Environnement : Un escape game pour mieux protéger la biodiversité marine

Primé lors d’un récent Ocean Hackathon, le CPIE du Bassin de Thau sortira à l’automne 2021 un jeu d’évasion dans l’univers du green punk. Le décor s’étendra sur 30 m2 et pourra être loué dans des musées ou des salles communales. Il y aura aussi une version plateau pour les scolaires et une version en ligne est envisagée. Il est soutenu par la Fondation banque populaire et le département de l’Hérault.

Apprendre en s’amusant : la formule est éprouvée. C’est l’objectif d’un escape game, un jeu d’évasion, co-conçu au sein du CPIE (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement) du Bassin de Thau, basé à Frontignan (1). « Nous sommes en cours de création d’un escape game ; c’est un moyen ludique de faire passer des infos importantes », dit Gaëlle Jullian, chargée de la communication et de l’événementiel dans l’association spécialisée dans l’éducation à l’environnent.

Pourquoi ? Parce que lorsque l’on joue à un escape game, on ne peut pas être diverti par autre chose : happés par le scénario, plongés dans un univers et tout un décorum, on est tout entier tourné dans la résolution collective d’une série d’énigmes dans un temps donné pour sortir d’une pièce par exemple. La recette fait florès chez les jeunes. Et le CPIE Bassin de Thau l’a bien compris.

C’est un bon moyen éducatif ludique de faire passer de l’information : les gens sont en capacité, en ne faisant qu’essayer de résoudre des énigmes, d’entendre des messages »

Gaëlle Jullian, du CPIE
L’équipe de l’hackathon DR.

Gaëlle Jullian précise que l’élaboration de ce jeu très pédagogique visant à mieux connaître et donc à mieux protéger la biodiversité marine a pris du temps. « Dans l’équipe du CPIE, on est assez fans d’escape game. On aime se laisser prendre aux scénarios. Il y a deux ans environ, on s’est dit que c’était un bon moyen éducatif ludique de faire passer de l’information : les gens sont en capacité, en ne faisant qu’essayer de résoudre des énigmes, d’entendre des messages. » L’association avait participé à la version française de l’Ocean Hackathon, une sorte de concours de remue-méninges deux jours durant qui sert justement à creuser une idée avec l’aide de participants parfois venus d’horizons différents.

Les étudiants de l’Esma de la partie

Ce fut le cas avec des « jeunes étudiants de l’Esma de Montpellier (École supérieure des métiers artistiques) sont venus nous prêter main forte ; un prof d’EMT aussi. » De cette intelligence collective a émergé un pré-projet qui a séduit le jury de l’Océan Hackathon : « Nous sommes arrivés second dans la région », précise Gaëlle Jullian. Le nom de cet escape game en gestation ?   »L’appel de l’explorateur Cephalos, un nom a priori provisoire. » 

Pour cette idée originale, Le CPIE Bassin de Thau a reçu 3000 € de la Fondation Banque populaire du Sud pour son projet de jeu d’évasion (escape game) itinérant. Ce projet est également lauréat du budget participatif du département de l’Hérault. Des votes citoyens auxquels il a été soumis lui ont permis de récolter 50 000 €.

Source d’inspiration artistique et littéraire très contemporaine

Imaginé avec des étudiants, des enseignants et un consultant financier pour le business plan, le décor de ce jeu couvrira une surface de 30 mètres carrés, pour concevoir deux salles de jeu. Dès octobre 2021, il permettra de sensibiliser aux actions à mettre en oeuvre pour préserver la biodiversité marine et littorale.

Son décor et son scénario surprenants montreront que la thématique environnementale est une source d’inspiration artistique et littéraire très contemporaine. En parallèle de la salle itinérante, le CPIE souhaite réaliser un jeu de plateau utilisable en milieu scolaire par ses éducateurs à l’environnement et envisage une version jeu en ligne gratuite. 

La version itinérante partout en France

« La version itinérante, précise Gaëlle Jullian, se promènera dans la bassin de Thau, bien sûr, mais aussi, on aimerait bien, en France en location dans des musées, des salles communales et pourquoi pas dans des salles spécialisées dans les escape game. Il se jouera en équipe de cinq joueurs qui devront résoudre des énigmes avec en toile de fond des énigmes sur l’environnement à résoudre en 60 minutes. Notre concept, par rapport à d’autres jeux d’évasion existants, n’est pas naturaliste ni scientifique. Nous sommes un peu décalés : notre style  s’inspire du steam punk, un monde quelque peu utopique, avec des machines à vapeur… C’est très graphique, cela peut faire de très beaux décors. »

On appelle ça du green punk ou du solar punk, des concepts dérivés du recyclage des déchets ou de la place grandissante des énergies vertes. On est dans un décor post-acocalyptique… Avec des ressources limitées…  « Notre jeu sera stocké dans un box et pourra donc voyager dans un fourgon… » Et être vu partout pour apprendre à protéger la nature en s’amusant.

Olivier SCHLAMA

  • Le CPIE du bassin de Thau est une association d’éducation à l’environnement basée à Frontignan. Avec ses huit salariés, elle intervient dans les écoles, collèges et lycées mais aussi auprès du grand public auprès duquel elle propose des programmes écotouristiques. Le CPIE organise deux festivals et a créé Paniers de Thau qui met en relation 3 000 familles et 50 producteurs dans un circuit courts de distribution. Mieux connaître pour mieux protéger, c’est son slogan. « Dix-huit structures sont membres de notre association. Notre budget provient de la Région Occitanie, du département de l’Hérault, de l’Agence de l’Eau, de l’Agglopôle de Sète et de fondations privées », explique Gaëlle Jullian.

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