Sète : Des voeux de « confiance, antidote aux fake news »

"Pour vous ce n'était pas encore la confiance mais un pari audacieux (...) "Depuis, j'ai sûrement commis des erreurs ; il reste beaucoup à faire ; j'ai dû exiger beaucoup de vous ; j'ai dû prendre des décisions parfois impopulaires..." Il a ensuite fustigé les "adeptes du verre à moitié vide" : "Les effets de manche ne sont pas ma tasse de thé. On me dit parfois taiseux..." Photos : Olivier SCHLAMA

Le maire de Sète et président de l’Agglopôle a présenté ses voeux à la population aux anciens établissements Larosa, à la sortie de la ville, ce lundi soir devant des centaines de Sétois. Avant tielles et huîtres de rigueur, François Commeinhes a fustigé longuement les fake news puis entonné la Marseillaise aux côtés de Philippe Saurel, le maire de Montpellier.

Il vient de terminer d’entonner la Marseillaise aux côtés de Philippe Saurel, et s’apprête à distribuer des centaines de poignées de main lors des voeux, ce lundi soir aux établissements Larosa, route de Montpellier, à Sète. François Commeinhes, le maire de Sète et président de l’Agglopôle, le jure alors qu’on lui pose la question : « Non, il ne s’est rien passé récemment en rapport avec ce que je viens de dire. Mais y ‘en a marre des rumeurs infondées… Lors des campagnes et des élections… » Visiblement, François Commeinhes en avait sur le coeur depuis un moment.

« Le fléau des réseaux sociaux et des fake news »

Durant de longues minutes, il a ainsi, un peu étonnamment,en écho de Macron, fustigé « le fléau des réseaux sociaux et des fake news (…) qui s’amplifient jusqu’à s’autoproclamer vérité… » Il évoquera les conséquences d’une époque troublée : « Défiance », « paranoïa », « soupçon », « théorie du  complot ». « Que ceux qui propagent les rumeurs infondées en soient avertis (…) Outre le mal que cela fait, c’est une note sur la partition qui jouent avec les extrémismes. L’antidote ? C’est la confiance. Qui est à l’origine d’une société saine », a-t-il lancé, sibyllin. Et d’ajouter, citant Victor Hugo : « Confiant oui, dupe non. »

J’ai sûrement commis des erreurs ; il reste beaucoup à faire ; j’ai dû exiger beaucoup de vous ; j’ai dû prendre des décisions parfois impopulaires… »

A partir de là, François Commeinhes a pu dérouler un discours autour de ce concept de confiance qu’il a martelé, au mitan de son troisième mandat. « Vous m’avez accordé par trois fois votre confiance, a-t-il rappelé. Je suis médecin ; j’ai accompagné la naissance de nombreux enfants (…) C’est un cadeau sans cesse renouvelé. » Remerciant ses électeurs de cette « confiance », il est revenu, peut-être pour la première fois depuis 2001, sur cette prime élection avec une autocritique : « Pour vous ce n’était pas encore la confiance mais un pari audacieux (…)

« Depuis, j’ai sûrement commis des erreurs ; il reste beaucoup à faire ; j’ai dû exiger beaucoup de vous ; j’ai dû prendre des décisions parfois impopulaires… » Il a ensuite fustigé les « adeptes du verre à moitié vide » : « Les effets de manche ne sont pas ma tasse de thé. On me dit parfois taiseux… » François Commeinhes a terminé son allocution en citant Simone Veil et Jean d’Ormesson. La première qui se disait optimiste malgré une vie aux débuts difficiles, notamment parce qu’elle fut déportée dans un camp de concentration ; le second qui louait le concept de confiance qui a « éclairé » sa vie. Citant enfin, Saint-Exupéry, avec lui, il a dit, en substance : « Une pierre n’a point d’espoir d’être autre chose que pierre. Mais de collaborer, elle s’assemble et devient temple. »

Olivier SCHLAMA

Avant que François Commeinhes ne commence son discours, un film-bilan de son action à la tête de la ville depuis 2001 a été diffusé avec notamment des images prises depuis des drones, montrant des images léchées comme dans la série Demain nous appartient. Le titre qui entame le film ? 2001-2017 : Ces années qui ont tout changé. Celui de la fin : La ville prend son destin en mains.