Made in Occitanie : La longue marche de La Botte Gardiane

La Botte Gardiane... C'est écrit dessus ! photo Ph.-M.

Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2007, La Botte Gardiane vient de fêter ses 60 ans d’existence en inaugurant officiellement ses nouveaux locaux (ateliers, boutique, bureaux) à Aigues-Vives dans le Gard. Un pied dans le passé -ou plutôt, dans la tradition-, un autre qui marche à grands pas vers l’avenir, pour des chaussures haut-de-gamme entièrement… faits à la main !

Dans la famille Agulhon, il y a (de g. à d.) Michel, le père, Fanny, la soeur, et les frères Julien et Antoine. Photo Ph.-M.

Même s’il affirme ne plus venir s’en mêler, l’oeil de Michel Agulhon pétille lorsqu’il mesure le chemin parcouru depuis qu’il a repris l’entreprise alors en liquidation judiciaire, en 1995. De fierté, en voyant ses trois enfants oeuvrer main dans la main pour la réussite de la société en respectant la philosophie qu’il définit en souriant : « Il faut toujours aller vers le beau, préserver la qualité… »

Savoir-faire traditionnel et modernité

L’excellence, c’est en effet le leitmotiv de la marque. La Botte Gardiane est la seule entreprise française spécialisée dans la fabrication des bottes de gardians camarguais. Garante de cette tradition, La Botte Gardiane a bâti sa renommée par la préservation de son savoir faire artisanal. Mais le trio familial qui préside désormais à sa destinée, les deux frères Antoine et Julien et la soeur, Fanny, ont su l’orienter vers plus de créativité et d’ambition. (Pour le site de la marque, cliquer ICI.)

Et si Michel se souvient qu’il « faisait les marchés avec une camionnette pour faire connaître la marque », c’est lors d’un salon international, en 2002, que tout a basculé. « Nous avons rencontré et séduit des clients japonais, raconte Julien. Il y a eu un déclic. Ce n’est pas pour rien que nous réalisons près de 50% de notre chiffre d’affaires à l’export, en particulier vers le Japon et les Etats-Unis… » Peu à peu, sous l’impulsion notamment de Fanny, la gamme s’est étoffée, féminisée, sans rien perdre de son savoir-faire; « en préservant l’ADN de la marque », souligne Julien.

12 000 paires par an…

Les gardians de Camargue… présents aussi pour l’événement. Photo Ph.-M.

Antoine, que son frère définit comme « un véritable homme-orchestre devenu chef d’orchestre », définit cet ADN : « Nous faisons évoluer la gamme, mais en conservant un style épuré, intemporel. Nous ne cédons pas aux modes éphémères, nos modèles peuvent traverser le temps… » Autant d’arguments qui ont valu à La Botte Gardiane d’obtenir le label Entreprises du Patrimoine Vivant (en savoir plus en cliquant ICI.)

Et pour réussir ce pari, La Botte Gardiane s’appuie d’abord sur la qualité exceptionnelle des cuirs utilisés. beaucoup viennent de l’Aveyron, d’autres d’Italie ou d’Espagne, lorsque la France ne produit pas la matière recherchée. Dans les locaux flambants neufs d’Aigues-Vives, une vingtaine d’artisans fabriquent les bottes et chaussures à la main.

« L’atelier regroupe quatre métiers différents, précise Antoine. La formation est surtout assurée en interne, car ce sont des métiers rares. » Forcément la production reste limitée : entre 30 et 40 paires par jour, jusqu’à 12 000 paires par an, ainsi que quelques sacs et ceintures. Une paire de bottes atteint 350 €, et un supplément de 150 € si elles sont réalisées sur-mesure et dans la couleur de votre choix (plus de 100 coloris de cuir)…

« Notre patrimoine, c’est l’avenir »

Les élus du Gard sont venus couper le ruban du nouveau site d’Aigues-Vives. Photo Ph.-M.

Venus affirmer leur soutien, les élus n’ont pas tari d’éloges. Du maire d’Aigues-Vives, Jacky Rey à Jean Denat, conseiller régional, qui a souligné l’importance des PME familiales pour l’économie régionale, d’autant plus lorsqu’elles « mènent les savoir-faire ancestraux à la rencontre d’un marché moderne et international. »

Quant à la sénatrice du Gard Vivette Lopez, elle a d’abord cité Goethe : « Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. » Puis elle a évoqué la création d’une « route de l’excellence » (qui passerait bien sur par Aigues-Vives) dans le département pour mettre en valeur les produits du terroir : « Notre patrimoine, c’est l’avenir », a-t-elle insisté.

Une boutique citée par le New York Times

Un espace de vente avec vue sur les ateliers… Photo Ph.-M.

Avec vue sur les ateliers à travers une vaste baie vitrée, le site d’Aigues-Vives propose également un espace de vente vaste et lumineux, véritable show-room de la marque, où Dominique Lebas et son équipe sont à l’oeuvre. La Botte Gardiane a ouvert trois autres boutiques. Deux à Paris (rue Charonne, quartier Bastille -citée dans le New York Times– et dans le Marais), l’autre à Lyon. Quand les gardians sortent du troupeau, rien ne les arrête !

Dernière précision : on peut visiter les ateliers, mais uniquement sur rendez-vous, du lundi au samedi (*). Si ça vous botte…

Philippe MOURET

(*) L’atelier de fabrication : ZA Lallemande, RN113 – 30670 Aigues-Vives.  Pour les visites, réservation obligatoire par mail à info@labottegardiane.com