’hameçonnage (phishing), etc. Tout en bon. Le centre des impôts de Montpellier en reçoit « quatre ou cinq signalements par jour », y compris sur des cagnottes en ligne pour aider les… soignants. Ce sont uniquement les remontées du « terrain » de ceux qui ont bien voulu les transmettre. De nombreuses tentatives de fraudes ont été déjouées parmi lesquelles des propositions commerciales frauduleuses pour l’achat de masques ou de gel hydro-alcooliques ; de falsification de RIB ; utilisation frauduleuse de l’identité DGFiP pour obtenir des coordonnées bancaires  ou encore des prélèvements frauduleux avec usurpation de RIB. Carrément. À noter que toutes les démarches relatives au versement du fonds de solidarité mis en place pour les petites entreprises (1 500 €) se feront uniquement en ligne sur le site impots.gouv.fr. Et d’alerter : « Particuliers et entreprises, collectivités, hôpitaux, experts-comptables, notaires, etc., tous doivent faire preuve de la plus grande vigilance durant cette période. »

« La période, atypique, est propice à certaines escroqueries ou tentatives d’escroqueries de circonstance, détaille justement la spécialiste. Ces mails frauduleux se glissent parmi ceux que vous recevez tous les jours, bien officiels, eux. Par exemple, on trouve les propositions commerciales des inévitables masques et gels hydro-alcooliques, de circonstance qui font beaucoup en ce moment l’objet (de tentatives) d’escroqueries. » le gel hydroalcoolique, et surtout les masques de protection – particulièrement les fameux masques de type FFP2 qui protègent le porteur et son entourage. La France en manque pour ses soignants. La denrée est rare et les escrocs en profitent. La malveillance va jusqu’au cambriolage des voitures d’infirmières qui ont pris l’habitude, désormais, de retirer leur macaron du pare-brise.

Les impôts n’ont jamais d’adresse mail finissant par « Gmail » ; fautes d’orthographe ; pas de s’il vous plaît dans l’administration…

Mercredi 25 mars, un escroc a encore été mis en examen à Paris après la découverte de 23 060 masques dans une camionnette. L’individu les revendait en toute illégalité. Ce n’est pas une première dans la capitale : quatorze enquêtes similaires ont été ouvertes par le parquet de Paris pour des infractions sur la vente de masques de protection ou de gel hydroalcoolique, des produits réquisitionnés par le gouvernement et mis à la disposition des soignants. Les autorités françaises ont d’ailleurs interdit toute spéculation sur ces produits.

Parfois, ces escroqueries sont d’un montant modeste, ce qui ajoute aux conditions d’y croire spontanément. Véronique Le Garrec cite aussi l’exemple d’une soi-disant agence de communication qui propose au minimum « d’acheter 100 000 unités de lunettes et de masques de protections » Fausse proposition, bien entendu ! La plupart du temps, ces réseaux d’escrocs, souvent internationaux, copient les logos des sites d’État officiels, comme celui des Impôts, mais aussi ceux des banques, compagnies d’assurance, etc. « Que la vigilance soit amoindrie, c’est tout à fait humain », note Véronique Le Garrec.

« En cas de doute sur un email administratif, il faut se rendre sur le site officiel de l’organisme pour accéder directement à son compte personnele et ne jamais cliquer sur le lien contenus dans les mails reçus », précise l’administratrice du groupe Stop Arnaques sur Facebook. Parmi les conseils prodigués, Véronique Le Garrec rappelle, elle, tous les fondamentaux : « Il faut regarder de près les adresses des courriels que vous recevez. Attention aux terminaisons suspectes. Les Impôts, par exemple, n’ont jamais d’adresse mail finissant par un « Gmail ». Attention également aux fautes d’orthographe qui sont parfois nombreuses parce que le corps du texte de l’e-mail est issu de mauvaises traductions d’escrocs internationaux. Et encore, une précision qui a son importance : « Dans les documents officiels, l’administration n’emploie jamais la formule S’il Vous Plaît », précise Véronique Le Garrec.

Jamais de coordonnées bancaires par mail

La chargée de ce dossier au centre des impôts de l’Hérault ajoute que « la DGFIP ne demande jamais par mail les coordonnées bancaires ou le numéro de carte bancaire. Et que souvent il y a une notion d’urgence dans le mail avec une injonction. Du style : si vous ne payez pas, votre compte sera fermé sous 48 heures. » Par ailleurs, aucune démarche ne doit être effectuée sur internet en dehors des sites officiels (impots.gouv.fr, amendes.gouv.fr, timbres.impots.gouv.fr, tipi.budget.gouv.fr).

La vigilance de chacun doit permettre de déjouer les tentatives de fraude qui portent atteinte à la solidarité nationale dans cette période de crise. Car il faut aussi noter l’existence de « la falsification de RIB en vue de prélèvements frauduleux avec usurpation des codes et identifiants bancaires. Et cela concerne particuliers, entreprises comme collectivités. Dans ce cas, on doit appeler sa banque pour vérifier. Et vérifier également les coordonnées de ceux à qui ont doit de l’argent et le faire en relisant son contrat de prêt, si c’est un prêt. » Ce n’est pas tout. En cette période troublée, « vérifier ses relevés bancaires » peut vous sauver d’un désagrément. Attention également aux IBAN piratés sur des sites non sécurisés ou qui font mine de l’être.

Vous êtes malgré tout escroqués ? Il faut déposer plainte. « Cela peut se faire directement sur internet », précise Véronique Le Gallec. Et le signaler sur SignalConso, un site gouvernemental. La solidarité est décidément une valeur cardinale. Mais aussi par un formulaire sur internet : internet-signalement.gouv.fr par téléphone via le numéro vert gratuit : 0 805 805 817, via le réseau social Twitter@Gendarmerie ou @cybervictimes et par courriel : cyber@gendarmerie.interieur.gouv.fr

Olivier SCHLAMA

Vivre avec la crise, c’est dans Dis-Leur !