Le fléau de la misère progresse en Occitanie, l’une des régions les plus pauvres de France. À l’heure de l’inflation galopante, Dis-Leur ! dresse le panorama d’une situation qui n’est pas une fatalité : la moitié des pauvres font le “yoyo” : tombant et sortant régulièrement d’une situation précaire. C’est là que l’Etat comble les “trous dans la raquette” en développant des bonnes pratiques ou en permettant une meilleure approche collective comme l’explique le commissaire à la pauvreté de la région, Eric Pélisson, qui finance des projets innovants mis en oeuvre par des associations.
Occitanie
En Occitanie, à peine six d’entre-elles sont dédiées à des publics en difficulté, dont une vient d’ouvrir à Perpignan et une 7e est envisagée à Béziers. Grâce à une pédagogie adaptée, le permis y est synonyme d’inclusion alors que, plus largement, un quart des Français sont sans solution de déplacement. Thomas Chevillard, président de Mob’In France, dit : “Cela peut n’être que le dernier étage d’une fusée pédagogique.” Et les besoins sont importants.
Selon l’organisme de recouvrement des cotisations, l’Urssaf, la région a bien résisté à la crise, jusqu’au 2e trimestre. “Dans l’ex-Languedoc-Roussillon, explique Noémie Joubert, on avait perdu 18 000 emplois pendant la crise. Non seulement ils ont été récupérés mais on en a créé 17 000 de plus !” Le secteur le plus porteur ? “Hôtellerie café, restauration.”
Pas moins de 2,2 milliards d’euros auront été investis en 2030 par la Région Occitanie. Et ce n’est pas fini : lycées, transports, rénovation énergétique, agriculture… Pas un secteur n’échappe à l’aide à la modernisation de la vie économique. Pas même les covoitureurs qui vont être subventionnés ou les ménages précaires qui vont bénéficier d’un Fonds énergie solidaire.
Une large concertation de mai au 30 septembre, des propositions et un plan ambitieux de 4 M€ soumis au vote en décembre : dans une interview à Dis-Leur !, Benjamin Assié en explique l’architecture. Elle se base sur trois enjeux majeurs : davantage de visibilité ; davantage de pratique en multipliant les occasions d’usage, lors de pratiques culturelles, sportives ; et lever les blocages liés à “la méconnaissance” des langues du territoire.
Présidée par Carole Delga, présidente de la région Occitanie, la société qui préside aux destinées de la ligne nouvelle a été créée. Si tout va bien, le tronçon Montpellier-Béziers sera mis en service en 2034 moyennant 2 milliards d’euros, payés à 40 % par les collectivités. Quant aux réserves et recommandations de la commission d’enquête, SNCF Réseau s’engage à apporter réponses et solutions. La seconde phase vers Perpignan fera d’abord l’objet d’une concertation pour une enquête publique en 2028.
Les parcs régionaux ont “un rôle particulier à jouer dans la lutte contre les feux”, affirme Michaël Weber. Le président de la Fédération nationale qui réunit les 58 parcs de l’Hexagone – 4 millions d’habitants, 20 % du territoire – propose des Assises avec tous les acteurs de la forêt, gestionnaires comme collectivités, y compris pour partager des expériences utiles et en imaginer d’autres.
Une habitante de Balma, près de Toulouse, a eu l’idée d’une application pour smartphones, Leaf, qui met en relation consommateurs et propriétaires de potagers pour écouler des surplus à petits prix. Elle compte déjà deux mille inscrits et une centaine de potagers. Corine Bourdoncle a le projet d’étendre son utilisation en Languedoc-Roussillon et à tout l’Hexagone.
La région Occitanie devrait atteindre 215 millions de nuitées en 2022 (208 millions en 2019) avec une hausse de 2,6 millions de la clientèle étrangère cet été (+ 46 %). Campagne (+ 27 %) et littoral (+ 26 %) sont les grands gagnants. Pyrénées et Massif central sont en léger retrait. Comme le thermalisme, les tourismes d’affaire et spirituel. Le tourisme, pan économique majeur, représente 100 000 emplois et un chiffre d’affaires de 15,6 milliards d’euros.
Pays de la bonne chère, l’Occitanie se classe, selon l’Insee Occitanie, 3e région dans l’Hexagone pour le nombre de ses commerces alimentaires (127 pour 100 000 habitants). La région comptait, en 2017, derniers chiffres connus exploitables, 7 272 commerces alimentaires spécialisés. “Cette forte densité est liée au profil touristique et rural de la région.” Même si petites et moyennes surfaces exercent une concurrence.
Dans l’Hexagone, cent vingt-deux femmes ont perdu la vie en 2021 sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint contre cent deux en 2020, selon le ministère de l’Intérieur. 84 % avaient déposé une plainte antérieure. Psychiatre spécialisée, Muriel Salmona explique les raisons pour lesquelles le fléau ne faiblit pas.
D’ici 2023, treize nouveaux projets touristiques “durables et résilients auront vu le jour sur le littoral d’Occitanie”, souligne Didier Codorniou. Pour le 1er vice-président de la Région Occitanie, “c’est une façon de sensibiliser et de soutenir la transformation vers un tourisme durable. Et vers un modèle plus résilient face au changement climatique et bien sur respectueux de l’environnement”.
Entre Rhône et Garonne, c’est un dico pas comme les autres. Pertinent, concis, au style plein de tact. On peut y piocher au gré de ses envies, de ses humeurs. Et quand on referme le parfois étonnant Dictionnaire familier d’Occitanie (20 €, Cairn), en cours de diffusion dans les librairies, on a le sentiment, non pas d’être incollable sur l’Occitanie, mais d’en faire davantage partie.
Apport massif de population, bétonisation, surtourisme, érosion, submersion marine, manque d’eau annoncé… Les défis qui s’entichent de nos 220 km de bords de mer sont nombreux. Et leur gestion, un enjeu majeur. Le dernier opus d’Etudes héraultaises fait savamment le tour de la question et s’ouvre aux possibles.
Avec la présélection de treize consortiums d’entreprises, l’Etat a vraiment donné le coup d’envoi d’un projet unique en France. La concertation se poursuit avec les territoires. Une nouvelle ère s’ouvre avec le lancement de ces géants qui devraient être capables dans quelques années de subvenir aux besoins électriques de plusieurs millions d’habitants d’Occitanie.
Chaque mois, le Sétois Alain Rollat propose un rendez-vous littéraire, le Marque-Page. Cet éminent journaliste, qui fut directeur-adjoint du Monde, nous fait découvrir les livres d’auteurs régionaux issus de maisons d’éditions d’Occitanie. C’est au tour du Toulousain Pierre Dabernat, le Montpelliérain Philippe Castelneau et le Perpignanais Gautier Wailly.