Changement climatique : Leurs solutions pour la planète

La planète est en surchauffe et le monde entier en prend conscience. Ce n’est pas parce que les accords internationaux sont remis en cause par les plus grands pays pollueurs, à l’instar des Etats-unis, qu’il ne faut rien faire. Au contraire, en Occitanie, le conseil régional a lancé plusieurs budgets participatifs, dont un sur le climat doté de deux millions d’euros pour des projets locaux. Reportage.

D’après une étude menée dans 30 pays par EDF et Ipsos, 92 % des participants se déclarent convaincus du changement climatique, et 62 % s’en estiment certains. Cette réalité résonne aussi en Occitanie. Sécheresses et fortes inondations rythment nos saisons. En réponse, la Région a lancé un budget participatif de deux millions d’euros, baptisé Ma solution pour le climat. Le but : inviter les citoyens à partager leurs idées et encourager les projets lauréats. Déposées jusqu’au 15 novembre 2019, les candidatures seront soumises au vote des internautes en février 2020. Zoom sur cinq initiatives originales.

On est adeptes du zéro déchet, on limite le plastique, on fait attention à notre empreinte carbone et au nombre de copies qu’on imprime… »

Stefan Panafieu, directeur de Temps Libre.
François Chassang, bénévole de l’association Temps Libre (Saint-Geniès-de-Malgoirès, Gard), est à l’origine des soirées guinguettes au jardin partagé. Ph. M.D.

« Depuis 30 ans, notre devise est « Ne jette pas, ça peut toujours servir » », explique Stefan Panafieu, directeur del’association Temps Libre, basée à Saint-Geniès-de-Malgoirès (Gard). Son but premier est de créer du lien social. L’attrait pour le développement durable se retrouve aussi dans ses actions. « On est adeptes du zéro déchet, on limite le plastique, on fait attention à notre empreinte carbone et au nombre de copies qu’on imprime… » Et dans cette même lignée, l’année dernière, le bénévole François Chassang a fait part de son idée à Stefan Panafieu : créer des soirées guinguettes au cœur d’un jardin partagé. De quoi se cultiver auprès de cultures variées : légumes, fruits et fleurs.

Ce jardin se compose de deux parties : l’une est occupée par les jardiniers et l’autre est consacrée aux enfants. Là aussi, François Chassang veille à ce que tout soit respectueux de l’environnement : « On fait du compostage, du zéro phyto, on se met à la permaculture, et le seul engrais utilisé, c’est du fumier de cheval », détaille-t-il. Ce lieu de rencontre est l’occasion d’échanges. « Notre public se compose de gens de terrain et de néoruraux. Tous mettent en commun leurs savoirs. L’un de nos bénévoles est d’ailleurs incollable sur les salades sauvages ! », s’amuse Stefan Panafieu. « Le jardin rassemble deux aspects de Temps Libre : renforcer les liens entre les habitants, et les sensibiliser à l’écologie. »

Soirées guinguettes une fois par mois

Les soirées guinguettes, quant à elles, ont également ce pouvoir. Elles ont lieu une fois par mois, de mai à septembre, et remportent un vrai succès. Attablés entre les parcelles du jardin, les participants peuvent se rapprocher de la nature et poser des questions sur les essences qui les entourent tout en partageant un repas. L’association met cette initiative en avant en soumettant le projet La culture se cultive sur le site de la Région. « Nous faisons venir des groupes locaux lors de ces soirées musicales, et cela demande des subventions. »  Si cette idée termine parmi les projets lauréats, François Chassang espère inviter des groupes de musique du monde grâce aux fonds récoltés.

Des jeunes sont de plus en plus investis

À plusieurs kilomètres de là, le retour à la terre est aussi une priorité avec Le cercle des aromatiques disparues, un projet porté par Hervé Houy et Sébastien Minarro, formateurs et responsables d’une classe de première à la Maison familiale rurale La Pinède, à Marguerittes (Gard). « On aborde le développement et l’agriculture durables en classe d’histoire-géographie, et on mène aussi des actions citoyennes qui vont dans ce sens, en nettoyant par exemple des sites de la commune », indique Sébastien Minarro. Ce nouveau projet est donc une suite logique à la dynamique écologique instaurée par l’établissement.

Hervé Houy (à gauche) et Sébastien Minarro (à droite) entendent faire redécouvrir des saveurs oubliées aux enfants, adolescents et adultes. Photo : M.D.

Implanté au coeur de la MFR, ce verger participatif aurait pour ambition de faire découvrir des fruits et aromates rares ou disparus à l’échelle locale. « Si on plante des pommiers, ça sera l’occasion de goûter la pomme de grand-mère », indique Hervé Houy. Le cuisinier et les jeunes de la MFR, mais aussi les écoliers et adultes des alentours pourraient profiter de ce potager. Au programme, récupérateurs d’eau, hôtels à insectes, zéro pesticide et serre de jardin pour accompagner la démarche. Une idée inspirée par l’engagement des jeunes. « Il y a une demande de la part des jeunes, ce n’était pas le cas il y a 15 ans. Les questions environnementales ont leur place dans les programmes scolaires (géographie, maths, biologie, physique, chimie) et ils en entendent beaucoup parler autour d’eux », insiste Sébastien Minarro.

Si ce projet est retenu par les internautes, la préparation du terrain et du sol débutera en mars 2020. Les achats du matériel, des arbres, des plantes et des graines s’effectueront en avril 2020. La plantation des aromatiques et des arbres aura ensuite lieu jusqu’en décembre 2020. Renouvelable tous les ans, le projet sera accompagné par des actions de valorisation et de sensibilisation : cueillettes, dégustations et animations diverses.

Mélanie DOMERGUE 

Changer des gestes du quotidien

 La recherche d’authenticité et le retour au potager ne sont pas les seules solutions. En Occitanie, on réfléchit à différents moyens d’améliorer notre mode de vie tout en prenant soin de l’environnement. En Haute-Garonne, dans les Pyrénées-Orientales et l’Hérault, tout commence par changer des gestes du quotidien.

À Toulouse, Fabien Lahaye fait la chasse aux DUMP. Comprenez « déchets urbains migrants et polluants ». Il souhaite inviter les habitants de quartiers, villes et villages de la région à ramasser, lors de leurs trajets quotidiens, les déchets de plastique dur, abandonnés et encombrant rues et trottoirs. « Le plastique dur est le seul plastique valorisable pour le moment », indique-t-il, avant de déplorer : « Seulement un quart du plastique collecté est recyclé. L’objectif de cette action est de le recueillir pour éviter tout retour à l’océan, qui est déjà surchargé de déchets. »

L’association T EAU T O PHIL encourage tous les citoyens à ramasser le plastique dur abandonné dans les rues.

Ce projet, représenté par son association T EAU T O PHIL a une visée écologique, mais aussi sociale. Une œuvre éphémère de 149 kilos serait ainsi présentée d’ici juin 2020, dans un quartier toulousain, à partir des déchets récupérés par chaque citoyen, petit ou grand.

Les enfants, acteurs du monde de demain, sont d’ailleurs au cœur de cette démarche. « Je ne veux pas leur mentir en leur disant qu’il y a une solution miracle pour préserver l’océan, mais ils ont leur rôle à jouer : je vais me rendre dans des écoles pour travailler avec eux sur le tri, identifier les différents plastiques et les sensibiliser au potentiel du recyclage local. » Si Fabien Lahaye a décidé de s’engager dans la protection des océans, c’est par conviction écologique, mais aussi par un constat simple : « Aucun objet n’est encore à 100 % construit à partir de plastique abandonné. »

Inciter les enfants à réduire leurs déchets

La sensibilisation des plus jeunes est une force pour lutter contre le changement climatique. Du côté des Pyrénées-Orientales, on l’a aussi compris. Implantée dans le Haut-Vallespir, l’association Val’respire souhaite mettre en place un kit goûter à destination des élèves de maternelle et d’élémentaire du pays Pyrénées-Méditerranée : une gourde en inox de 450 ml, une boîte métallique et une note explicative. Le but : permettre aux enfants de réduire leurs déchets, et par extension, inviter leurs familles à le faire. Qui plus est, « cela règlera sans doute le problème des bouteilles d’eau explosées dans le sac… », selon Marguerite Guillaume-Zekri, cofondatrice de l’association. De quoi mêler l’utile à l’agréable.

« Nous sommes des écolos convaincus. Ça fait par exemple cinq ans qu’on s’est mis au zéro déchet », ajoute-t-elle. « Une autre façon de vivre, plus respectueux de l’environnement, est tout à fait possible : nous, on n’a pas de frigo, pas de congélateur, on se chauffe à la Flamme Verte, on teste souvent des solutions, et on s’en sort très bien. Notre but, c’est de « répandre la bonne parole » et de montrer à tous qu’on peut très bien y arriver avec le système D. »

Accorder une plus grande place aux transports doux

 Les transports ne sont pas en reste : l’association Montarnaud Ensemble entend remettre le vélo au goût du jour pour relier de manière plus propre différents villages. Le projet, baptisé Joindre les deux bouts, a pour objectif de créer un réseau de voies douces sécurisées, grâce à un site web participatif recensant les trajets déjà existants, et ceux qui pourraient être aménagés dans la région.

Montarnaud Ensemble souhaite rendre plus accessible le déplacement doux dans la région. Ph : DR.

Pistes cyclables et voies douces pourraient ainsi être raccordées pour faciliter les déplacements des habitants en zone périurbaine. Une fois sur place, l’utilisateur n’aura qu’à fournir sa position avec son téléphone, et ses données de géolocalisation seront envoyées sur le site. Les coordonnées des trajets recensés seront proposées à la Région pour finaliser le raccordement.

Par ailleurs, les créateurs du projet pourraient ensuite y joindre une dimension plus touristique, en donnant quelques éléments sur l’histoire de la région dès qu’un cycliste arrive à un point de recharge. Cela ajouterait en effet un intérêt supplémentaire pour se déplacer à vélo de village en village. Si cette idée séduit le public, les fonds fournis par la Région permettront d’acheter un serveur, l’hébergement, et de financer le codage de la cartographie régionale.

M.D.

Records de douceur mi-décembre…

« L’arrivée d’une masse d’air d’origine méditerranéenne sur notre région a permis aux températures de grimper un peu depuis le 13 décembre et de nous faire bénéficier d’une douceur remarquable », indiquait Météo France. Ainsi les températures en plaine sur nos départements du Languedoc-Roussillon ont atteint  15 à 17 degrés chaque jour, voire parfois 18 ou 19 degrés localement, ce qui est 5 ou 6 degrés de plus que la normale d’une mi-décembre.
Les valeurs maximales relevées ont ainsi été de 18,7°C  le 14 décembre à Montpellier-aéroport, 17,8°C à Nîmes ce même jour, et on a même enregistré une valeur de 20°C à Perpignan le 12 décembre. On n’atteint pas toutefois les valeurs records pour cette même période de l’ordre de 21 ou 22 degrés (relevés en 1985 ou 1987 notamment).

Mais ce qui est quasiment exceptionnel parfois, ce sont aussi et surtout les températures minimales quotidiennes relevées mi-décembre, à la faveur d’un vent persistant la nuit et d’une couverture nuageuse empêchant les températures de descendre la nuit et au lever du jour : ainsi ces valeurs minimales sont restées à des niveaux élevés de l’ordre de 10 à 14 degrés, soit 8 ou 9 degrés au-dessus des moyennes de saison.

D’ailleurs la valeur de 14,4 degrés relevée hier mardi à  l’aéroport de Montpellier est la plus élevée (depuis le début des relevés en 1946) pour une température minimale journalière sur cette station de mesures durant la période  allant du 8 au 31 décembre. A Perpignan la température minimale hier fut même de 14,6 degrés.

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