TER, cars : Nouveaux tarifs, nouvelles lignes, pour « la mobilité de demain »

"Le but c'est de proposer une mobilité s'approchant le plus du porte-à-porte en articulant au mieux les différents modes de transports, TER, cars, métro ; et dans les secteurs ruraux entre la voiture et le transport collectif. C'est de la sorte créer des habitudes, notamment chez les jeunes", a expliqué Carole Delga, présidente de la région Occitanie. Photos : Olivier SCHLAMA

La région Occitanie vient de créer un ambitieux service régional des transports, baptisé Lio, avec plus de places dans les TER et de nouvelles tarifications plus avantageuses sur tout le transport public d’ici le 4 juillet. Le but ? Répondre aux besoins au plus près des bassins de vie et créer ainsi de nouvelles habitudes de mobilité.

« La croissance économique est intimement liée à son maillage de transports et de TER. Si on n’y prend pas garde, s’installent des déséquilibres préjudiciables », a formulé en substance Carole Delga. La présidente de la région Occitanie s’est attaquée à un lourd défi. Prendre pleinement les commandes de l’ensemble du réseau de transport (trains du quotidien, autocars) des treize départements d’Occitanie pour davantage de mobilité choisie. Ce n’est pas roupie de sansonnet. On a, dès l’élection de Carole Delga, bien entendu la petite musique qu’elle a résumée, ce jeudi à l’hôtel de région, à Montpellier : « L’Occitanie est grande comme un pays. C’est la plus grande croissance démographique de l’Hexagone et elle a les routes les plus saturées (…) Il faut développer harmonieusement le transport collectif et ses tarifs et limiter le tout-voiture », en ayant des tarifs à vocation sociale. « Le but c’est de proposer une mobilité s’approchant le plus du porte-à-porte en articulant au mieux les différents modes de transports, TER, cars, métro ; et dans les secteurs ruraux entre la voiture et le transport collectif. C’est de la sorte créer des habitudes, notamment chez les jeunes. »

La petite musique a un nom qui parle aux jeunes des années 80 : Lio, la chanteuse des Les Brunes ne comptent pas pour des prunes ou de Banana Split signifie aussi en moins glamour Lien Occitanie Transport que scolaires, abonnés, salariés, familles pourront désormais emprunter. Tous, TER et autocars interurbains, arborent peu à peu le même costume, tout de rouge vêtus.

La partition s’écrit de nouvelles notes. Nouveaux tarifs, nouvelles lignes… Nouvelle mobilité. Tout le réseau a été « adapté aux bassins de vie des habitants. Nous voulons rendre le meilleur service aux habitants en coordonnant cars et TER pour qu’ils ne soient pas non plus concurrents« , précise Carole Delga, comme elle l’avait promis au sortir des états généraux du rail, en 2016. Ainsi, s’agissant des TER, Carole Delga a annoncé « plus de trains et plus de places » (+ 37 000 par jour, notamment grâce à de nouvelles rames) sur les 500 trains déjà en circulation comme le stipule la nouvelle convention avec la SNCF : près de 2,5 milliards d’euros sont prévus pour l’exploitation de ces trains du quotidien, soit en moyenne plus de 300 millions d’euros par an (+12 % par rapport à la période précédente) et c’est une convention moins coûteuse : 18 euros par train/kilomètre au lieu de 19 euros.

Douze TER supplémentaires directs entre Toulouse er Perpignan pour répondre à un flux aussi important que celui entre Montpellier et Toulouse…

Carole Delga

Concrètement, le réseau va s’enrichir, d’ici la fin de l’année, de « 12 TER directs entre Toulouse et Perpignan pour répondre à un flux aussi important que celui entre Montpellier et Toulouse », précise Carole Delga. La fréquence des TER (douze supplémentaires) va augmenter, d’ici 2019, également sur l’axe ferroviaire, Lunel-Sète, le plus saturé de France. « C’est pour ça qu’il faut que la LGV (en panne, NDLR) aboutisse : pour libérer des sillons pour ces fameux trains du quotidien. Je viens d’ailleurs d’écrire au Premier ministre (1) » De la même manière, il y aura 28 TER supplémentaires entre Toulouse-Montauban-Brive. Et 20 TER de plus aussi entre Toulouse, Tarbes et Pau, quand la ligne sera rénovée, d’ici fin 2019. De quoi doper la mobilité.

Il y a aussi de nouvelle lignes d’autocars : entre Montpellier (Hérault) et Millau ; entre Millau et Saint-Affrique (Aveyron) (1er juillet)  ; Montauban et Castelsarrasin dès septembre (avec 29 allers-retours par jour !) ; Montauban-Moissac-Lamagistère, dès septembre.

Carte Option week-end à 20 euros par mois pour du TER en illimité en Occitanie pendant 31 jours, de quoi découvrir la région ! Mais aussi : une carte pour les moins de 26 ans de 15 euros ; une carte « tout public » à 20 euros pour des réductions…

L’abonnement généralisé et l’harmonisation des tarifs ont conduit à une hausse de 7 % pour les salariés au 1er juillet prochain. « Mais, attention, fait remarquer Carole Delga, la hausse au final pour le salarié ne sera que de 3,5 % puisque la moitié du coût est automatiquement prise en charge par l’employeur. Cela faisait cinq ans qu’il n’y avait pas eu de hausse et ce sera la seule du mandat ». Carole Delga promet par cette organisation « des économies d’échelle grâce auxquelles les autres tarifs, notamment du transport scolaire, vont baisser. Ces économies sont réinjectées en baissant les tarifs… »

Nouveaux tarifs : Le réseau Lio proposera dès le 4 juillet une carte Option week-end à 20 euros par mois pour du TER en illimité en Occitanie pendant 31 jours, de quoi découvrir la région ! Mais aussi : une carte pour les moins de 26 ans de 15 euros ; une carte « tout public » à 20 euros pour des réductions. Parmi tous les tarifs, le fameux train à 1 euro est généralisé, à concurrence de 1,5 million de billets par an vendus sur réservations ; « c’est le plan B à tous ceux qui n’auraient pas la possibilité de bénéficier des autres tarifs avantageux », a précisé Carole Delga. La présidente a également annoncé la possibilité en liaison avec certaines cartes (Tatoo, Pastel…) de 40 trajets gratuits par an pour les chômeurs, parce que « tout le monde a besoin d’aller se faire soigner, de former, etc. » Quant aux scolaires, « on se dirige vers la gratuité d’ici la fin du mandat. Dès la prochaine rentrée scolaire, le tarif payé sera plafonné à 90 euros par an et par étudiant dans les départements de l’Hérault, l’Aude, l’Aveyron et le Tarn-et-Garonne. »

Carole Delga a aussi profité de l’occasion pour confier que « la région discute avec la SNCF pour expérimenter le train à hydrogène mis au point en Allemagne. Ce serait un juste retour des choses et un vrai symbole pour l’Occitanie : toute la recherche d’Alstom se situe à Tarbes (Hautes-Pyrénées). De la même manière, elle a évoqué des bus à hydrogène de la société Safra, basée à Albi. Et de façon générale des expérimentations d’autocars à énergies alternatives dans six départements de la région, notamment à Castelnau-le-Lez.

Un effort sera fait en direction des PEM, pôles d’échange multimodaux. Car « nous voulons mieux articuler les différents modes de transport. Une enveloppe de 25 millions d’euros a été réservée à cet effet. Une soixantaine de projets ont été recensés.

Olivier SCHLAMA

A Lire notre dossier sur la SNCF dans la région : ICI

  • Dans la région, on compte plus de 20 millions de voyageurs sur le réseau autocar-TER par an, 66 000 voyageurs par TER quotidiens et 150 000 élèves transportés chaque jour. Soit plus de 60 % de voyageurs depuis 2002 et une hausse de 5,6 % en 2017 (4,6 % en moyenne en France). La région Occitanie investit 4 milliards d’euros d’ici 2021 pour mettre en oeuvre sa politique de transports dotée de 20 lignes de TER, parcourues de 274 gares dont 130 régionales. Dont les deux-tiers pour les lignes de trains du quotidien et un tiers pour la LGV, pour laquelle nous venons de financer une étude. »
  • (1) Carole Delga a écrit le 23 mai à Edouard Philippe, le Premier ministre qui doit, « dans les prochains jours, procéder aux derniers arbitrages relatifs à la programmation des grandes infrastructures de transport à inscrire dans le projet de loi d’orientation des mobilités ». La présidente de la région Occitanie lui rappelle le fort enjeu autour de la réalisation des lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan. » Évoquant « un plan de financement de la LGV Bordeaux-Toulouse (…) et des montages financiers innovants proposés par les régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine », Elle s’appui également sur la saisine de la commissaire européenne aux transports : en clair, ces deux lignes LGV partie prenante du corridor Méditerranée reliant l’Europe du nord et celle du Sud pourraient se porter candidates à un fonds de plus de 30 milliards d’euros.