Livres / Cadeaux : Les chansons d’une souris toulousaine, une poulpe fiction et l’Histoire

Tony Foucart , avec lui le Poulpe sort de la tielle ! Photo Ph.-M.

Pour ceux qui se demandent si le livre n’est pas un truc quelque peu ringard, n’oubliez pas que les études scientifiques affirment qu’“il faut privilégier la lecture de livres imprimés si l’on souhaite favoriser la compréhension et la mémorisation de ce qui est lu” (Sciences & Vie). Et puis comme le souligne Pascal Granger (éditeur sétois du “Poulpe se desseiche”) : “…Un livre ça fait intelligent, un livre ça peut servir pour caler un meuble, ça isole, ça peut allumer un barbecue, un livre ça sent bon, un livre c’est un beau cadeau…”

Du côté de Toulouse, les éditions Privat ont bien travaillé pour remplir la hotte du Père Noël. L’accent sur deux nouveautés : “Les Saperlichansons de Violette Mirgue” et “L’Occitanie, toute une histoire !”

Violette Mirgue… elle chante aussi !

On ne présente plus Violette Mirgue, la petite souris toulousaine née de l’imagination et de la plume de Marie-Constance Mallard, qui a déjà vécu dix tomes d’aventures à travers le monde ! (le dernier paru, en octobre 2023 : “Sorcières, citrouilles et compagnie”).

Mais en cette période de fêtes, elle invite ses jeunes lecteurs à partager le premier recueil de chansons des aventures Violette Mirgue à Toulouse ! Pour retrouveR leur héroïne préférée au coeur d’une enquête musicale, à la recherche du fromage disparu dans la ville rose. C’est en compagnie de Violette Mirgue que les enfants chantent et écoutent : “Une aventure pour Violette”, “Nous, les gargouilles”, “Saperlichanson”… Pour le bonheur des petits et des plus grands. Une valeur sûre !

Pour réaliser cet ouvrage sorti en novembre, Marie-Constance Mallard s’est associée à Laure Valentin (metteur en scène, comédienne et auteure, directrice du Théâtre des Grands Enfants) et Steve Moune (compositeur).

Pour les plus jeunes, découvrir l’histoire de l’Occitanie

Egalement chez Privat, vient de paraître (en novembre) “L’Occitanie, toute une histoire !” (à partir de 8 ans)de Pierre-Marie Terral, illustrations de Martin Desbat (illustrateur d’albums et de BD. “Le chasseur de rêves” est sa première série en bande dessinée chez Sarbacane).

Pierre-Marie Terral, docteur en histoire contemporaine de l’université Paul-Valéry Montpellier-III, a travaillé sur le mouvement du Larzac et ses descendances. Il a notamment publié aux Éditions Privat “Larzac, de la lutte paysanne à l’altermondialisme” (2011), “Le Parc naturel régional des Grands Causses” (2015)… Cette fois, il signe un ouvrage à la fois érudit et accessible, pour raconter la grande histoire de l’Occitanie aux plus jeunes.

Ouvrir ce livre, c’est embarquer pour un voyage dans le temps, à travers les
grands évènements et les lieux qui ont fait l’Histoire de l’Occitanie. Une odyssée partant sur les traces de nos ancêtres, jusqu’aux plus lointains, tels les hommes préhistoriques de la grotte de Niaux ou les bâtisseurs du Pont du Gard.

Et tant d’autres rencontres , au fil des siècles : des enfants apeurés par la bête du Gévaudan aux femmes protestantes révoltées, des mineurs de Carmaux aux pionniers de l’Aéropostale, le passé éclaire les présent des petits et des grands. Un encadré pratique, à la fin de chaque double page, apporte des éclairages sur le contexte et donne des informations historiques. Indispensable !

Quand le Poulpe s’échoue sur la plage de Sète

Attention collector ! Connaissez vous Le Poulpe ? Pas le sympathique céphalopode dont nous vous avions parlé dans notre série Animad’Oc (https://dis-leur.fr/animadoc-3-huit-bonnes-raisons-daimer-les-poulpes/) mais Gabriel Lecouvreur, détective libertaire et amateur de bière, ainsi surnommé pour ses longs bras semblables à des tentacules.

Le principe de cette collection de romans policiers publiée aux éditions Baleine (inaugurée en 1995 avec “La petite écuyère a cafté” de Jean-Bernard Pouy) c’est que chacun des épisodes soit écrit par un auteur différent, bien que l’on suive les aventures d’un même personnage (il a même été porté à l’écran en 1998 par Guillaume Nicloux, avec Jean-Pierre Darroussin dans le rôle titre)

Autre principe immuable, les jeux de mots du titre : “Nazis dans le métro” (Didier Daeninckx, 1996), “Comme un coq en plâtre” (Sylvie Granotier, 1996), “La Belge et la Bête” (Bruce L. Mayence, 1997), “La Dingue aux marrons” (Chantal Montellier, 1997), “La Brie ne fait pas le moine” (Christian Rauth, 1999) et ainsi de suite jusqu’au 290e opus : “Arrête tes six magrets”  (Benoît Séverac, 2015). Le dernier ? Non, car en cet automne 2023, une équipe sétoise a levé la m… le tentacule, pour prendre son tour.

Ainsi s’est échoué sur les bords de la Méditerranée l’étrange animal muet depuis trop d’années. “Le Poulpe se desseiche”, signé Tony Foucart (avec la complicité d’Eric Maurin et Pascal Granger). Titre validé, il reste à partir à la rencontre des 200 pages du roman qui n’a décidément pas à rougir du voisinage avec quelques grandes signatures du roman noir !

Un livre qui vous saisit comme les tentacules d’un “pouffre” ! Ici à “La Cave à Manger’ (Sète)

Tout commence, inévitable, au comptoir d’un troquet parisien, un verre de bière à portée de main, avec la lecture d’un de ces journaux en voie de disparition qui recense les faits-divers sordides aux “quatre coins” de l’hexagone. On ne vous raconte pas l’histoire (en macronie on dirait spoiler), mais pour vous faire une petite idée,

Extrait :

Quelle page tu m’as dit ?

Page région Occitanie… J’ai pensé à toi et je me suis dit, à Sète, le Poulpe il serait déjà mort !

… ? Quoi ? Et pourquoi j’serais mort ?

Tu vas voir. Attends, je te montre. C’est là : La mort étrange du Pouffre.

C’est quoi un Pouffre ?

C’est comme toi. Là-bas le Poulpe ils l’appellent comme ça. ils disent le “pouffre”. C’est le Sud. En tout cas, ils n’ont pas l’air de rigoler les Sétois ! Tiens, lis plutôt, tu vas voir c’est du lourd. le gars qu’est mort là, il est un peu comme toi; si tétais journaliste et qu’tavais une conscience…”

Et voilà. Comment résister ? Gabriel Lecouvreur n’y résiste pas, il embarque Chéryl sa chérie et en route pour cette ville où, cette jolie cité balnéaire devenue quelque peu “Boboland” commente un connaisseur dazns le livre, une ville où “les petits bourges se la jouent populo..” et de conclure non sans esprit d’observation que “ça doit les faire mouiller les Parisiens de se mêler au vil peuple.”

Dans le ton, comme dans le déroulement, on est vraiment dans la plus pure tradition de la série et c’est plutôt jouissif ! Noter que l’éditeur, avec un bel esprit d’à propos (et l’espoir de quelques tournées gratuites ?) a parsemé l’ouvrage de dessins réalisés par des artistes locaux et représentant les différents établissements cités dans le roman. Allez, bonne lecture !

Quelques autres propositions de livres à voir ci-dessous. Si avec ça vous ne savez pas quoi offrir… Bah ! Choisissez un jeu vidéo…

Philippe MOURET

En Occitanie, “le livre change d’ère” !

Le cabinet de consultants Axiales a mené une vaste étude à la demande d’Occitanie Livre & Lecture et de ses partenaires institutionnels. Afin de présenter un panorama du secteur éditorial de la région, différentes données ont ainsi été receuillies et analysées, de septembre 2022 à juin 2023…

On y apprend que, en 2022, on dénombrait 247 maisons d’édition sur l’ensemble du territoire de l’Occitanie. Et que 38% de ces éditeurs se concentrent dans les métropoles urbaines : Toulouse (20%), Montpellier (9%), Perpignan (5%), Nîmes (4%).

14 maisons d’édition d’Occitanie dans le Top 200

La Littérature représente 46,5% des livres publiés dans la région. Le classement établi fait apparaître les arts (34,9%) et les sciences humaines et sociales (32,6%) en 2e et 3e places, ce qui constitue une particularité des maisons d’édition en Occitanie, par comparaison avec d’autres études régionales. Au niveau national, les principaux secteurs éditoriaux, en valeur, sont la Littérature 21,6 %, la bande dessinée et les mangas (17,7 %), la jeunesse (13,7 %) et les sciences humaines et sociales (12,9 %).

L’étude révèle par ailleurs que neuf maisons d’édition situées en Occitanie apparaissent au classement Livres Hebdo des 200 premiers éditeurs en France, paru en septembre 2022. On identifie par ailleurs cinq autres structures dont le chiffre d’affaires leur permettrait d’apparaître dans le classement. C’est donc au total 14 maisons d’édition d’Occitanie qui se classent parmi les 200 plus importantes. Ce chiffre est particulièrement élevé par rapport à d’autres régions.

L’étude porte également sur les librairies. Elles sont 264 en Occitanie et la région Occitanie compte 575 points de vente de livres si l’on ajoute les maisons de la presse (265) et les grandes surfaces spécialisées (46).

Librairies : Haute-Garonne, Hérault et Gard, surtout

La région Occitanie est composée à 90 % de territoires ruraux, où sont situés plus d’un tiers des librairies (35 %). Sans surprise, l’étude réalisée pour Occitanie Livre & Lecture constate que la présence des librairies est corrélée à celle des habitants :

Haute-Garonne, Hérault et Gard concentrent 50 % de ces structures. Cela est nuancé par de légers écarts territoriaux : dans le Gers, les Hautes-Pyrénées et le Tarn, la proportion de librairies par habitant est plus importante.

L’ Aude et les Pyrénées-Orientales. ont en revanche environ une librairie pour 30.000 habitants, alors que, pour l’ensemble de la région, le ratio est d’une librairie pour 22.630 habitants. Parmi les librairies installées en milieu rural, ce sont surtout les maisons de la presse qui offrent un accès au livre tandis que les librairies spécialisées y sont rares.

Les librairies participent pleinement à la vie littéraire régionale, notamment ils très majoritaires à prendre part à des salons. Par contre la participation aux prix littéraires reste timide. la quasi-totalité d’entre eux proposent la carte jeune régionale et sont tout autant engagées dans le Pass Culture.

Des libraires conscients de leur impact environnemental

Enfin, on observe une prise de conscience éco-responsable de la part des libraires qui, pour 43 % d’entre eux, mettent en place des actions pour réduire leur impact
environnemental (recyclage, travail avec artisans locaux, véhicules électriques, dons de livres) : 52 % affirment prendre en compte des critères de fabrication avant de passer commande.

S’ils considèrent limiter les flux de transports et maîtriser leurs achats, le “dernier kilomètre” reste à leurs yeux problématique et semble davantage appeler des réponses collectives qu’individuelles. L’écologie est aussi présente sur leurs étagères, puisque 93 % des librairies proposent un fonds écologie et plus de la moitié (52 %) disent créer des animations autour de celui-ci.

Ph.-M.

Sur le site d’Occitanie Livre & Lecture, on peut découvrir les auteurs régionaux récemment récompensés,  notamment Céline Pibre et Louise De Contes qui seront invitées à la Foire du Livre Jeunesse de Bologne (Italie), Olivier Ka et Christophe Alline distingués pour leur livre pop-up “Des papillons dans la nuit” (éditions Les Grandes Personnes) et la bandes dessinée Ceux qui me touchent de Damien Marie et Laurent Bonneau (aux éditions Bamboo/Grand angle) fait partie des finalistes de la sélection du Prix BD Fnac France Inter 2024. Plus : https://www.occitanielivre.fr/actualites/bonnes-nouvelles-de-fin-dannee-des-auteurs-doccitanie-recompenses

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Économie : Le monde des Lettres d’Occitanie, vu à travers les chiffres