Emplois numériques : Montpellier et Toulouse battent des records

L’Occitanie bénéficie d’un écosystème riche et dynamique avec presque 100 000 emplois numériques. Dell à Montpellier, l’aéronautique à Toulouse ont créé ce terreau favorable. La dynamique se poursuit avec l’intelligence artificielle et la cité de start-up à Toulouse ainsi que le cluster numérique porté par le conseil régional.

L’Occitanie compte 97 600 emplois numériques (4,4 % de l’emploi régional), et se place ainsi au 3e rang des régions françaises derrière l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes. L’emploi numérique progresse bien plus vite que l’emploi total (+ 10,6 % entre 2007 et 2016 contre + 6 %). Autre enseignement : « Les trois quarts des emplois numériques se concentrent sur Toulouse et Montpellier mais d’autres viviers se développent notamment autour de Nîmes, Perpignan ou Tarbes-Lourdes.« 

Principale raison de cette effervescence, l’Occitanie bénéficie d’un « écosystème numérique riche et dynamique » et notamment de la filière aéronautique grosse pourvoyeuse d’activités numériques, avec entre autres la présence du géant Cap Gémini. A Montpellier, c’est le précurseur, Dell qui a favorisé l’éclosion, par la suite, de ces emplois. A Perpignan, c’est l’ouverture d’une école des métiers du numérique qui est à l’origine de mains d’oeuvre qualifiée. Toutes ces implantations ont constitué le premier terreau. L’avenir s’annonce tout aussi radieux. Plusieurs projets consolident cet état de fait et sont en train de « créer un environnement propice à son épanouissement », écrivent les deux chargés d’études, Fabien Steinmetz et François Hild qui ont commis la première étude du genre.

Cent start-up lancées dans le cadre d’Aniti, à Toulouse

« C’est l’un des paradoxes de l’économie en Occitanie, une région qui connaît un fort taux de créations d’entreprises, de créations d’emplois – c’est la 4e région pour ce paramètre en France – mais aussi un fort taux de chômage (10,3 %). C’est une région où il y a de fortes migrations, de forts changements professionnels et une grosse fracture sociale, surtout sur le littoral avec une population précarisée. Nous préparons la sortie d’une étude sur le sujet en novembre. » C’est dans ce contexte que les emplois numériques, en forte croissance, s’annoncent comme un vrai atout. Avec des « locomotives ».

Il y a par exemple Aniti, dont Dis-leur vous a déjà parlé. C’est le projet 3IA au cœur d’un écosystème international d’innovation sur l’intelligence artificielle. Aniti a obtenu le label 3IA Institut interdisciplinaire en intelligence artificielle en avril 2019. Avec 200 chercheurs issus de 33 laboratoires de recherche, 21 chaires de recherche et surtout 50 partenaires (d’Airbus à Thalès), Toulouse vise à devenir l’un des leaders mondiaux en intelligence artificielle (IA), et plus particulièrement dans l’IA hybride, qui permet de certifier et comprendre les modes d’apprentissage des algorithmes d’intelligence artificielle. Le projet privilégie les applications Santé, Environnement et Transport (véhicule autonome) pour lesquelles la fiabilité des algorithmes est primordiale. « Et d’ici 2023, 100 start-up devraient être lancées, confirme-t-on, et des ponts lancés avec d’autres projets majeurs. » Comme le fameux Digital 113, le nouveau cluster du numérique en Occitanie, né en février 2019, il « regroupe plus de 350 entreprises, soit 17 000 emplois et un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros », soulignent les deux auteurs de l’étude de l’Insee.

Cluster numérique, Digital 113

Outre les sites de Toulouse et Montpellier, il dispose d’antennes à « Perpignan, Carcassonne et Nîmes, et prochainement à Tarbes, Alès, Mende et Rodez. Digital 113, qui regroupe plus de 350 entreprises, soit 17 000 emplois et un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’eurosaccompagne la croissance de ses adhérents au travers de cinq axes stratégiques : innovation et transformation, stratégie et financement, business et croissance, international, recrutement et diversité. Le cluster mise notamment sur l’internet des objets, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les mégadonnées, la santé, l’énergie et le transport ».

Autre projet d’envergure, à Toulouse, la cité des start-up. Début 2020, les anciennes Halles Latécoère à Toulouse abriteront ce projet, porté par la Région Occitanie. Ce nouvel espace de 10 000 m2 vise à créer un environnement propice au développement des start-up de la région, quel que soit leur domaine d’activité. « Situé à proximité immédiate du complexe scientifique et universitaire de Rangueil, il s’organisera autour de fonctions complémentaires, dont un espace tiers-lieu, conçu comme le cœur de l’écosystème des start-up et qui accueillera des services aux entreprises et un espace de co-working ».

A Montpellier, 19 000 emplois

La zone d’emploi de Montpellier, elle, se situe en neuvième position au niveau de la province. Le poids des emplois numériques (7,1 % de l’emploi total, soit 19 900 emplois) est inférieur à celui de Toulouse (2e), mais ces emplois progressent bien plus fortement : + 23 % à Montpellier entre 2007 et 2016, contre + 11 % à Toulouse. La zone d’emploi de Montpellier est notamment spécialisée dans les activités de fabrication de matériel informatique.

« Troisième zone d’emploi pour le numérique en Occitanie avec 3 700 emplois, Nîmes tire avantage de sa proximité avec Montpellier, la recherche de synergie et d’effets d’agglomération étant importante dans le domaine du numérique », notent les deux chercheurs. Dans la zone d’emploi de Perpignan, qui regroupe 2 700 emplois numériques, les activités tertiaires de l’économique numérique sont les plus dynamiques. La cinquième zone d’emploi d’Occitanie pour le nombre d’ emplois numériques, celle de Tarbes-Lourdes avec 1 700 emplois numériques, développe une nouvelle spécialisation liée au numérique, sur la thématique de la transition énergétique alors que certaines activités y sont en déclin, comme la fabrication de composants électroniques.

Olivier SCHLAMA

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