Après volley et rugby sur plage : Le water-polo veut sortir la tête de l’eau

Photo : Jonathan Cohen.

Pareillement au beach volley, au beach rugby ou au sauvetage, la Fédération de natation invente son Summer tour de beach-polo, notamment à la Grande-Motte et à Sète. À l’heure où cette proposition est en démonstration aux Championnats du Monde de natation en Corée, le but est de dénicher de futurs licenciés et, pourquoi pas, s’imposer à plus long terme dans le paysage y compris au travers d’un possible championnat d’été en Occitanie.

Il n’y a pas que le Tour de France. Même si la Grande boucle s’installe bientôt en Occitanie, un autre sport, bien plus confidentiel, veut émerger : le beach polo. Du water polo en extérieur. L’été. Quand la masse des vacanciers se brûle les pieds sur le sable et pratique sans le savoir le water polo, dès lors qu’ils se lancent un ballon dans l’eau  en famille…

La fédération de natation a inventé ce concept cette année qui sera accessible gratuitement et vise le plus grand nombre. À Mulhouse, Angers et elle compte surtout sur la Méditerranée pour faire son beurre : la tournée fait étape à Six-Four, en Paca, puis à la Grande-Motte et à Sète (1). Quoi de mieux que ces villes qui ont des clubs et des infrastructures de haut niveau pour lancer ce nouveau concept qui coûte peu d’argent et peu rapporter gros ?

Nous voulons doubler le nombre de nos 7 000 licenciés en water-polo »

Sarah Mehammedia
Sarah Mehammedia. Photo FFN

« Nous avons décidé d’organiser cette tournée de sport d’eau l’été dans des lieux où la discipline a déjà un public l’hiver autour de ses piscines et des sports professionnels où il y a une histoire. Là dans cette tournée, le public est différent. Nous, ça nous permet d’élargir la cible des pratiquants », explique Sarah Mehammedia, chargée de promotion et de développement du water-polo. Car le water polo est un sport mineur qui voudrait toucher davantage de publics, dont seront peut-être les « pépites de demain ».

Pour l’heure, le water-polo, « c’est un effectif national maigre, de l’ordre de 5 000 à 7 000 licenciés. L’Équipe de France de water-polo fait de bons résultats. Les clubs sont investis. L’idée c’est de multiplier ce chiffre par deux en quelques années », révèle Sarah Mehammedia. Un peu sur le modèle de la nage en eau libre qui effectue une vraie percée en France. « Sans le savoir, les futurs jeunes pratiquants qui auront été séduits par cette tournée demanderont à leurs parents de les inscrire au club de water polo de leur commune », précise-t-elle.

Les clubs de water-polo ont fait de gros efforts, notamment de marketing »

Car, finalement, tout le monde, pendant ses vacances, joue avec un ballon dans l’eau qui est un bon début pour pratiquer le « water », sport ludique, agréable, plaisant. « On aimerait toucher deux cents, trois cents voire trois cent cinquante enfants à chaque journée », confie Sarah Mehammedia.Certes, à Mulhouse, où la tournée a débuté, on a plafonné à 130 gamins mais ce n’est pas représentatif. C’était encourageant surtout au regard d’une météo fraîche qui n’a pas encouragé à se jeter à l’eau. La fédération compte sur les grosses étapes en Méditerranée. Cette tournée vient à point après que « les clubs de water polo ont fait de gros efforts, notamment de marketing ».

L’équipe de France est en finale du tournoi de water-polo à Gwanju, en Corée. Photo : Deeplumedia.

Cela fait plusieurs années que ce beau projet est dans les tuyaux. « On n’a pu lancer cette tournée grâce à l’embauche de deux personnes, un alternant et moi-même. Notre budget est de 55 000 euros pour toute la tournée qu’il a fallu trouver au moment où le budget global du water polo n’est pas sans limites voire plutôt à la baisse et où nous eu à faire face à des dépenses supplémentaires pour participer à des championnats qui n’existaient pas, comme le championnat d’Europe des U 15 ; on est bientôt dans une année olympique, etc. Et puis, la Fédération de natation compte cinq disciplines et le water-polo est le seul sport collectif. On s’appuie sur cette tournée sur une dizaine de bénévoles dans chaque ville. Et ce n’est pas très compliqué d’installer un terrain. Nous sommes en partenariat avec une grande marque spécialisée. Le terrain et les buts tiennent dans un grand sac de sport. »

Un championnat d’été de water-polo en Occitanie ?

Exhibitions, matches, tournois… La tournée s’organise sur place en fonction des publics. « S’il y a des joueurs qui ont déjà pratiqué ou pas, on organise des tournois ou pas. » Ailleurs en Europe, certains pays sont en avance : le Monténégro, par exemple, organise un championnat d’été de water polo ; en Allemagne, de nombreux lacs sont mis à disposition de la discipline. En France, on en est aux balbutiements.

L’entraineur de l’équipe pro de water-polo de Sète, Olivier Chandieu, dit justement : « Notre club, Sète Natation, a proposé le site de la ZAM (zone d’activités municipales). Nous aidons la fédération à organiser sur trois jours, du vendredi 26 au dimanche 28 juillet, une étape de ce Summer Tour. Nous profitons de cet événement pour organiser le samedi 27 juillet, à partir de 15 heures, un tournoi de beach-polo ouvert à tous, inscription gratuite, pour de notre côté développer le concept du beach-polo en Occitanie. Et, pourquoi pas, créer un championnat d’été dans notre région… » « C’est en effet une possibilité. Ce sera peut-être une nouvelle discipline…? », confirme en substance Sarah Mehammedia.

Olivier SCHLAMA

(1) LE PROGRAMME DU WATER-POLO SUMMER TOUR
12-14 juillet – Mulhouse
16-18 juillet – Angers
20-21 juillet – Six-Fours
23-24 juillet – Montpellier
26- 28 juillet – Sète

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