Selon l’étude de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, les sports de salle ont le vent en poupe, le volley en particulier (+ 66 % en dix ans !), sport majeur dans la région. Exemple avec l’Arago de Sète. Les sports de raquette, eux, connaissent une embellie.
Il y a match ! Les dernières statistiques portant sur les licences des fédérations sportives, révélées par l’observatoire de l’Insep (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire), sont éclairantes. Elles mettent notamment en relief la dynamique de certaines disciplines de sports en salle. Et de sports de raquettes qui connaissent un regain.
Globalement, de 2016 à 2025, le nombre de licences délivrées par les 119 fédérations sportives agréées est passé de 16,2 à 17,4 millions, soit une augmentation de 7 %, alors que dans le même temps, la population française augmentait de 3 %.
Licences féminines : progression moins rapide
Contrairement à ces dernières années, les licences féminines, elles, progressent moins vite que les masculines. Selon des estimations provisoires, le nombre de licences annuelles serait stable entre 2025 et 2026 (+ 0,4 %). A noter la bonne performance du triathlon, passant de 59 974 licenciés en 2020 à plus de 70 000 cinq ans plus tard.
Volley : 165 790 licenciés contre 106 842 en 2020
En France, le volley passe ainsi de 106 842 licences en 2020 à 165 790 en 2025 !) ; le basket (2,3 millions d’adhérents en 2025), hand et badminton (de 189 185 à 239 614 en 2025, soit plus de 29 % en dix ans) sont de la partie. Sans oublier les 50 000 adeptes du futsal, intégrés à la FFF, et qui se pratique en intérieur. Leur point commun : ils doivent partager le plus souvent des gymnases qui, par définition, ne sont pas extensibles, ce qui est source possible de conflits d’usages et de tensions sur les créneaux.
Conscients des problèmes de cohabitation à gérer, le ministère des Sports recommande de limiter les disciplines sportives dans une même installation. Suggérant aussi lors de la construction d’un gymnase de distinguer sports de filet (badminton, tennis, volley-ball) et de buts (basket-ball, handball, futsal, hockey).
Partage de gymnases : les fédés élaborent des solutions
C’est pour cela que des fédés cherchent des solutions. C’est le cas de la FFF qui, depuis plusieurs années, propose dans le cadre d’un fonds de soutien un financement pour la construction de terrains extérieurs. La Fédé de badminton n’est pas en reste et propose elle aussi un Pacte (plan d’aide à la conquête et à la transformation des équipements). Le basket ? comme au bon vieux temps, elle mise sur la construction de terrains en extérieur, notamment pour le 3X3, elle aussi. Autant de propositions pour s’émanciper du partage parfois difficile des gymnases.
Avec une augmentation de 66 % en dix ans, la Fédération française de volley-ball (FFVB) est celle qui a enregistré la hausse la plus forte de ses licenciés en 2025, passant de quelque 100 000 adhésions en 2016 à 166 000 en 2025. Parallèlement, les fédérations de basket-ball (FFBB) et de handball (FFHB), qui comptaient déjà plus d’un demi-million de licenciés chacune il y a dix ans, ont vu leurs effectifs grimper respectivement de 18 % et 16 %. En 2025, la FFBB dénombrait 630 000 licenciés et la FFHB 602 000.
L’Arago sort de deux années compliquées

Prenons l’exemple de l’Arago de Sète, club mythique, qui fête cette année les 50 ans consécutifs au plus haut niveau et 60 ans d’existence qui place le club sur le podium en France avec le PSG et l’Asvel pour le basket.
Le club, qui a accueilli l’Equipe de France B aux Jeux méditerranéens qu’elle a remportés, vient d’en terminer avec “deux saisons compliquées où les matches ont dû être délocalisés”, rappelle Stéphane Tur, directeur administratif, le temps que la salle du Barrou soit agrandie et améliorée. Il y a eu des pertes de licenciés, notamment amateurs, parce que les conditions d’entrainement n’y étaient sans doute pas optimales : les salles annexes qui ont été utilisées pendant ce temps-là étant plus exiguës.
“Progression notable par rapport à la saison dernière déjà”
Mais, cette année, les inscriptions sont reparties de plus belle. “Sur la saison 2023 2024, confie Stéphane Tur, on a dénombré 722 adhérents ; la saison suivante 2024-2025, qui correspond à la première année où nous sommes partis jouer ailleurs {à Béziers, Ndlr) à l’extérieur en raison des travaux : 489. Et, l’année dernière, saison 2025-2026 : 332 licences. Et cette année sur le début de saison, nous en sommes à 512, ce qui a correspond à une progression notable par rapport à la saison dernière déjà, et qui nous repositionne sur les chiffres prévisionnels de la saison 2023/2024, voire plus.”
Le professionnalisme ajoute à la dynamique de ce sport
L’accent a été mis comme à l’accoutumée sur l’école de volley, où certains joueurs du centre de formation viennent prêter main forte ; sur les féminines mais aussi sur la N3, la Régionale, etc. De sorte que des volleyeurs de tous les niveaux peuvent s’y exprimer. Le club, qui possède et c’est assez rare, un centre d’hébergement pour ses jeunes pousses prometteuses, réfléchit à se transformer d’association en SAS Pro pour l’équipe professionnelle. Tout ce professionnalisme ajoute à la dynamique de ce sport qui a le vent en poupe. Et attire les jeunes. “De notre centre de formation agréé, qui existe depuis dix ans, sont sortis 33 jeunes joueurs pro dont six sétois.” Et, ici peut-être davantage qu’ailleurs, c’est une terre de volley avec, assure-t-il, “2 800 licenciés”. Un écosystème riche et porteur.
Les sports de raquettes de nouveau en forte croissance
Accessoirement, c’est dans ce contexte que les sports de raquette progressent à nouveau fortement en 2025, tandis que les fédérations scolaires accusent la baisse de la natalité. Le tennis enregistre 1,228 millions de passionnés, le “bad” a aussi progressé de 29 % en dix ans.
Le tennis de table (+21,8 %) et dans une moindre mesure le tennis (+ 5 %) illustrent ce regain pour les sports de raquettes (au total, + 8,2 % sur un an, +25,2 % en six ans), une dynamique déjà entamée avant les Jeux. Ces fédérations présentent plus de licences adultes (la moitié des licences sont détenues par des personnes de 24 ans ou plus), témoignant du développement de pratiques aussi bien en compétition que dans le champ du loisir.
1,5 million de licences en Occitanie et des clubs inquiets

Cette hausse des licences annuelles deux ans après les Jeux de Paris 2024 est comparable à celle observée suite aux dernières olympiades (hors Tokyo 2021 affectés par la crise sanitaire, + 3,3 % après Athènes 2004, + 1,3 % après Pékin 2008, + 1,7 % après Londres 2012, +0,9 % après Rio 2016). Et elle fait suite à une hausse record (hors sortie de crise sanitaire entre 2021 et 2023) de + 3,8 % entre 2023 et 2024 : les Jeux à domicile ont été stimulants. Mais tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, comme philosophait voltaire.
En Occitanie, comme Dis-Leur vous l’expliquait ICI, 1,5 millions de licences et des clubs inquiets pour leurs aides… Un nouveau portail numérique permet de dresser le portrait statistique des communes, départements et régions. De quoi mieux orienter les politiques publiques. Une vraie dynamique était à l’oeuvre jusqu’en 2023. Désormais, à cause de la crise, les aides s’amenuisent…
Olivier SCHLAMA
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