Davantage de bus, trains… : À Montpellier et Toulouse, les “RER métropolitains” lancés, mais financement à quai

Les dossiers des Services express régional métropolitain (Serm) d’Occitanie sont finalisés. Une fois leur statut validé par le gouvernement, ces projets à plus d’un milliard d’euros chacun devront être financés. Et personne ne sait comment. Le point avec Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie. Plus de deux millions de personnes sont concernées par l’amélioration des mobilités.

Après plusieurs mois de travail, le dossier est enfin “finalisé” ! Région Occitanie, département de l’Hérault, les métropoles de Montpellier et Nîmes, Sète Agglopôle, celles de Lunel et du Pays de l’Or ainsi que les communautés de communes du Grand Pic Saint-Loup, de la Vallée de l’Hérault, du Clermontais, du Lodévois et Larzac, le Pays Cœur d’Hérault et le syndicat mixte Hérault Transport ont finalisé, dans le cadre du 3e comité de pilotage du projet, le dossier de demande de statut du Service express régional métropolitain (Serm) Montpellier Méditerranée, avec le soutien de l’État.

Les études de préfiguration ont représenté un investissement de 609 200 € financés à 88,5 % par l’Etat et 11,5 % par les collectivités : 469 200 € pour la partie Société des grands projets financée à 100% par l’Etat et 140 000 € pour la part SNCF Réseau et SNCF Gares & Connexions financée à parité. Ce dossier va être remis au ministre chargé des Transports, en vue d’obtenir le statut de Serm.

Projet original reliant communes et agglomérations

Train, TER LIO, gare de Sète, transports en commun, Ph. Olivier SCHLAMA

En 2024, tous les acteurs politiques de l’Hérault avaient signé un engagement : candidater au Serm (Services express régionaux métropolitains). Il s’agit de renforcer et de densifier comme jamais tous les moyens de transports existants dans une partie de la région Occitanie : Montpellier, Sète, les Hauts-Cantons de l’Hérault et le Gard en favorisant les intermodalités. Un projet original puisqu’il relie les communes et des agglomérations. Plus d’un million de personnes sont concernées à Montpellier et plus de deux millions avec Toulouse. Un panel d’offres pour aussi inciter les habitants à moins utiliser la voiture. Reste le feu vert de l’État et, surtout, le financement loin de l’être.

Labellisé par l’État en juin 2024, le projet prévoit, d’ici 2024, déployé progressivement entre 2026 et 2034, le Serm Montpellier Méditerranée “améliorera dès les premières années l’offre de mobilité grâce au renforcement des infrastructures existantes, à l’augmentation des fréquences et à une meilleure interconnexion entre les différents modes de transport. Véritable outil de rééquilibrage territorial, il facilitera l’accès à l’emploi, aux services et aux équipements tout en accompagnant la transition écologique par le développement des mobilités durables”, affirme-t-on.

Faire sauter les bouchons dans ces villes les plus embouteillées de France

bouchons Toulouse
Toulouse, la troisième ville de France la plus embouteillée de France. Photo : DR.

À Toulouse comme à Montpellier, même combat : faire sauter les bouchons dans des agglomérations parmi les plus embouteillées de France. “Il n’y aura pas de guerre de territoire ; il nous faut les deux Serm, à Toulouse et Montpellier”, avait formulé Jean-Luc Gibelin. C’est le cas. Le vice-président chargé des mobilités à la Région Occitanie développe : “Il nous faut maintenant obtenir le statut de Serm pour Toulouse – sans doute d’ici la fin de l’été – et Montpellier dans la foulée. La capitale languedocienne pourra-t-elle jouir de ce statut avant la présidentielle ? Tous l’espèrent.

Avec quel argent ?

Sète, TGV, étang de Thau. Photo : Olivier SCHLAMA

“Ce serait dommage de perdre un an ou plus. En tout cas, ce n’est qu’avec ce statut que nous pouvons avoir la possibilité des cofinancements”, souligne Jean-Luc Gibelin. Et pour l’heure on ne sait pas comment seront financés ces deux “RER métropolitains”. Comment ? Plusieurs hypothèses sont à l’étude, comme une fiscalité sur les bureaux, par exemple. Car il en coûtera plus de 1 milliard d’euro (1,2 milliard) pour Montpellier. L’enveloppe nécessaire sera associée, à terme, à “37,2 M€ de surcoûts d’exploitation bruts par an pour atteindre l’offre de service pour l’ensemble des modes concernés. Les études et réalisations nécessaires à court terme pourront être financées en quasi-totalité dans le cadre du contrat de plan Etat-Région (CPER) en vigueur (2021-2027)”.

Pour Toulouse, le coût est supérieur : le Serm demande quelque 1,5 milliard d’euros. Ce n’est pas roupie de sansonnet. “Toulouse a davantage besoin d’infrastructures ferroviaires à réaliser”, confie encore Jean-Luc Gibelin. L’élu rappelle que ces dossiers sont “imbriquésdans le dossier de la future LGV, dont Dis-Leur vous a parlé ICI.

Davantage de trains sur Sète-Nîmes

Photo Région OCCITANIE

Ce Serm Montpellier vise à démultiplier les liaisons de transports collectifs dans ce territoire. Et répondre “au besoin croissant de mobilités”. Comment ? En s’appuyant sur les infrastructures ferroviaires et routières existantes pour déployer dès cette année jusqu’en 2034 une nouvelle offre basée sur une “étoile multimodale performante et fiable”.

Cela constituera à terme une meilleure offre ferroviaire renforcée sur l’axe Sète – Montpellier – Nîmes, en lien avec la mise en service de la ligne nouvelle Montpellier–Perpignan : à l’horizon 2034, une offre améliorée avec en moyenne quatre trains par heure et par sens de circulation en heure de pointe sur une amplitude horaire de 5 heures à 23 heures.

Des cars express et 44 pôles d’échanges

Mais aussi des services routiers express complémentaires du ferroviaire, avec cinq lignes de cars express et deux lignes de bus-tram, bénéficiant de voies dédiées, avec des fréquences de l’ordre de 10 à 15 minutes en période de pointe et 20 à 30 minutes en heures creuses.

Bus, Carole Delga, Jean-Luc Gibelin, Lio en 2022 Ph. Olivier SCHLAMA

Pour ce faire, il est envisagé la réalisation de 44 pôles d’échanges multimodaux et des correspondances entre modes (fer, route, réseaux urbains), afin de faciliter les parcours et d’améliorer l’accessibilité aux gares et aux services. Cela se traduit par “plus de 300 km de réseau vélo structurant et 130 km d’itinéraires de rabattement autour des pôles, en s’appuyant sur les projets de réseaux cyclables portés par les partenaires et sur une ambition de mutualisation de services vélo”.

A travers cette offre, il s’agit de faire face aux défis imposés par une forte croissance démographique que connait l’aire urbaine de Montpellier tout en s’adaptant aux contraintes liées au changement climatique. Des enjeux majeurs qui sont identifiés dans les stratégies du Sraddet Occitanie 2040 et du projet de grand territoire autour de Montpellier. Le projet du SERM Montpellier Méditerranée est l’une des solutions.

Le Serm de Montpellier en cohérence avec le contournement ouest

Maquette du futur contournement ouest de Montpellier. DR.

Ce Serm complètera d’autres projets structurants, comme celui de la Com (contournement ouest de Montpellier) et la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan. De quoi accroître les capacités ferroviaires des TER et permettre le plein déploiement des services de car express prévus. Lors des débats, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, a salué “l’union historique de l’ensemble des acteurs” ; il a aussi pu échangé à ce sujet avec Philippe Tabarot, ministre des Transports venu à Montpellier il y a quelques jours.

Le maire de Montpellier avait insisté, il y a deux ans, qu’un “titre de transport unique, simple, lisible, sur smartphone, sera indispensable.” Et d’ajouter : “Nous avons la plus grande croissance démographique du pays ; pendant longtemps ce sont les acteurs locaux qui ont financé les infrastructures. Alors, oui, la LGV, c’est enfin engagée mais si Macron veut répondre à l’urgence écologique et sociale, il faut que ce dossier soit retenu, labellisé et financé par l’État.” Il dépend aussi de l’avancement de la LGV censée libérer des sillons.

Olivier SCHLAMA

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