Thalasso, balnéo, bien-être, avec ou sans bulles : Un été au sommet !

"On avait de l'eau thermale sous nos pieds que l'on voulait mettre en avant, le succès ne se dément pas", dit Michel Pélieu, président du département des Hautes-Pyrénées, à propos de Balnéa, à Loudenvielle. Photos : Olivier SCHLAMA

De l’Hérault aux Hautes-Pyrénées en passant par les Pyrénées-Orientales, même constat dans la région : on aime cet été grenouiller dans une eau thermale, soufrée ou chlorée !

Se faire plaisir. Se faire papouiller. Glouglouter. Barboter dans un ludo-bidule ou buller dans un balnéo-machin. Rempli d’eau thermale ; d’eau chlorée ; d’eau sulfureuse : peu importe le liquide tant qu’on a le flacon. L’après-confinement sera aquatique ou ne sera pas. Et cela se vérifie. Sur le littoral, les plages sont bondées. Les aqua-anti stress de montagne aussi. Besoin d’air pur et de détente : les structures aquatiques, en Occitanie, font le plus souvent le plein, cet été.

« À Angléo, on est surpris de pareille fréquentation… »

Ouvert en 2019, l’engouement pour Angléo ne se dément pas. Photo : Olivier SCHLAMA

Dans les Pyrénées-Catalanes, par exemple, le centre Angléo, aux Angles (P.-O.), qui a ouvert il y a moins de deux ans (que Dis-Leur vous a présenté lors d’un reportage in situ), a bien sûr subi les avanies dues à la crise sanitaire. Deux mois de perdu, 180 personnes seulement en instantané à la réouverture au lieu des 380 en temps normal, des protocoles sanitaires stricts avec distanciation obligatoire… Et pourtant… « J’ai été surpris de la bonne fréquentation depuis la réouverture d’après-confinement. On est sur des valeurs identiques à l’été 2019, pas plus, pas moins. Or, on aurait pu craindre qu’un milieu chaud et humide ne connaisse pas pareille fréquentation par prudence vis-à-vis du coronavirus », confie Michel Poudade.

« La fréquentation se mesure : + 30 % d’ordures ménagères »

Maire des Angles, président des Neiges catalanes et secrétaire de la Confédération pyrénéenne du tourisme, il évoque une prudence collective : « Nous ressentons toutefois une certaine réticence des touristes à être tous en même temps dans un même lieu. » Il ajoute : « En montagne, nous avons beaucoup de monde : d’ailleurs, nous avons 30 % de plus d’ordures ménagères. Les gens sont restés en France. Ils randonnent. Profitent des grands espaces, des milieux naturels ouverts… »

On avait de l’eau thermale sous nos pieds que l’on voulait mettre en avant, le succès ne se dément pas »

Michel Pélieu, président des Hautes-Pyrénées

Angléo s’est inspiré du doyen des centres aqualudiques dans les Pyrénées françaises, Balnéa, à Loudenvielle (Hautes-Pyrénées), ouvert il y a 20 ans, elle-même inspirée de Caldéa en Andorre. Là aussi, la structure fait le plein. « On est en progression constante », sourit Michel Pélieu, président du département des Hautes-Pyrénées qui a eu cette idée géniale en se référant, certes, au précurseur andorran, Caldéa mais aussi en faisant du bench marketing en Allemagne, Autriche… « On avait de l’eau thermale sous nos pieds que l’on voulait mettre en avant, le succès ne se dément pas », dit Michel Pélieu. Un syndicat intercommunal Génos-Loudenvielle préside aux destinées de Balnéa, exploité par une société publique locale, toutes deux présidées par Michel Pélieu.

Balnéo, entouré de montagnes… Photo : Olivier SCHLAMA

Aujourd’hui, personne n’ignore plus l’existence de ce centre thermo-ludique. Espagnols, français, touristes… C’est le passage obligé. Il faut dire que la magique chaîne des Pyrénées se déploie devant les bassins intérieurs et extérieurs… ! Bains chauds japonais ; romains ; espace inca ; sauna ; jacuzzi ; bains à remous ; jets d’eau et même un… frigidarium à 14°C ; couloirs de nage à contre-courant… Le tout, dans une eau thermale sulfureuse… « Seule, la zone cryo-tonic avec une cabine à 8 degrés et un mur de glace pour favoriser la circulation sanguine ont dû être fermés provisoirement à cause de la crise sanitaire », précise Claire Bourg, directrice. Des atmosphères froides et humides à proscrire.

Il y a beaucoup plus de touristes cette année en montagne et beaucoup de randonneurs et nous nous en profitons… »

Claire Bourg, directrice de Balnéa

: « Bon an mal an, nous réalisons 300 000 entrées et 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, précise Michel Pélieu. Et nous avons créé 50 emplois directs. » Pour un investissement total de 20 M€, dont la moitié apporté par des aides publiques. Visionnaire qui, comme tout créateur agace, notamment les écolos, Michel Pélieu, président du département des Hautes-Pyrénées, n’a eu de cesse de développer la vallée du Touron, avec le lac de Loudenvielle ou encore le Skyvall, un télécabine-ascenseur qui, l’été, de Loudenvielle emmène un millier de personnes par jour à la station de Peyragudes. Vététistes, touristes à pied, familles… De quoi alimenter aussi Balnéa.

Claire Bourg, directrice de Balnéa (Hautes-Pyrénées). Ph. O.SC.

Justement, Claire Bourg, la directrice de Balnéa, précise : « Nous sommes en progression constante année après année ». Même avec les mois de fermeture dus au covid-19, « nous faisons mieux cet été qu’en 2019 alors que notre jauge est limitée à 480 personnes en même temps sur 600 ». Certes, en année pleine, on y approchera davantage des 250 000 entrées que des 300 000 imaginés mais c’est déjà une sacrée prouesse. Son analyse est limpide : « Il y a beaucoup plus de touristes cette année en montagne ; beaucoup de randonneurs et nous en profitons… »

Spa O’Balia à Balaruc-les-Bains : « La fréquentation est moins catastrophique que ce que l’on pouvait envisager »

Spa O’Balia à Balaruc. Ph. DR.

Par temps très dégagé, du Spa O’Balia, à Balaruc-les-Bains (Hérault), on distingue également les Pyrénées mais ce n’est qu’une évocation. A 350 km de Peyragudes, c’est surtout au pied de l’étang de Thau, près de Sète, que l’on peut s’y prélasser. Le directeur des Thermes et du spa thermal, Sylvain Bonnet, rappelle que son spa « existe depuis dix ans et réalise quelque 100 000 entrées annuelles ». Lui aussi ressent « une envie de soins individuels. Dans l’ensemble, covid oblige, la fréquentation est moins catastrophique que ce que l’on pouvait envisager. En juillet, on accuse une baisse de 10 %, en sachant que le hammam et le sauna sont fermés pour cause de crise sanitaire. » Dans ce spa O’Balia, pourtant sélectif avec des tarifs de 80 € à 150 € avec massages à la clé, « on y a remarqué que les gens avaient envie de prendre soin d’eux, de se retrouver », précise Sylvain Bonnet. On aurait pu imaginer que les clients auraient pu être davantage réticents à pénétrer dans ce genre de milieu chaud et humide.

Thalassothérapie : « Une hausse moyenne de 40 % »

En Occitanie, on ne compte que cinq centres de thalassothérapie, c’est-à-dire des soins par eau de mer, à la Grande-Motte, Port-Camargue, Canet-en-Roussillon, Saint-Cyprien et Banyuls qui ont rouvert seulement en juin dernier, crise sanitaire oblige. L’Hexagone en compte en tout et pour tout cinquante unités. Ces établissements, complémentaires d’autres basés sur la balnéo ou plus ludiques, sont des sentinelles de la bonne santé touristique. Et du moral des ménages. La présidente de France Thalasso, Marie Pérez-Sisclar, qui possède deux étabissement à l’Île de Ré et à Banyuls (Côté Thalasso), explique que la hausse va, « en fonction des centres, de + 30 % à + 40 %. Et elle est en moyenne de 40 % ».

« Beaucoup plus de Français sont restés en France »

Marie Pérez-Sisclar. Ph. DR

Cette dernière, par ailleurs médecin qui a repris du service pendant la crise sanitaire, explique ce phénomène de la même manière que les autres professionnels de « l’eau » : « Beaucoup plus de Français sont restés en France. Pas mal de gens avaient reporté leurs séjours et en ont donc profité cet été. Nos clients sont conscients des bienfaits de l’eau de mer, y compris dans son action en faveur de l’immunité. D’ailleurs, nous n’avons plus personne en chômage partiel… »

« Des pépites des territoires »

Et d’ajouter : « Pendant le confinement, j’ai eu plusieurs réunions avec Jean-Baptiste Lemoyne. Le secrétaire d’Etat au tourisme évoquait souvent nos établissements géographiquement disparates, qui font vivre tout un écosystème. Il les qualifie de « pépites des territoires ». Nous achetons local, frais, auprès l’éleveurs du coin pour nos restaurants. » Dernier argument en faveur d’un engouement cet été : « Nos établissements sont connus et appréciés pour être sûr au niveau sanitaire. Nous n’avons pas attendu pour le masque : il est obligatoire depuis le premier jour de la réouverture. »

D’abord une destination

Ce secteur, complémentaire de la thalasso – non remboursée – s’est constitué en club. Et bénéficie, de plus, de campagnes de promotion de la Région qui a réussi à  « fédérer » des centres de balnéo ou de thalasso très performants. Comme Balnéa dans les Hautes-Pyrénées, Côté Thalasso, à Banyuls ; Angléo ou donc des établissements de référence à Canet-en-Roussillon, la Grande-Motte ou encore à Port-Camargue. Marie Perez-Siclar dirige deux établissements de thalassothérapie. Côté Thalasso, à Banyuls, et sur l’Île-de-Ré. « La plupart du temps, rappelle-t-elle, quand on veut faire quelques jours de thalasso, on choisit d’abord sa destination », façon de dire que la destination Occitanie est en tête de listes des destinations désirées.

Olivier SCHLAMA

Dis-Leur ! ce sont des histoires d’eau !