Nature : Fêtes du miel et avenir des abeilles… To Bee or not to Bee

Dans la ruche, les abeilles utilisent les alvéoles pour le stockage du miel et du pollen. Photo D.-R.

Longtemps première région productrice de miel en France, l’Occitanie connaît depuis 2016 une baisse de son rendement. Et s’est vu ravir la première place par Auvergne-Rhône-Alpes en 2018. Mais avec 4498 tonnes de miel produites la région représente tout de même 16 % de la production nationale (*). En 2019, des conditions exceptionnelles font craindre une pénurie de miel d’ici la fin de l’année. A l’approche de plusieurs fêtes du miel en Occitanie, Dis-Leur ! fait le point…

Les abeilles d’Occitanie ont aussi eu à souffrir des conditions météo… Photo Jean-Louis CODINA

Commençons par la mauvaise nouvelle, telle que décrite par Gilles Lanio, président de l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française) dans « Abeilles et Fleur » : « Les sautes d’humeur climatiques (…) Le printemps froid, sec dans certaines zones et pluvieux dans d’autres, et son cortège de gel, de vent du Nord… ont, dans la plupart des régions, bloqué le développement, parfois même ont fait régresser les colonies. La canicule qui a suivi n’a fait que dégrader encore un peu plus une situation déjà compromise. Pour un grand nombre d’apiculteurs, l’année 2019 est et restera une année noire, terrible, avec une production de miel en chute libre dans beaucoup de régions et un cheptel affaibli. »

Un rapport « alarmant » de Greenpeace

L’Occitanie n’a pas été épargnée par ce fléau météorologique et les apiculteurs envisagent une récolte divisée par deux ou trois. Les années précédentes n’ayant pas été particulièrement florissantes, la situation est de plus en plus inquiétante. Lors de la journée mondiale des abeilles (le 20 mai dernier 2) un rapport alarmant de Greepeace avait d’ailleurs été dévoilé : « Analayse des facteurs qui mettent en péril les pollinisateurs et l’agriculture en Europe » (Texte complet).

Ce risque de pénurie est d’autant plus inquiétant que les français consomment 40 000 tonnes de miel chaque année et que la production française sera loin d’être suffisante. Avec la crainte de voir les prix augmenter et un afflux de miels d’importation. Même si certaines régions ont été épargnées (Auvergne, Bretagne, ile de France) et pourraient aider à limiter les dégats à l’échellon national…

Première récolte au Grand marché MIN de Toulouse

L’nstallation des ruches au Grand marché MIN de Toulouse. Photo Ph.-M.

Ce constat ne doit cependant pas faire oublier que le miel est un véritable trésor pour l’humanté et que l’Occitanie reste l’une de ses terres d’élection. Lors de l’installation de ruches sur les toits du MIN (Grand Marché d’intérêt national Toulouse-Occitanie) Olivier Fernandez (apiculteur à Colomiers, président du Syndicat des apiculteurs de Midi-Pyrénées) avait souligné que le taux de mortalité était passé de 3 % à 35 % et même 40% en Occitanie. des pertes d’autant plus dramatiques que les abeilles « prennent une place essentielle dans la pollinisation et la préservation de la diversité ». A titre de simple exemple, « 80 % de la production des fraises et de l’oignon dépendent de leur pollinisation… »

Cette opération symbolique menée au MIN de Toulouse va connaître cette semaine un grand rendez-vous avec la présentation de la première récolte, à l’occasion de la conférence de rentrée qui sera tenue par Dominique Batani, président du MIN Toulouse et sa directrice Maguelone Pontier.

Fête du miel et des abeilles à Toulouse

L’abeille sera reine, les 5 et 6 octobre à Toulouse comme dans l’Hérault ! Photo Jean-Louis CODINA

C’est aussi pour mettre en lumière la magie du miel que le Syndicat d’apiculture Méridionale organise dimanche 6 octobre prochain une Fête du miel et des abeilles, à Toulouse (40, Chemin de Pechbusque). Traditionnellement fixée au premier dimanche du mois d’octobre, cette fête est une porte ouverte sur tous les produits issus de la ruche, miel, pain d’épices, hydromel, nougats… tous proposés par les apiculteurs du SAM.

C’est aussi l’occasion de visiter gratuitement le musée de l’abeille de Toulouse et ce monde fascinant à travers des rches traditionnelles, mais aussi des ruches transparentes qui permettent d’observer la vie d’une colonie d’abeilles en toute sécurité. En attendant la Foire ô Miel sur la place du Capitole, le 9 novembre (de 9h à 18h)…

Premier salon de l’apithérapie à Fraisse-sur-Agout

Ce même week-end, c’est plus à l’est de l’Occitanie que la petite commune de Fraisse-sur-Agout dans l’Hérault, organise son premier « Salon de l’apithérapie en Haut-Languedoc » dans le cadre de la Fête de l’abeille et des saveurs d’automne les 5 et 6 octobre. Ce sera l’occasion de découvrir divers aspects de la production apicole régionale et en particulier les multiples utilisations des produits de la ruche pour le bien-être et la beauté. Et (re)découvrir des bienfaits qui étaient déjà connus depuis l’Egypte des Pharaons et chez les Mayas !

Hippocrate, le « père » de la médecine (460 av. J.-C.- 377 av. J.-C.), conseille notamment le miel pour des applications cutanées, ainsi que le fameux médecin persan Avicenne (980 -1037). Très longtemps oubliée du grand public, l’apithérapie réapparaît aujourd’hui, dans le sillage de l’engouement pour les produits naturels et le bio. Encore une bonne raison d’apprendre à mieux connaître les abeilles, les produits issus de la ruche et… à choisir les bonnes étiquettes pour savourer les miels d’origine garantie.

Philippe MOURET

(*) Source ADA France (Fédération nationale du réseau de développement apicole), synthèse publiée en juin 2019, présentant les résultats de l’étude menée par le cabinet Agrex Consulting pour FranceAgriMer.
(2) Les Nations Unies ont désigné le 20 mai Journée mondiale des abeilles (ou Beeday pour les anglophones). Le 20 mai coïncide avec l’anniversaire d’Anton Janša, l’apiculteur slovène reconnu aujourd’hui comme etant le père de l’apiculture moderne. Il a en son temps rendu hommage à l’abeille pour sa capacité à travailler dur tout en n’ayant besoin que de peu d’attention… mais les temps ont bien changé et l’abeille vit aujourd’hui des jours difficiles  .

Occitanie, l’IGP miel des Cévennes

Selon l’Institut régional de la qualité agro-alimentaire d’Occitanie (Irqualim) : « Longtemps, le miel a été la seule source de sucre sur les tables cévenoles. Presque chaque famille possédait un rucher qui était alors composé de ruches creusées dans un tronc de châtaignier et recouvertes d’une lourde pierre plate appelée lauze. On les appelait « brusc » en patois cévenol et « bourniou » en occitan. S’il existe toujours des ruches-troncs, celles-ci ont été peu à peu remplacées par des ruches à cadres, permettant à l’apiculture de devenir une production agricole à part entière

Le Miel des Cévennes IGP est issu de la flore typique de la zone (…) On y retrouve des châtaigniers, bruyères arborescentes (ou blanches) et cendrées (ou erica ou bruyère rose), callunes, ronces, framboisiers. Les châtaigniers qui produisent des fleurs très mellifères, au pollen abondant, sont endémiques. Leur implantation a été favorisée par les hommes. En effet, cet arbre emblématique des Cévennes était indispensable dans la vie des Cévenols jusqu’au milieu du XXe siècle. Pour cette raison, le miel de châtaignier est le seul miel autorisé sur culture.

C’est le 8 avril 2015, que le miel des Cévennes a été reconnu en tant qu’IGP (…) Son territoire a été délimité : il couvre 202 communes réparties sur 4 départements : Ardèche, Aveyron, Gard, Lozère. Ce territoire diffère de celui du Parc National des Cévennes car ce dernier englobe également les Causses où le miel produit diffère totalement de celui des Cévennes. Lire le dossier complet…

Apicop, la coopérative du Sud-Ouest

« Nous avons créé alors un outil simple et formidable qui répond aussi bien aux besoins des petits, des moyens que des gros apiculteurs », souligne le président fondateur de la Coopérative apicole du Sud-Ouest, Guillaume Laffont, lorsqu’il évoque la création d’Apicop, en 1981. Née dans l’Aude, Apicop a essaimé à travers toute l’Occitanie, du Lot-et-Garonne jusqu’aux Pyrénées-Orientales. Découvrir le site…

Beeguard, une start-up toulousaine pour des ruches connectées :

Installée à Labèges, en banlieue de Toulouse, la société Beeguard a été récompensée cette année (2019) par le Trophée de l’eco-entreprise innovante en proposant une solution de ruche connectée modulaire pour surveiller les ruches à distance. Sans modifier les ruches celles ci sont sécurisées et peuvent être surveillées à distance.

Parfait contre le vol mais aussi un outil d’aide à la décision pour les apiculteurs, un système de bio-surveillance et la possibilité d’installer une station météo connectée… Une belle façon de faire entrer la technologie dans une pratique ancestrale. Accéder au site officiel pour plus d’infos…

Propolia … Le meilleur de l’abeille !

Basée à Clermont-L’Hérault, Propolia® (marque de Apimab Laboratoires) développe depuis 40 ans sa connaissance des produits de la ruche, s’affirmant comme le spécialiste Français de la transformation de la Propolis.

Dans un soucis éthique, la société héraultaise privilégie au maximum les produits de l’agriculture biologique et a fait certifier sa démarche par plusieurs labels reconnus tels que le référentiel Ecocert des cosmétiques, écologique et biologique, ainsi que le label européen AB (garantissant que ses produits sont composés au minimum de 95% d’ingrédients agricoles issus du mode de production biologique) et la charte Cosmebio… Sans oublier le label Sud de France qui concerne une vingtaine de produits Propolia®.

Propolia®, née de l’amour des abeilles et des produits issus de la ruche, reste naturellement proche du milieu de l’apiculture et notamment de l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française). Ainsi, pour chaque produit acheté sur le site propolia.com, 25 centimes lui sont reversés. Et l’entreprise soutient également l’association Abeille, Sentinelle de l’Environnement crée par l’UNAF qui fête cette année ses 10 ans. Ce programme mobilise des partenaires publics et privés pour informer et sensibiliser le grand public au rôle fondamental de l’Abeille, pour la biodiversité, comme pour l’alimentation.