En une décennie, pas moins de 28 000 familles volontaires ont effectué 6,5 millions d’observation depuis leur fenêtre ou leur balcon, comme l’explique Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO. Le constat ? Dramatique : 41 % des oiseaux ont déserté nos jardins au printemps. On observe une hausse en trompe-l’oeil l’hiver où les amis ailés tentent de survivre.

Dans au moins trois sites du littoral, les ex-Salins de Villeroy, à Sète, les tocs sur l'étang de Thau ainsi que l'étang de l'Or, à Palavas, on compte des hausses remarquables de populations de ces oiseaux si particuliers de notre littoral. Ailleurs, la forte implication des gestionnaires et le plan de suivi Larimed maintiennent leur niveau. Parfois, comme sur une partie de l'étang de Thau, le préfet interdit toute circulation, "exemple à suivre", selon Olivier Scher, du Conservatoire d'espaces naturels d'Occitanie. Surtout avec les nouvelles habitudes d'apéros-bateaux dans des lieux parfois préservés...

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Ce vendredi après-midi, la volière pour oiseaux de mer du centre de sauvegarde de la faune sauvage, à Villeveyrac (Hérault), a été inaugurée en présence d’Alain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, et de Carole Delga, présidente de région, qui l’a cofinancée. Au delà de cet outil, la Région s’est engagée dans une ambitieuse convention en faveur de la biodiversité.

C’est le plus important et ancien recensement en France. Et le constat est déprimant. Scientifiques et associations alertent sur cette catastrophe et demandent des mesures fortes. En urgence. En dénonçant, à l’instar de Benoît Fontaine, du Muséum d’histoire naturelle, les “milliards d’euros dépensés par l’Europe dans des mesures inefficaces”.

Sous la houlette de la LPO et le Muséum d’histoire naturelle, vous pouvez participer à un comptage national depuis votre jardin, un parc voire votre balcon. Cela donnera au final une photo de la stabilité ou du déclin de certaines espèces et d’une biodiversité malmenée. L’an dernier, 4 000 volontaires ont observé 90 000 oiseaux se poser sur leur lopin ! Un engouement depuis les confinements alors que l’agriculture est la première cause de l’érosion continue de biodiversité…

En 2019, la découverte de Spatules blanches ayant élu domicile pour pondre et élever leurs petits au beau milieu de l’étang de Bages-Sigean avait été une surprise, car ces oiseaux ne se reproduisaient jusqu’alors qu’en Camargue pour la Méditerranée française. En 2020, elles sont revenues, plus nombreuses encore, dans l’unique colonie d’Occitanie.