Viticulture : Deux parlementaires demandent un Grenelle

L'Occitanie représente 30% des surfaces viticoles bio en France. Photo ©Sudvinbio

Le député LaRem de l’Hérault Philippe Huppé et Nathalie Delattre, sénatrice de Gironde en appelle aux pouvoirs publics pour aider la filière confrontée à de nombreuses difficultés. Le déclic : la sécheresse qui va rendre la récolte compliquée notamment en Corbières.

« Quelles soient climatiques, réglementaires ou commerciales, de nombreuses difficultés ont touché la viticulture française. » Face à ce constat, deux parlementaires, Philippe Huppé, député LaRem de l’Hérault, et Nathalie Delattre, sénatrice de Gironde, par ailleurs tous deux coprésidents de l’ANEV (Association des élus de la vigne et du vin), propose aux présidents des principales organisations viticoles d’organiser une grenelle de la viticulture « avec les pouvoirs publics ». La raison ? « Apporter des solutions globales à ces problématiques. »

Nombre d’avanies s’abattent sur la filière viti-vinicole : les aléas climatiques (grêle, gel, fragilité des marchés…). Les deux parlementaires y ajoutent les contraintes règlementaires, la baisse de main d’oeuvre qualifiée comme de l’attractivité pour le métier de vigneron. La polémique sur le glyphosate et autres produits phytosanitaires que de plus en plus de consommateurs et certains vignerons aimeraient voir bannir, sans oublier la baisse de consommation d’alcool encouragée par des campagnes de prévention gouvernementale. Les deux parlementaires insistent sur le fait que la filière fait l’objet de « vraies campagnes de dénigrement. Et sans effort pour les efforts réalisés ».

On voit bien finalement que mis bout à bout on charge la mule. Il faut certes faire évoluer les pratiques et c’est une bonne chose mais il faut aussi se coordonner et arrêter le vin bashing. »

Philippe Huppé, député de l’Hérault.

Joint au téléphone, Philippe Huppé va plus loin : « La récolte, à cause de la sécheresse, va être compliquée dans les Corbières et à Bordeaux ; les nouvelles normes européennes – et c’est une bonne chose – arrivent là-dessus ; on voit quelques maires qui veulent faire le buzz en déclarant – illégalement – leur territoire, etc., hors glyphosate, alors que dans la loi il est prévu des zone totalement hors pesticides mais elles doivent être décidées en accord avec les riverains, les producteurs et les mairies. C’est moins fun que de prendre un arrêté tout seul dans son bureau, certes. On voit bien finalement que mis bout à bout on charge la mule. Il faut certes faire évoluer les pratiques et c’est une bonne chose mais il faut aussi se coordonner et arrêter le vin bashing. »

Le député LaRem poursuit : « Nous ne voulons pas remettre en cause la loi Evin qui limite la publicité, pour qu’il n’y en ait pas près d’une école par exemple ; je suis contre l’alcool dans les stades. Il faut boire du vin sans complexes. Et aider cette profession en se mettant tous autour de la table. Le ministre de l’Agriculture a reçu notre lettre. On en discutera avec lui de vive-voix. »

Olivier SCHLAMA

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