Carole Delga : Trains, cantines, parc de loisirs, consultations citoyennes…

La présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga, a évoqué les sujets importants de l’année en cours lors de ses traditionnels voeux à la presse ce vendredi, à Montpellier.

Au 12e étage du conseil régional d’Occitanie, à Montpellier, Carole Delga, entourée de journalistes invités pour leur présenter comme de tradition ses voeux, laisse refroidir sa tasse de thé. Sa vraie tasse de thé à la présidente de région est sur le feu, c’est de « travailler constamment à l’avenir de la région et de ses habitants ». Elle le dit avec calme et détermination. Telle une punchline.

Trains du quotidien. Au sujet des trains du quotidien, si importants dans une région éclatée et grande comme l’Autriche et du TGV qui n’en finit pas, lui, d’être à l’arrêt, elle dit, comme une sentence irréfragable, pointant les manquements de l’Etat avec qui le bras de fer est engagé depuis des mois.  « Que l’on ne me serve pas le couplet de l’investissement des trains du quotidien. Ça fait 10 ans que nous le faisons ici ! (…) En 10 ans, sur 2 milliards d’euros d’investissement sur les trains du quotidien, 1,5 milliard a été donné par la région (…) mes prédécesseurs avaient d’ailleurs largement anticipé. La SNCF ne  verse que 25 %, comme L’Etat, contrairement aux autres régions où les proportions sont inversées et où l’Etat qui met bien plus que 25% ! »

« Au titre de la fiscalité sur le Diesel, notre région rapporte 341 millions d’euros à l’Etat. Sans parler de celles liées à la hausse de la valeur du foncier qui a augmenté de 23 % autour des gares… »

Carole Delga. Photo : Olivier SCHLAMA

Son leitmotiv : que l’Etat fasse en sorte d’ajouter des trains pour améliorer les dessertes, notamment vers les deux capitales régionales que sont Montpellier et Toulouse dont les entrées sont saturées. « L’Occitanie sans TGV, c’est 60 % de la population française qui est à plus de 4 heures de Paris… », maugrée-t-elle. Comment faire ? En acceptant de créer enfin la LGV de Montpellier-Perpignan avec un premier tronçon « indispensable » jusqu’à Béziers. La ligne à grande vitesse, actuellement stoppée par le gouvernement Philippe,  permettrait de libérer des « sillons » et donc d’ajouter des horaires et des rames. Car, l’axe littoral « Lunel-Sète est complètement saturé ; on ne peut même pas ajouter un TER aux heures de pointe… » Carole Delga a laissé entendre que de l’argent il peut y avoir à disposition pour l’Etat à travers l’augmentation de la taxe sur les produits pétroliers, notamment : « Au titre de la fiscalité sur le Diesel, notre région rapporte 341 millions d’euros à l’Etat. Sans parler de celles liées à la hausse de la valeur du foncier qui a augmenté de 23 % autour des gares… »

Nous allons dépenser sur les 15 prochaines années 4 milliards d’euros en investissement (et 9 milliards d’euros en fonctionnement) dont les deux-tiers sont réservés aux trains du quotidien.

Carole Delga

La présidente a confié avoir rencontré Jean-Cyril Spinetta (1) avec qui elle a « longuement discuté il y a quelques jours. Suite aux Etats généraux du rail que nous avons organisés en 2017, nous allons dépenser sur les 15 prochaines années 4 milliards d’euros en investissement (et 9 milliards d’euros en fonctionnement) dont les deux-tiers sont réservés aux trains du quotidien. » Elle dit n’avoir « pas de souci » avec les injonctions du gouvernement aux régions : « On dépense dans ce secteur trois fois la dépense moyenne nationale. La question c’est : combien d’argent l’Etat va-t-il mettre ? « 

La présidente de région a ajouté que le projet de LGV Bordeaux-Toulouse et celui de Montpellier-Perpignan ne sont pas au même niveau d’avancement. » Pour le premier, la déclaration d’utilité publique est signée depuis 18 mois. La seconde est stoppée. Et la Mogère, la seconde gare de Montpellier, censée désengorger la ligne actuelle qui doit accueillir ses premiers voyageurs d’ici l’automne avec une poignée de trains seulement dont Dis-Leur a été le premier à vous en parler…? « On attend l’engagement de la SNCF pour plusieurs trains. Ils nous disent qu’ils y travaillent. Je suis d’un naturel optimiste… »

Consultation citoyenne sur l’alimentation en région

Objectif : 40 % de bio dans les cantines d’ici 2021. Quelque vingt-cinq millions de repas servis chaque année dans les cantines des établissements scolaires d’Occitanie. Une manne économique pour les agriculteurs de la région. «  2018 sera grande cause régionale de l’alimentaire », a lancé Carole Delga. Le but : faire en sorte d’utiliser des produits locaux et d’atteindre 40 % de bio dans les repas d’ici 2021 contre 10 % à 15 % actuellement. « Nous avons formé les cuisiniers des lycées à l’utilisation des produits frais de saison ; mais aussi les gestionnaires aux marchés publics spécifiques. Il faut mieux structurer les filières et aller jusqu’à réfléchir à de meilleures conditions de livraison pour les petits producteurs (…) Sachez que seulement 20 % de la viande (de ces repas) provient de producteurs d’Occitanie. Il y a une vraie adhésion des agriculteurs et des producteurs pour ce dispositif. » Et Carole Delga d’annoncer une consultation citoyenne sur ce sujet en mai-juin où « plusieurs questions seront posées ». De quoi mettre en valeur les productions régionales.

Consultations citoyennes. « On va d’ailleurs beaucoup développer ces consultations citoyennes. La La Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée est seule région de France avec l’union de la gauche. C’est un laboratoire politique. Il y aura une plate-forme numérique et un plan d’actions lancé en 2018. On sera accompagné par le bureau d’études Démocratie ouverte. »


Parc de loisir. « Pour le futur parc de loisir, on va être accompagnés par un bureau d’études pour trouver un investisseur. Je ne veux pas engager les finances publiques à perte. C’est un projet à plusieurs millions d’euros et concernant plusieurs centaines d’emplois. L’investisseur doit être solide. Ce projet c’est de la dentelle », a détaillé Carole Delga. Ce projet avait été annoncé en novembre 2016. La Région avait rencontré les six principaux leaders européens, ce qui a « permis de valider la possibilité d’un tel projet en Occitanie (…), sachant que la plupart des grands projets de ce type sont au Nord de la Loire. Depuis novembre 2017, on sait que la région y est éligible. Cela a éveillé des projets », a précisé son directeur de cabinet, Laurent Blondiau.

PS. Carole Delga s’est aussi dit soutenir la candidature du député PS Olivier Faure au poste de Premier secrétaire du PS en avril prochain. « Je ne quitte pas le navire en pleines turbulences. Le socialisme a encore toute sa place dans le débat politique national. »

Une baffe pour un geste déplacé

Parole libérée. Enfin sur la tribune des 100 femmes, dont Catherine Deneuve, CaroleDelga a dit :« En voyant cette tribune de Catherine Deneuve et Brigitte Lahaie j’ai cru à une fakenews. Ça prouve qu’il y a égalité dans l’indécence et la médiocrité ». Plus largement, elle a abordé le thème de l’égalité professionnelle.  « Moi-même j’ai dû redoubler parfois d’efforts ; aux dernières élections, par exemple, tous les candidats disaient de moi : « Cette petite n’a pas les épaules assez larges (…) J’ai été élevée par ma grand-mère avec des principes. J’ai toujours considéré avoir les mêmes droits que les autres. C’est la parité républicaine. Une croyance. Une liberté. Et de révéler qu’un jour un homme a osé un geste déplacé sur moi : il s’est pris une baffe devant tout le monde ! »

Olivier SCHLAMA

(1) Missionné par le gouvernement en septembre, Jean-Cyril Spinetta, ex PDG d’Air France,  a jusqu’en février pour préparer un big bang du système ferroviaire. Sa lettre de mission confiée par le gouvernement à l’ancien patron d’Air France prévoit une remise en cause des dessertes TGV actuelles.