Municipales : Participation en baisse modérée, entre civisme et anxiété

Gel, lingettes, adhésif au sol... Mais pas encore de masques en mars dernier, Drôle d'élections municipales sur fond de coronavirus. Photo : Olivier SCHLAMA

Taux de participation en baisse par rapport aux dernières municipales en France et en Occitanie mais pas autant qu’on aurait pu le craindre. Avec même une hausse en Aveyron. Le point à la mi-journée.

Le corinavirus aura eu au moins une vertu : fluidifier les files d’attente dans les bureaux pour voter presque normalement. Selon le ministère de l’Intérieur, dans l’Hexagone, le taux de participation à midi était de 18,38 contre 23,16 en 20145, soit cinq points de moins. C’est, bien sûr, une moyenne. En Occitanie, ça baisse mais pas autant qu’on aurait pu le craindre.

Dans les P.-O., par exemple, le taux de participation était à midi de 20,71 % contre 27,79 % en 2014 et 30,11 % en 2008. En baisse, donc. Mais en Aveyron, curieusement, les électeurs se sont mobilisés avec un taux à 29,29 % (22,06 % en 2014). Il est de 21,71 % dans l’Hérault (25,55 % en 2014). Avec des pointes comme à Mèze (32 % à midi et 48,37 % à 17h) En Haute-Garonne, le taux est de 16,29 % (21,45 %). Le gard ? 21,54 % (26,57% en 2014). En Ariège : 22,19 % de participation, contre 29,51% en 2014 ; dans l’Aude : 22,11 % contre 24,21 % en 2014. Dans le Gers : 28,53 % (32,99 en 2014) ; les Hautes-Pyrénées : 23,76 % (26,86 en 2014) ; ou encore le Lot : 25,34 % (33,35 %).

Un médecin arborant un masque FFP2 comme cette personne âgée en déambulateur : aucun n’attendra plus de quelques minutes

À Sète, par exemple, des personnels municipaux régulaient les files d’attente dans chacun des bureaux, dispatchant les électeurs. Pas d’embouteillages, donc. Malgré quelques frissons d’anxiété – certains présidents de bureau prenaient les cartes d’électeurs en main ; dans les files d’attente, une certains promiscuité pouvait se remarquer …- Mais tout était prêt pour voter le plus proprement possible : gel hydroalcoolique et lingettes à disposition ; personnels de nettoyage itou qui briquaient régulièrement poignées de portes, isoloirs, sols, tables, etc. ; marquage au sol pour respecter une distance ; possibilité d’émarger avec son stylo perso ; priorité donnée aux personnes de plus de 70 ans pour accomplir son devoir civique, etc. Un médecin arborant un masque FFP2 comme cette personne âgée en déambulateur : aucun n’attendra plus de quelques minutes.

Fermeture des commerces, appels au report de scrutin

Malgré la crise sanitaire sans précédent, les collapsologues de tous poils qui s’évertuent à nous annoncer la fin d’une civilisation, le droit de vote est droit dans ses bottes. Cela suffira-t-il à inciter à voter au moins autant qu’en 2014 les près de 47,7 millions d’électeurs dont 330 000 ressortissants d’autres pays de l’Union européenne ? Abstention versus civisme. A midi, le second n’a donc pas perdu sur la maladie.

Samedi soir, les présidents de six régions – Xavier Bertrand (Hauts de France), Carole Delga (Occitanie), Renaud Muselier (PACA), Gilles Simeoni (Corse), Hervé Morin (Normandie) et Valérie Pécresse (Ile-de-France) – avaient appelé à un report du scrutin, dans la foulée des nouvelles mesures de confinement annoncées, samedi soir, par Edouard Philippe. Dans son discours, le Premier ministre avait confirmé que le scrutin se déroulera dimanche « comme prévu », à condition de « respecter strictement les consignes de distanciation et de priorisation des personnes âgées et fragiles » et a demandé « calme » et « civisme » aux Français. Une décision qui a provoqué de nombreuses critiques.

Olivier SCHLAMA

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