Malgré la crise : À Frontignan, le roman noir se met en scène toute l’année !

"Même si nous avions déjà des événements dans l'année, nous allons accentuer le nombre de rendez-vous et le Firn sera encore davantage intégré à la ville...", explique Michel Arrouy, le maire de Frontignan. Photo : Olivier SCHLAMA

La ville de Frontignan n’en finit pas d’inoculer le virus du polar et va même l’accentuer : vous aurez droit à au moins un événement du Firn chaque mois de l’un des rares festivals en France à être soutenu par le Centre national du livre pour sa qualité ! « C’est une volonté affirmée de soutenir ce festival et l’action culturelle en général », dit le maire.

On n’en connait pas le scénario exact mais ce ne sera pas du sang et des larmes… « En 2020, le Firn (Festival international du roman noir) a été l’un des rares festivals à ne pas avoir été annulé », rappelle le maire de Frontignan, Michel Arrouy. « On s’est adaptés. Nous le reconduisons pour cette 24e édition, y compris parce c’est un secteur fortement touché et que les gens ont besoin de culture. »

Balade en 2019, avec Lilian Bathelot. Photo : Ville de Frontignan.

Pas question de laisser tomber une institution qui a planté de nombreuses graines de la lecture pour tous – scolaires compris, friands de littératures de genre. Au contraire. « Ce maintien, c’est une véritable volonté politique ; c’est l’un des plus importants d’Europe et il permet de tisser des liens sur le territoire de Thau… » De quoi répondre à la thématique de cette année : Des villes et des champs… Les géographies du roman noir. On commence à connaître quelques auteurs de cette excellence littéraire organisée par la ville de Frontignan et l’association Soleil Noir qui pourront être présents.

Sur la piste de l’écrivain James Sallis

Le festival est sur la piste d’une pointure internationale, l’écrivain américain James Sallis, par exemple. Mais les talents locaux seront représentés, à l’instar du Sétois Pascal Thiriet qui participera à une balade littéraire ; tout comme Catherine Fradier, de Balaruc-les-Bains, dont la balade littéraire sera… sous-marine ! Il y en aura aussi dans un décor atypique : la mine de bauxite de Villeveyrac avec Eric Richer de Clermont-l’Hérault ou encore une lecture sous-marine ! (ci-dessous). « Les auteurs sont en demande forte de rencontrer leur public. Ils le feront notamment pendant nos balades littéraires. » (Lire ci-après).

Nous allons accentuer le nombre de rendez-vous et le Firn sera encore davantage intégré à la ville »

Michel Arrouy, maire de Frontignan

Comme ce qui ne tue pas nous rend plus fort, ce qui était appréhendé comme une opération de sauvetage l’an passé (1), va devenir le nouvelle façon de déployer le festival qui compte parmi les quatre festivals (Lyon, Paris, Toulouse) soutenus par le Centre national du livre pour la qualité des auteurs qui y sont représentés. Certes, le gros temps fort sur trois jours reste en place, du 10 au 12 septembre 2021 (1). Mais, « même si nous avions déjà des événements dans l’année, nous allons accentuer le nombre de rendez-vous et le Firn sera encore davantage intégré à la ville », ont souligné de concert Michel Arrouy et son adjointe chargée de la culture, Valérie Maillard.

« Nous avons tiré profit de l’expérience de l’année passée… »

Michel Arrouy, le maire de Frontignan. Même quand on est plongé dans l’obscurité, tout n’est pas sombre, surtout pour le festival du roman noir de Frontignan ! Photo : Olivier SCHLAMA

Cette dernière ajoute : « Nous avons su tirer profit de l’expérience de l’année passée. Nous avons ouvert des rendez-vous avec le public, des ateliers, des résidences et des événements dans les 14 communes du Bassin de Thau. » D’ailleurs, a précisé Yves Jaumain, chargé du suivi Firn pour la municipalité, sur les « 45 auteurs invités, 25 à 30 le seront pour ces trois jours mais 20 à 25 le seront, eux, pour participer à des rencontres, ateliers, événements tout au long de l’année. La première action commence le 30 janvier. »  

« L’aide de la commune au festival est de 80 000 € sur un budget de 200 000 €, cofinancé par d’autres partenaires »

La popularité du Firn n’est plus à démontrer. C’est aussi un vecteur social et de prescription de la lecture. La Frontignanaise Line Cross, qui gagna, jadis, la fameuse dictée de Bernard Pivot, journaliste-animateur de l’émission-phare littéraire des années 1970-1980 et préside l’Académie Goncourt, est à la manoeuvre pour la Dictée noire du festival. Et elle fait des émules, dont le maire actuel : « Elle a été ma prof de Français, confie-t-il. Pour continuer à démontrer le lien de ce festival avec la population et son rôle éminemment social, Michel Arrouy évoque « l’implication des collèges ; des associations et même les librairies… » Le maire se veut « totalement transparent  » : « L’aide de la commune au festival est de 80 000 € sur un budget de 200 000 €, cofinancé par d’autres partenaires. C’est un investissement très productif pour tous. C’est un lien social et c’est très important dans le contexte actuel… »

1 000 auteurs 10 000 festivaliers par an…

Edition 2019, lecture avec le Sétois Olivier Martinelli. Ph : Ville de Frontignan

Depuis 1998, le Firn a accueilli près de 1 000 auteurs, plus de 130 spécialistes (journalistes, chercheurs, universitaires, critiques), plus de 30 maisons d’éditions, des libraires indépendants généralistes ou spécialisés, lors de 23 éditions qui ont rassemblé de 5 000 à 10 000 festivaliers par an, et est parti à la rencontre de plus de 10 000 personnes spécifiques (enfants des crèches, élèves des 13 écoles maternelles et primaires, collégiens de 3 collèges, élèves du lycée technique, élèves d’école de la 2e chance ou de classes relais, jeunes en parcours d’insertion, jeunes et adultes suivis en milieux ouverts ou incarcérés, bénéficiaires des centres sociaux, résidents de 7 EHPAD, membres d’associations culturelles, sportives, loisirs ou 3e âge…) à travers des ateliers d’écriture et/ou d’art plastique, des résidences, des rencontres et des balades littéraires, avec un souci constant de valorisation.

Olivier SCHLAMA

  • Pour la première fois, le week-end du 10 au 12 septembre prochain le Firn se déplace dans l’enceinte du lycée technique agricole Maurice-Clavel, établissement phare du bassin de Thau, situé en coeur de cité et en bord de canal… entre ville et champs…
  • (1) Le programme est vaste ! Il sera peu à peu étoffé et consultable sous peu ici. 
  • A retenir : des lectures électriques au fil de l’eau – EcoThau En partenariat avec la sté EcoThau et son bateau électrique, une dizaine de lectures au fil du canal du Rhône à Sète, embarquant une douzaine de personnes, permettront une rencontre intime avec un auteur-lecteur. Une journée jeune public, au Lepap Maurice-Clavel, avec notamment  la célèbre Dictée noire. Un concours de nouvelles. Du polar en cinéma de plein air… Des ateliers et résidences, etc.
  • (2) L’édition 2020 du Festival international du roman noir qui devait se tenir à Frontignan début juin 2020 s’est tenue les 11, 12 et 13 septembre derniers. Une décision prise mi-avril sans connaître le cadre légal qui s’imposerait à la rentrée à l’organisation d’une manifestation accueillant 50 auteurs dont 30 % d’étrangers et près de 10 000 personnes dans une quinzaine de lieux sur six communes différentes. Le Firn avait dû proposer aux auteurs et aux lecteurs, « une nouvelle formule résistante et résiliente, in vivo avec des balades littéraires à la découverte du territoire de Thau et in visio avec des entretiens inédits et des lectures exclusives ». Le Firn a le soutien du ministère de la culture/DRAC Occitanie, du Centre national du livre/CNL, de la Région Occitanie, d’Occitanie livre & lecture, du Département de l’Hérault, Sète Agglopôle et la Mission locale d’insertion des jeunes du bassin de Thau/MLIJ.

Balades littéraires à pied, vélo… et sous l’eau…!

Expérimentées en septembre 2020 avec huit auteurs dans le temps du festival, les balades littéraires se déploient toute l’année et deviennent un rendez-vous régulier car mensuel de la saison culturelle. Véritables moments de lien social, ces formats qui conjuguent un auteur-lecteur, un lieu naturel ou urbain et un producteur-commerce local permettent de décloisonner la littérature et de la remettre au centre de la vie quotidienne tout en désacralisant la figure de l’auteur.

En 2021, elles seront toujours à pied ou à vélo, mais aussi en bateau, en moto ou sous l’eau, traverseront de nouveaux paysages. Deux d’entre elles seront dédiées à la littérature jeunesse et seront conçues avec les collégiens des collèges de la ville. D’autres se feront à double voix, dans la complicité d’un échange entre auteurs. Chaque balade se concluera par une rencontre en librairie, en médiathèque ou sur place. Certains auteurs lieront des passages choisis de romans non encore édités.

Samedi 30 janvier : Hervé Lecorre et Yan Lespoux /
vignoble du Château de Stony (La Peyrade)
Samedi 27 février : Pascal Thiriet / port de plaisance de Frontignan
Vendredi 12 mars : Chrysostome Gourio /
école Anatole-France et collège Simone-De-Beauvoir
Samedi 13 mars : Chrysostome Gourio / Abbaye de Gigean
Samedi 24 avril : Michèle Pedinielli / Pioch Michel / Gardiole
Samedi 29 mai : Eric Richer / Mine de bauxite des Usclades / Villeveyrac
Samedi 26 juin :Catherine Fradier / étang de thau/Balaruc les Bains
Samedi 3 juillet : Catherine Fradier / étang de Thau / Balaruc les Bains
Samedi 7 août :Philippe Battaglia et Stéphanie Glassey / Frontignan plage
Samedi 28 août : Hélène Couturier / MIAM Sète.

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