Colère noire pour l’or blanc : Avalanche de recours contre la fermeture des stations

Les Angles dans les Pyrénées catalanes. Photo d'archives. Olivier SCHLAMA

Quelque 20 000 emplois sont en jeu dans les Pyrénées. Les syndicats professionnels, six régions dont l’Occitanie, ainsi que 15 départements ont saisi le Conseil d’Etat pour demander une réouverture au plus tôt.

Fermeture des remontées mécaniques : la Région Occitanie et les Départements de l’Ariège, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Orientales s’associent au recours engagé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes devant le Conseil d’État.

La Région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée ainsi que les départements de l’Ariège, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Orientales s’associent au recours engagé, ce jeudi 3 décembre, par la Région Auvergne-Rhône-Alpes auprès du Conseil d’Etat, pour demander l’ouverture des remontées mécaniques dans les plus brefs délais. Il faut dire que les 30 stations de ski du massif sont à l’arrêt. Et ne décolère pas en dépit des aides et des mesures d’indemnisation annoncées ce lundi.

« Mesure incompréhensible et incohérente »

Photo : O.SC.

Les signataires dénoncent : « Pour les professionnels, les salariés, les saisonniers, les acteurs de la montagne et les collectivités locales, cette mesure annoncée par le président de la République est incompréhensible et incohérente. Sur la méthode d’une part, la décision ayant été prise avant même que la concertation engagée par le gouvernement soit conduite à son terme. Et sur son efficacité d’autre part, puisqu’il n’est pas raisonnable d’imaginer qu’il sera possible de contrôler et d’empêcher nos concitoyens d’aller skier de l’autre côté des Pyrénées. Cette succession de mesures approximatives et incomplètes, sans harmonisation au niveau européen, témoigne d’une impréparation certaine dans la prise de décision ».

« Nous demandons à l’Etat de territorialiser la décision, la situation sanitaire étant différente d’un massif à l’autre »

Se disant « pleinement conscients de la priorité qui doit être donnée à la sécurité sanitaire, élus locaux et professionnels des Pyrénées ont largement pris part au travail de concertation proposé par le gouvernement. Un protocole sanitaire dédié et adapté était en cours d’élaboration avec l’ensemble des parties prenantes. Aujourd’hui, nous souhaitons collectivement pouvoir poursuivre ce travail et demandons à l’Etat de territorialiser la prise de décision, la situation sanitaire étant différente d’un massif à l’autre ».

20 000 emplois concernés en Occitanie

Dans les Pyrénées, en Occitanie, près de 20 000 emplois sont concernés par cette activité économique qui permet, tout au long de l’année, de créer un environnement favorable pour le tissu économique local, notamment les commerces de proximité et l’artisanat, de maintenir des services publics, de pérenniser l’habitat et les transports publics.

Au-delà des retombées économiques, c’est bien de la dynamique et de la qualité de vie dans ces territoires de montagne dont il s’agit. Selon les signataires, « nous ne pouvons pas laisser nos territoires et leurs habitants payer le prix fort d’une décision injuste et incohérente : voilà pourquoi nous nous associons au recours engagé devant le Conseil d’Etat par différents territoires de montagne de notre pays ».

Marche de contestation à Bagnères-de-Luchon

Photo : Olivier SCHLAMA

De son côté, le président du département de Haute-Garonne, Georges Méric se mobilise aussi pour ses stations déjà plongées dans une crise. (Luchon-Superbagnères, Le Mourtis et Bourg d’Oeuil. Il a participé, ce jour, à une marche de contestation à Bagnères-de-Luchon. Il s’est également associé au recours de pour la réouverture des remontées mécaniques aux côtés des autres institutions mobilisées.

Plus largement « la montagne française se dit mobilisée contre cette fermeture ». Ce jeudi Domaines skiables de France, le Syndicat national des moniteurs, l’Association des maires de stations de montagne ont également saisi le Conseil d’Etat, comme cinq autre régions françaises : Nouvelle-Aquitaine, Paca, Bougogne-Franche-Comté, et Grand Est ainsi que 15 départements. Soulignant dans une même voix l’incohérence de cette fermeture au regard des « rames de métro bondées » ; des TGV circulant sans restriction ; les possibles vols en avion, etc.

Il faudra bien la sagesse du Conseil d’Etat pour trancher face à un  gouvernement qui s’est empêtré dans un imbroglio. Le premier ministre ayant annoncé, par exemple, mercredi des contrôles aléatoires sur les Français de retour d’un séjour dans les stations de ski à l’étranger avec une période d’isolement de sept jours pour tenter de dissuader les amoureux de la glisse d’aller dans les stations suisses ou espagnoles qui, elles, resteront ouvertes… Un décret de l’Etat français est attendu dans les prochains jours, faute d’entente au niveau européen. Le tout, faisant suite à l’annonce de la non-réouverture des stations de ski au cours de l’allocation du chef de l’Etat dans son allocution du 24 novembre, alors qu’une concertation s’était ouverte la veille avec les professionnels…

Olivier SCHLAMA

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