TGV : Montpellier-Perpignan et Toulouse-Bordeaux enfin sur de bons rails

La LGV, au coeur de tous les espoirs en Occitanie... Photo D.-R.

L’union fait la force : la présidente de Région, Carole Delga (PS), le maire de Montpellier Mickaël Delafosse (PS) et celui de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR), ont su avancer ensemble contre “une France à deux vitesses” et relancer ces projets à grande vitesse à l’arrêt depuis 30 ans.

TER gratuits pour les jeunes, Assises de la mobilité, Etats généraux du rail… : Carole Delga n’a eu de cesse depuis son élection en 2016 de se battre pour que l’Occitanie soit enfin pourvue des deux lignes à grande vitesse complètes quelle mériye, l’une de Montpellier à Perpignan, la seconde entre Toulouse et Bordeaux. Deux maillons manquants essentiels pour développer les trains du quotidiens et le fret et synonyme de développement économique à l’heure du plan de relance. Et qui libèrerait un peu plus le trafic à grande vitesse sur la carte européenne. Et ferait passer une vitesse supérieure aux relations touristiques avec l’Espagne, comme Dis-Leur vous l’expliquait.

“Aujourd’hui, 60 % des Français vivant à plus de quatre heures de Paris sont Occitans et Catalans”

Carole Delga. Photo d’archive.

Pour le tronçon Toulouse-Bordeaux les travaux pourraient débuter en 2024 pour une inauguration en 2030. Il permettra de rallier Toulouse depuis Bordeaux en une heure et cinq minutes et depuis Paris en un peu plus de trois heures. Contre quatre heures aujourd’hui. “Aujourd’hui, 60 % des Français vivant à plus de quatre heures de Paris sont Occitans et Catalans”, rappelle la présidente d’Occitanie.

Castex : l’État mettra 4,1 milliards d’euros

Après avoir joué les Arlésiennes, ces deux lignes TGV semblent enfin accélérer la cadence, à la faveur d’une participation significativement en hausse de l’État sur ce projet. Par courrier, Jean Castex a assuré que l’Etat mettrait 4,1 milliards sur 7,5 milliards pour tracer les 222 km de voies à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse avec une contribution européenne espérée de 20 % pour un total de plus de 6 milliards d’euros. Sachant que les collectivités locales sont amenées à mettre la main à la poche autour des 40 % restants. Ce projet permettra d’engager la création d’une ligne RER autour de la Ville Rose. Le Premier ministre a ajouté qu’une “société de projet avec les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine et les métropoles de Toulouse et Bordeaux sera constituée pour porter cette LGV”.

Accélération aussi du projet Montpellier-Perpignan

Jean Castex, le Premier ministre ors de son intervention à la cave coopérative Montagnac (Hérault).

Ce n’est pas tout. Accélération aussi du projet Montpellier-Perpignan, Actuellement, Montpellier étant un cul-de-sac. De la même manière, Jean Castex a fait savoir que ce tronçon passerait lui aussi bientôt à la vitesse supérieure. Dans une missive aux élus, Jean Castex annonce avoir décidé “l’accélération de la section Montpellier-Béziers” : qu’une enquête publique commencera avant la fin de l’année 2021. Le but : déclarer ce tronçon de la ligne Montpellier-Perpignan d’utilité publique en 2022. Sachant que l’Occitanie attend cette LGV depuis trente ans et que Perpignan, par exemple, est à plus de 5h30 de Paris par le train et qu’Air France a diminué la fréquence de ses navettes pour la capitale.

Même financement que la LGV Marseille-Nice

Tout commence avec la visite de Jean Castex – un amoureux du train, n’a-t-il pas consacré un ouvrage au Train jaune ? – à Toulouse le 24 avril dernier pour lancer la 3e ligne de métro lors de laquelle Carole Delga haussa le ton en demandant que les deux dossiers passent à la vitesse supérieure. Le même jour, la présidente socialiste de la région Occitanie manque de s’étrangler en constatant que la ligne LGV Marseille-Nice, pourtant moins avancée à l’origine que celles d’Occitanie, vient de décrocher la timbale : 40 % de son coût total (1,38 milliards d’euros) sera financé par l’État… Ce qui n’était pas le cas pour les deux projets occitans.

Des projets à grande vitesse à l’arrêt depuis 30 ans !

vitesse-gare-mogere-montpellierCes projets étaient depuis trop longtemps remis aux calendes grecques. Le Bordeaux-Toulouse et le Montpellier-Perpignan sont en attente depuis… 25 ans  et 30 ans ! Et ils n’ont pas été relancés avec l’arrivé de Macron au pouvoir. Au contraire : peu après son élection, le Président de la République avait décrété une pause pour mieux prioriser le développement des trains du quotidien. Or, justement, il y a un besoin impérieux à créer une seconde ligne, TGV, pour mieux augmenter la cadence des trains régionaux ! C’est aussi pour cela que Carole Delga, Jean-Luc Moudenc et Mickaël Delafosse avancèrent main dans la main sur ces projets ô combien structurants.

“Un nouveau départ” pour Delafosse

Michaël Delafosse – Maire de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole. DR

Pour Mickaël Delafosse, maire PS de Montpellier et président de la Métropole, “l’union fait la force”. “Sur les 3,2 milliards d’euros annoncés selon une clé de répartition identique à celles des lignes Marseille-Nice et Bordeaux-Toulouse, un milliard d’euros seront fléchés sur le premier tronçon Montpellier-Béziers, a-t-il calculé. L’enquête publique démarrera avant la fin de l’année, pour une déclaration d’utilité publique (DUP) en 2022 (…) Cette décision signe un nouveau départ pour ce projet majeur en matière de mobilités.” Michaël Delafosse dont la collectivité a engagé des fonds pour des études rappelle également que “la mise en service du contournement ferroviaire Nîmes‐ Montpellier a permis d’augmenter significativement l’offre de train voyageurs et de reporter 70 % du fret sur la nouvelle ligne, évitant ainsi les traversées de villes et les nuisances”. CQFD.

“Par-delà les clivages politiques…”

C’est un succès qui rejaillit sur  l’ensemble des collectivités partenaires et financeurs de la LNMP : les départements de l’Hérault, de l’Aude, des Pyrénées-Orientales, la Métropole de Montpellier, les Agglomérations de Sète, Agde, Béziers, Narbonne, Carcassonne et Perpignan.  “C’est avec beaucoup de satisfaction pour notre territoire et les habitants que nous accueillons les engagements de Jean Castex, ont résumé dans un communiqué commun Carole Delga et Jean-Luc Moudenc. Ce résultat est le fruit d’un travail important et du rassemblement, par-delà les clivages politiques, des élus de la métropole, du conseil départemental, de la région (…) qui ont su créer un collectif permettant de remettre ce projet structurant parmi les priorités de l’État, après sa mise en sommeil en 2017.”

Pour sa part, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne, Georges Méric, a exprimé dans un communiqué “sa satisfaction de voir enfin avancer ce projet structurant et tant attendu par tout un territoire”, rappelant que le département avait déjà participé au financement du tronçon Tours-Bordeaux de la LGV Paris-Toulouse.

Olivier SCHLAMA

  • Carole Delga a précisé : “J’avais demandé la mise en enquête publique du tronçon Montpellier-Béziers : le Premier ministre me confirme que cette enquête publique, attendue depuis 2018 et déterminante pour le calendrier du projet, se fera avant la fin de l’année 2021, ce qui permettra de déclarer l’utilité publique dès 2022.”
  • Et la présidente de région Occitanie d’ajouter : “J’avais interrogé le Président de la République sur l’égalité territoriale entre les différents projets de grande vitesse en France. Le Premier ministre m’annonce pour la première fois, dans ce courrier, que la clé de financement sera identique aux projets Marseille-Nice et Bordeaux-Toulouse : à savoir 40% Etat, 40% Collectivités locales, 20% Fonds européens. C’est-à-dire que Jean Castex engage la responsabilité de l’Etat sur un montant de 3,2 milliards d’euros sur l’ensemble du projet, dont un milliard d’euros sur la seule partie Montpellier-Béziers.”

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