Politique : Mobilité, éducation, priorités de l’opposition régionale

A deux pas de l'Hôtel de Région de Montpellier, les élus de l'UEDC ont tenu leur conférence de rentrée... Photo D.-R.

Conférence de rentrée en deux temps pour l’opposition régionale de l’UEDC (Union de la droite et du centre) : d’abord à Toulouse, puis à Montpellier. Porte-parole des élus (26) dont il est le président de groupe, le Gardois Christophe Rivenq a défini les « deux dossiers qui nous paraissent aujourd’hui essentiels » : la mobilité et l’éducation…

Les TER, dans le commimateur de l’UEDC d’Occitanie. ©Common Wikimedia

Avec deux idées fortes : oui à la route et non à la fusion des deux rectorats ! « Sur la mobilité, le tout TER nous paraît dangereux » souligne M. Rivenq. Pour l’UEDC, les trains express régionaux (TER) sont insuffisants à désenclaver les territoires ruraux. La région Occitanie Pyrénées-Méditerranée consacre souligne l’UEDC « 360 M€ (soit 10% de son budget) pour le transport ferroviaire » contre « 0,8% du budget régional pour les investissements routiers, soit 29 M€… »

« On ira sur Mars avant de rejoindre Perpignan sur une LGV ! »

Et de regretter qu’une nouvelle convention ait été signée avec la SNCF pour six ans, sans attendre l’ouverture du transport de voyageurs à la concurrence en 2020 ou 2021… « C’était une bonne occasion de mettre la pression sur la SNCF. Seule la Bretagne a fait le même choix, les autres régions de France ont choisi d’attendre »… Mais, supposent les élus UEDC, « sans doute Carole Delga doit-elle contenter ses alliés écologistes et communistes et leurs préjugés archaïques… »

Pour Christophe Rivenq et ses amis, le réseau routier constitue à l’heure actuelle la seule solution pour « désenclaver les territoires ruraux et désengorger les itinéraires routiers saturés. » Le Région devrait, selon M. Rivenq « répondre aux besoins identifiés -routes, ouvrages d’art…- et aux attentes des habitants, en consacrant dès 2019, 200 M€ de crédits d’investissement chaque année aux travaux de maintenance, de sécurisation et de développement du réseau routier. »

Christophe Rivenq (2e à d.) et les élus UEDC font leur rentrée… Photo Ph.-M.

S’il se montre critique, le leader de l’UEDC affirme cependant la volonté de son groupe de se comporter en « opposition positive » au Conseil régional en se positionnant « point par point et non plus globalement… » Et de préciser : « Il y a des débats de fond. Des différences de sensibilité, mais on peut dépasser les clivages. »

Ainsi c’est vers l’Etat que l’élu régional tourne son regard au moment de dénoncer les lenteurs de l’Etat en ce qui concerne les projets de LGV (ligne à grande vitesse). « Cette fois c’est la faute du gouvernement » martèle Christophe Rivenq, « il est inconcevable de devoir attendre 20 ans pour relier Paris à Toulouse, quand Marseille, Lyon, Bordeaux le sont… sans oublier que la liaison avec Perpignan concerne une ligne à vocation européenne ! » Et de conclure : « On ira sur Mars avant de pouvoir aller à Perpignan sur une LGV ! »

1 région, 2 rectorats… 3 recteurs !?

250 000 étudiants en Occitnaie, de quoi justifier l’existence de deux rectorats. Photo D.-R.

L’autre grand dossier à l’ordre du jour de la rentrée des élus, c’est l’éducation et plus particulièrement la réforme de la carte académique. une fois encore, c’est le gouvernement qui est dans le collimateur. En effet, le « rapport Weil » préconise l’alignement des académies sur le périmètre des nouvelles grandes régions. « C’est une usine à gaz que propose le « rapport Weil » ! On parle d’économies, mais en lieu et place des deux recteurs en place aujourd’hui, on propose de mettre en place un « super recteur » et deux adjoints. Trois postes là où il n’y en a que deux actuellement… »

Maintenir le statu quo, c’est la solution affirme l’UEDC : « L’Occitanie représente la plus grande région académique de France (…) avec 550 000 élèves, 450 000 collégiens et lycéens, 250 000 étudiants et 40 000 enseignants. il faut maintenir les deux rectorats, comme le souhaite également la région Hauts-de-France. c’est au territoire de définir ses propres solutions, pas à la technocratie parisienne… »

« Occitanie au coeur »

Objectif avoué de l’UEDC, préparer l’alternance à la tête de la région Occitanie Pyrénées-Méditerranée. C’est dans ce but que depuis un an, les élus UEDC sillonnent les 13 départements à la rencontre des « forces vives » de la région, car « c’est en allant sur le terrain, avec un regard pragmatique, que des solutions innovantes  seront proposées »… On y parlera bien sur mobilité et éducation, mais de beaucoup d’autre sujets.

Sur la question des migrants, par exemple, « nous sommes très concernés en raison de notre importante façade maritime », soulignent les élus. « On ne peut pas rester indifférents face au drame humain, dit Joseph Francis. Mais c’est bien plus tôt qu’il faut agir (…) Il y a la politique que l’on subit et celle qui permet d’anticiper. Ce qu’i faut c’est qu’ils n’aient pas envie de partir de chez eux… » Il sera aussi question des aéroports régionaux et de la place de Montpellier qui « atteint les 2 millions de passagers » et qu’il « faut aider pour se hisser au niveau de Marseille, Toulouse ou Barcelone… »

Une rentrée studieuse, donc et ambitieuse…

Philippe MOURET