Économie : Patron, un métier qui s’apprend auprès des… patrons

Cette année, le réseau a retenu 14 entreprises sur plus de 400 demandes d’accompagnement. Ces entreprises bénéficient d’un accompagnement totalement gratuit et personnalisé pendant deux ans de tuteurs et d’un prêt d’honneur. Chaque projet a fait l’objet d’une étude approfondie permettant d’évaluer ses forces et faiblesses. C’est sur les faiblesses que chaque lauréat est accompagné par un chef d’entreprise. Photo : DR.

Le réseau Entreprendre Occitanie Méditerranée fête ce jeudi 4 octobre 2018 ses 10 ans, mettant 14 start-up à l’honneur à Montpellier. En une décennie, 60 chefs d’entreprises ont bénéficié du tutorat assuré par une centaine de patrons et de 1,8 M€ de prêts d’honneur. Ce réseau discret, gratuit et désintéressé a permis de créer ou de maintenir 670 emplois. Le taux de réussite à cinq ans des entreprises aidées ? 86 %.

Conseils. Bienveillance. Désintéressement. Directeur général du réseau de chefs d’entreprises Entreprendre, discret mais très actif sur l’ex-Languedoc-Roussillon, Gilles Capella résume la philosophie de ce réseau de chefs d’entreprises qui veulent « avant tout créer des emplois ». Comment ? En parrainant bénévolement « non pas l’entreprise mais le chef d’entreprise », précise-t-il. « Nous nous adressons aux primo-créateurs et aux primo-repreneurs. » Aucun des membres de doit avoir une prise d’intérêts dans les entreprises parrainées.

L’un des critères importants retenus : que l’entreprise crée au moins cinq à sept emplois en trois ans. »

Gilles Cappella, directeur général du réseau Entreprendre.

Cet efficace réseau d’une centaine de chefs d’entreprises, qui travaille aussi avec les incubateurs spécialisés que sont le Bic, à Montpellier, ou Créalia, va une nouvelle fois retenir ces start-ups qui, espèrent-ils, vont créer très vite des emplois. Car c’est l’un des critères importants retenus : « Il faut que l’entreprise crée au moins cinq à sept emplois en trois ans ».

Gilles Cappella, DG réseau entreprendre. Photo : DR.

« La question centrale que l’on se pose avant tout c’est : ce candidat a-t-il les qualités intrinsèques pour devenir un bon chef d’entreprise ? Si oui et qu’il est possible que son idée crée des emplois, et qu’elle s’annonce viable, alors on décide de l’accompagner.

Quatorze chef d’entreprises lauréats sur 400 demandes d’accompagnement

Cette année, le réseau a retenu 14 entreprises sur plus de 400 demandes d’accompagnement (lire la liste ci-dessous). Ces entreprises bénéficient d’un accompagnement totalement gratuit et personnalisé pendant deux ans de tuteurs et d’un prêt d’honneur. Chaque projet a fait l’objet d’une étude approfondie permettant d’évaluer ses forces et faiblesses. C’est sur les faiblesses que chaque lauréat est accompagné par un chef d’entreprise, membre de Réseau Entreprendre. Au total, 425 000 € de prêts sont accordés en 2018.

Les 40 000 euros à taux zéro que le réseau entreprendre nous a octroyés nous a permis d’avoir un prêt bancaire plus important de l’ordre de 600 000 euros.

Benjamin Faure, créateur de Sport Break, à Baillargues.

« Le prêt d’honneur est très important. Les 40 000 euros à taux zéro que le réseau entreprendre nous a octroyés nous a permis d’avoir un prêt bancaire plus important de l’ordre de 600 000 euros », souligne Benjamin Faure, le créateur de Sport Break, à Baillargues, près de Montpellier (Hérault). « L’accompagnement par un tuteur-chef d’entreprise aguerri s’est avéré précieux, ajoute-t-il, notamment sur les grands chiffres à surveiller de près ; pour éviter des écueils ; sur la négociation avec les traiteurs, etc. Bref, sur un retour d’expérience extraordinaire. »

Quinze à vingt emplois attendus d’ici trois ans

Sport Break à Baillargues. Photo : DR.

Le jeune patron et son associé, qui emploient déjà quatre salariés en CDI et deux apprentis, portent un projet de déploiement de son concept qui a déjà conquis 25 000 clients en six mois alors qu’ils en escomptaient 23 000 dans leur business plan : « Tout dépendra du rythme de développement et du nombre de parcs ouverts. Car on espère en ouvrir quatre ou cinq dans les trois ans, en franchise ou non. Donc, potentiellement, on prévoit la création de quinze à vingt emplois. » Il faut dire que le concept, à la croisée du jeu et de la réalité virtuelle, connaît un engouement. S’élancer sur une piste de ski virtuelle depuis un simulateur : succès garanti !

Plus d’entreprises rejoindront le réseau, plus d’entreprises seront accompagnées, plus d’emplois seront créés. Car il faut compter environ sept tuteurs par chef d’entreprise »

Le réseau Entreprendre a doublé le nombre de ses membres en deux ans. Son objectif est de continuer dans ce sens : « Plus d’entreprises rejoindront le réseau, plus d’entreprises seront accompagnées, plus d’emplois seront créés. Car il faut compter environ sept tuteurs par chef d’entreprise », confie encore Gilles Cappella. Le réseau Entreprendre accompagne aussi bien des entreprises novatrices que des activités traditionnelles. Financé et animé par des chefs d’entreprise, il bénéficie du soutien de la Région Occitanie et de la Caisse des dépôts.

Concept inventé par André Mulliez de la famille qui a créé le groupe Auchan

Le principe de Réseau Entreprendre, reconnue d’utilité publique depuis 2003, est l’accompagnement de chefs d’entreprises par des chefs d’entreprise, bénévolement. Son objectif est de créer des entrepreneurs pour créer des emplois. Il a vu le jour en France en 1986. C’est André Mulliez, de la même famille qui a créé le groupe Auchan qui l’a créé. Il y a trente ans, l’une des filiales, Phildar a dû licencier 400 personnes. Il s’était dit à l’époque : « comment leur retrouver un emploi ? Eh bien, il faut qu’ils créent leur propre emploi. C’est comme cela que André Mulliez a constitué une fédération internationale de 113 associations comme la nôtre dans le monde avec 14 000 membres… »

Olivier SCHLAMA

Les quatorze lauréats du réseau Entreprendre

  • MASMARTHOME
    à Montpellier, Angelo Blot et Jérôme Barthès
    Application destinée aux logements connectés
  • NAUTIC SPOT
    à Montpellier, Jérémy Ladoux
    Solutions techniques de gestion des flux dans les ports
  • SPORT BREAK
    à Montpellier, Nancy Hocine et Benjamin Faure
    Complexe de loisirs dédié au sport
  • LES GRISETTES DE MONTPELLIER
    à Montpellier, Lionel Lopez
    Reprise et commercialisation de la marque historique
    « Les Grisettes ».
  • MAGIC PALLET
    à Béziers, Pierre-Edouard Robert
    Plateforme collaborative de gestion des palettes pour transporteurs
  • UPSIDE
    à Montpellier, Abdel Sghir, Franck Moracchioli et Mylène Mathis
    Complexe de loisirs dédié à la réalité virtuelle
  • MD I
    à Montpellier, Yann Lejolivet
    Commercialisation d’objets promotionnels et écologiques
  • HELLO GARAGE
    à Montpellier, François Roche, Morgan Lebaillif
    Entretien automobile courant sur le lieu de travail ou domicile
  • E-WINVEST
    à Prades, Bernard Prats-Desclaux
    Solution digitale de sécurisation & simplification d’accès à la bourse pour tous
  • NS CONCEPT
    à Nîmes, Nicolas Stevanovic
    Confection de vêtements sur- mesure avec assistance du miroir virtuel
  • MY SPORT MARKET
    à Montpellier, Thibault Barthez
    Plateforme de produits de sports déstockés
  • HAPPY FOREVER SCHOOL
    à Nîmes, Stéphanie Vielle
    Ecole maternelle, bilingue, laïque Montessori
  • ST & R
    à Méjannes les Alès (30), Gaël Cambon
    Négoce et maintenance d’infrastructures en télécommunications réseaux
  • COMING WEB
    à Perpignan, Henriette Roussel