L’Occitanie en pointe : Pourquoi le swimrun est en vogue

ll n'y pas d'esprit de compétition. C'est un sport que l'on peut faire avec ses enfants, en mixte... Et puis surtout c'est un sport qui colle bien avec la volonté d'un retour à la nature", dit Thibault Lallemand, chargé de mission à la fédération de triathlon. Photos : DR.

Courir et nager en duo dans des sites exceptionnels, sans forcément un esprit de compétition : le swimrun taille sa route en Occitanie et servira de base à la création d’un championnat de France l’année prochaine. Dis-Leur vous explique le pourquoi de cet engouement alors que se profilent les épreuves aux Angles demain, Sète et la Grande-Motte dans l’Hérault début septembre, et Belfou, Carcassonne, dans l’Aude.

Le swimrun ce n’est pas seulement la discipline sportive idéale pour ses abdos-fessiers. C’est un sport qui sort des sentiers battus. Où l’on fait partie du paysage. C’est une sorte de raid, qui se fait en duo, plus ou moins difficile, où l’on doit traverser des criques et courir sur la terre ferme quand il le tracé l’exige.

Pour Thibault Lallemand, référent swimrun à la fédération de triathlon d’Occitanie, « c’est un sport dans l’air du temps. On est au plus près de la nature et souvent elle est belle et inaccessible autrement » : les organisateurs choisissent l’épreuve notamment en fonction de ces critères. Faisant se succéder plusieurs tronçons de nage en eau vive et de randonnée (à la différence du duathlon qui fait se succéder une seule épreuve de chaque). Pas besoin d’acheter un vélo – cher -comme au triathlon. Il a son acmé : le raid ultra d’Otillö : les athlètes hors normes relient à la nage 26 îles de l’archipel de Stockholm et 65 km à la course dans la nature vierge… L’équivalent indépassable et médiatique du triathlon d’Hawaï. En attendant, le calendrier régional des swimrun est bien fourni. Avec Les Angles demain dimanche, Belfou (Aude) le 1er septembre ; Sète le 7 septembre ; Carcassonne ; Villeneuve-de-la-Raho, la Grande-Motte.

Il n’y pas d’esprit de compétition. C’est un sport que l’on peut faire avec ses enfants, en mixte… Et puis surtout c’est un sport qui colle bien avec la volonté d’un retour à la nature. »

Thibault Lallemand, fédération de triathlon en Occitanie.

Né en Suède en 2002, le swimrun déferle en France en 2012 et s’y développe, notamment en Occitanie. On compte pas moins de 90 épreuves dont 60 labellisées, dont une dizaine dans la région. L’une des plus connues est celui de la côte Vermeille, qui s’organise fin juin. Affilié à la fédération de triathlon, le Swimrun est en train de se structurer. « L’Occitanie est la seule région en France à avoir un championnat régional sous forme de challenge où les athlètes font le compte de leurs points récoltés au gré des swimruns. C’est la seconde année. Il qui servira de base à la création d’un championnat de France l’année prochaine. » L’Occitanie, qui a de nombreux atouts, est bien placée mais pas forcément géographiquement. « Nous sommes en train d’évaluer chacune des épreuves existantes si elles respectent bien le cahier des charges ; les organisateurs postulent. Le lieu est encore en discussion », précise Thibault Lallemand, également chargé de mission à la fédération de triathlon.

Le spécialiste revient sur l’engouement de cette nouvelle discipline qui n’est pas – encore – très contrainte, « pas très réglementée ». Où « chaque organisateur organise l’épreuve, certes dans un cadre, mais un peu comme il le souhaite. Il n’y pas d’esprit de compétition. On n’a pas besoin d’être le plus performant. C’est un sport que l’on peut faire avec ses enfants, en mixte… Et puis surtout c’est un sport qui colle bien avec la volonté d’un retour à la nature. » Il le faut quand on doit fendre une eau qui peut être glaciale, composer avec les vagues…

Les meilleurs duos sont ceux qui ont le plus de cohésion. Parfois il faut savoir s’orienter en mer, à terre, piquer à doroite, à gauche à cause des courants,

« L’idée, poursuit-il, est avant tout de partager. Les épreuves sont très variables en distance et en difficulté. Il commence d’ailleurs en exister pour enfants. » Autre explication : « On y trouve des sensations comme nulle part ailleurs. A commencer par la découverte d’un environnement souvent exceptionnel, des sites souvent sauvages et en France et en Occitanie, on n’en manque pas. Comme celui de la côte Vermeille entre Cerbère et Argelès, 20 sections… Où moi j’ai mis 14 heures cette année. Après, il y a les conditions de course, parfois difficile qui forge des souvenirs communs », témoigne Thibault Lallemand. Être à l’écoute de soi et de l’autre, ça rend la course plus forte en émotion.

Car c’est un sport qui se pratique en duo, souvent encordé pour les raids. « Les meilleurs duos ne sont pas ceux qui se composent champion en course à pied et en natation. Sinon, l’un peut avoir à supporter la charge de l’autre. Mais ceux qui ont le plus de cohésion. Parfois il faut savoir s’orienter en mer, à terre, piquer à doroite, à gauche à cause des courants, etc. »

Quelques subterfuges…

Il faut faire attention de ne pas glisser sur une pierre moussue ; avoir de la jugeotte, faire preuve d’agilité voire de débrouillardise. « Certains swimruns ressemblent à une course d’orientation où l’on ne connaît que les points de départ et d’arrivée ! » C’est pour cela que le swimrun s’autorise quelques subterfuges : des plaquettes attachées aux mains, préciseuses pour mieux avancer et pour compenser le port de chaussures de trail qui s’alourdissent pendant la nage et un flotteur entre les jambes (pullboy) pour les mêmes raisons. Et une combinaison. Un barda qui tranche avec les triathlètes moulés impeccablement dans leur fine « combi »

Finalement, il n’y a rien de plus simple : tu nages, tu cours, tu nages, tu cours…

Olivier SCHLAMA

Sur le même thème dans Dis-Leur ! :