Que ce soit une “Confrontation Zadkine / Cocteau” dans le Lot, une exposition en trois lieux pour Jean Hugo dans l’Hérault ou une double expo (“Sur les Ruines du Prince Noir” de l’artiste contemporain Jean-Michel Othoniel et “Ingres et Delacroix. Objets d’artistes”) au musée Ingres-Bourdelle de Montauban (Tarn-et-Garonne), l’été est placée sous le signe de l’art, en Occitanie ! Une bonne façon d’oublier un peu l’actualité ?
Culture
Un texte, signé par des artistes médiatiquement connus mais aussi par des professionnels du spectacle issus de tous horizons et de tous corps de métier, “vise à alerter les électeurs et électrices d’Occitanie sur les conséquences désastreuses qu’aurait pour le secteur culturel (…) l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en France.” Un sujet souvent oublié de la campagne des législatives.
Cet été encore, la péniche du festival “Convivencia – Musiques du Monde” s’apprête à naviguer sur le canal du Midi au rythme contemplatif de 5km/h pendant près de 400 kms. Son pont transformé en scène de concerts accueillera des artistes venus des 4 coins du Monde durant 13 soirées dans 12 communes différentes de Montech (Tarn-et-Garonne) ce 29 juin jusqu’à Frontignan (Hérault) le 23 juillet (événement gratuit).
La Nuit européenne des musées, dont la 20e édition se déroulera le samedi 18 mai, repose sur un principe simple : investir les musées pour découvrir ou redécouvrir, le temps d’une nuit, de manière insolite, festive et ludique les richesses et la diversité de ces établissements, lieux d’échanges, de rencontres et d’apprentissage, passeurs de mémoire et producteurs d’émotions. Visite “à la torche” à Montauban ou “olfactive” à Sète, nuit médiévale fantastique à Toulouse et bien d’autres encore !
Robe en os, en plumes, robe-paysage (7 mètres de haut !), gonflées en toile de parapente, sous forme de botte géante… Thématique singulière, contemporaine, la robe fait l’objet d’un questionnement vaste avec beaucoup de pièces uniques. À visiter à l’abbaye cistercienne d’Escaladieu entourée d’arbres centenaires !
Le département des Pyrénées-Orientales se distingue en France par la présence d’un “Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine” unique en son genre. Il a pour missions d’assurer la connaissance, la sauvegarde et la valorisation des milliers d’œuvres d’art que possède le territoire. Son action la plus récente a concerné la restauration de l’ancre marine du Monument aux morts de la Place des Esplanades, à Perpignan
Nîmes est la seule ville d’Occitanie à avoir signé un partenariat avec le géant américain sur la numérisation de près de 7 000 objets et plus de 4 000 manuscrits. Le projet, qui propose aussi la visite virtuelle de quatre de ses six musées – une ouverture sur le monde -, se nomme Nîmes Eternelle. Tout un programme qui pose des questions, comme le dit Agathe Bougon, secrétaire générale adjointe du Conseil national du numérique. Google, qui se défend de toute exploitation cachée, affirme que “rien ne remplace l’expérience physique d’un musée”.
Autour d’Albert Camus, Picasso, Garcia Lorca, mais aussi Josep Franch Clapers, Bartoli, Manolo Valiente… Pour cette 4e édition – gratuite – Manuela Parra a concocté un programme riche, à Montpellier, du 28 novembre au 2 décembre. Avec un fil rouge qui se réactualise : dans les camps en France, à l’époque de la Retirada, la culture est résistance.
Ni théâtre, ni MJC mais tiers-lieu. Comme au P’tit Denfert, à Sète, habité par la qualité de ses créations, ces espaces hybrides, qui élaborent des solutions collectives, ont leurs fidèles, de plus en plus nombreux. On en compte 388 en Occitanie et 3 500 dans l’Hexagone, soit un millier de plus en deux ans ! Dont la plus grande partie proposent une programmation culturelle.
Pas moins de 660 artistes ouvrent leurs ateliers gratuitement au public, un peu partout dans nos treize départements, dans une semaine, les 14 et 15 octobre. Pour la 6e année consécutive, la Région Occitanie, deuxième en France pour le nombre d’artistes, organise les Journées des ateliers d’artistes, “un succès qui ne se dément pas”, qualifie Claire Fita, vice-présidente.
Chaque mois, le Sétois Alain Rollat propose un rendez-vous littéraire, le Marque-Page. Cet éminent journaliste, qui fut directeur-adjoint du Monde, nous fait découvrir les livres d’auteurs régionaux issus de maisons d’éditions d’Occitanie et d’ailleurs. C’est au tour de Laura M. ; Alain Condaminas et Frédéric Guyonnet et Jérôme Coll.
La France et l’Occitanie sont largement parcourues de festivals. Une dynamique qui entre dans le marketing territorial des collectivités – avec le cas emblématique de Sète – tout heureuses de mettre en avant une image positive de leur territoire à moindre coût : ces manifestations n’existent que par la participation de milliers de bénévoles. Mais l’aide financière des collectivités peut être remise en cause régulièrement, ce qui en fait un point de fragilité. C’est ce que révèle une étude inédite du ministère de la Culture coécrite par un universitaire Montpelliérain.
À Noël comme en plein cagnard de l’été où il faut faire la queue pour acheter un album, qui n’en achète pas ? Plus de 19 000 titres jeunesse ont été édités en France en 2021 ! Cette forme d’édition est, aussi, l’une des plus dynamiques en Occitanie. La belle santé du secteur est une réalité mais elle est en trompe-l’oeil : les auteurs peinent à vivre de leurs travaux et cette surproduction, qui va avec une grande inventivité, n’est pas forcément rassurante.