L’appel de Bram : Dans l’Aude, Carole Delga réunit “la gauche du réel, populaire et vaillante”

Carole Delga aux Rencontres de la gauche, Bram, le 1er octobre 2023. Photo : Olivier SCHLAMA

La présidente PS de la Région Occitanie y a rassemblé ce week-end ses soutiens pour défendre l’idée d’une gauche à même de tracer son chemin entre la soi-disant droitisation de la société et l’extrême-droite. “Une gauche qui veut améliorer la vie des gens”.

C’est un dimanche à la campagne avec ateliers thématiques et repas champêtre sous des tilleuls centenaires. C’est un dimanche de campagne avec un menu politique qui annonce des campagnes électorales à venir. Où Carole Delga ne veut pas que la gauche, la nouvelle gauche plurielle qu’elle appelle de ses voeux, fasse de la figuration. “Il n’y a que les seconds tours qui m’intéressent et ceux au-dessus de 50 %”, formule Carole Delga qui avait réuni autour d’elle, désireuse depuis 2021 de reconstruire la gauche, hors Nupes, tous ses soutiens. Et à qui l’on prête des ambitions présidentielles.

“Un appel à croire en vous, à croire en nous”

Carole Delga lors de son discours, à Bram, aux Rencontres de la gauche, le 1er octobre 2023. Ph. DR

Pour cela, elle défend une autre voie que celle de l’extrême-droite “qui s’engouffre dans la brèche béante des injustices et des inégalités” et autre que celle de la soi-disant droitisation de la société. Une gauche sans la Nupes avec laquelle elle est en rupture, et dont elle n’apprécie pas la méthode. Carole Delga a lancé un appel : “Un appel à croire en vous, à croire en nous (…) à un projet d’une France plus juste. Un appel au réveil de l’âme française.” et pour que “L’Occitanie soit à l’initiative de l’espoir, pour la France.” Comment construire une majorité demain ? “Il faut faire ; les partis suivront…”

Pour changer la vie, la gauche doit au préalable apaiser, rassurer, protéger et rassembler et non attiser le feu de la colère”

Les Rencontres de la Gauche, à Bram, le 1er octobre 2023. Photo : Olivier SCHLAMA

C’est la voie “d’une gauche du réel, populaire, une gauche vaillante”, a-t-elle répété. “Vaillant, a-t-elle défini lors d’un point presse, c’est un mot très utilisé chez nous, dans le Sud, ça veut dire travailleur, qui met du coeur à l’ouvrage… C’est la gauche avec un cadre républicain, avec aucune entrave ni aucune entaille au pacte républicain ; au respect de toutes les religions mais aussi au fait de croire ou de ne pas croire ; la gauche qui ne renonce pas ; qui lutte contre les inégalités ; qui fait en sorte que le soin ne se dégrade pas, ne s’éloigne pas et une gauche qui aime l’entreprise : la gauche qui veut mieux partager les richesses et pour cela il faut les créer… Ce n’est pas une gauche du communautarisme ni de la décroissance.”

En suivant, Carole Delga a souligné un peu plus tard dans son discours : “Pour changer la vie, la gauche doit au préalable apaiser, rassurer, protéger et rassembler et non attiser le feu de la colère.” Et : “On le voit, et l’histoire le démontre, quand la gauche choisit le camp de l’irresponsabilité, c’est le peuple qui trinque.” Une gauche du réel qui doit “avoir de la clarté dans ses messages.” Sur l’immigration. Le nucléaire : “En sortir serait irréaliste ; nous avons pris un tel retard dans les énergies renouvelables...  Bref, sur tous les grands sujets de société. “Pour que les gens croient au bonheur.”

“Pour construire la gauche et l’avenir de demain” 

Quelque 2 500 personnes, des “députés, maires, mais aussi des citoyens tout simplement se sont retrouvés autour de tables rondes” sous de grands chapiteaux blancs “assez longues pour que les intervenants puissent échanger avec le public” dans le joli parc arboré des Essarts, à Bram, village de 3 500 habitants, dans l’Aude. C’est là que, pour la 3e édition, se sont déroulées les Rencontres de la Gauche, rendez-vous désormais annuel de Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie et de ses alliés – hors Nupes – pour “discuter entre nous”. L’objet : “Se rassembler. Travailler. Écouter les différents points de vue et être force de proposition”, en vue notamment de la présidentielle de 2027. “Pour construire la gauche et l’avenir de demain.” 

Carole Delga et ses soutiens, aux Rencontres de la gauche, à Bram, le 1er octobre 2023. Ph. DR.

Ce dimanche à la campagne, à la fois bucolique et studieux, sous-titré Aller à l’idéal et comprendre le réel, comme le disait Jaurès, était organisé par sa majorité. Tout un programme – et peut-être un strapontin vers plus haut – dont on pouvait reconstituer les thèmes-clés d’une campagne à venir en suivant les cinq ateliers, sur le travail, le climat, l’école, l’immigration ou l’Europe. Et puis il y eut l’Agora de la Gauche avec “des idées communes pour changer la vie”, (lire ci-dessous). Avec de grands noms ou de jeunes pousses, proclamant à l’envi, sur le modèle de Jaurès leur vision souveraine de la République.

Taxe sur les superprofits

Dans son discours, Carole Delga a posé : “Ce rendez-vous de Bram illustre ce principal intangible pour nous que le rôle premier de la politique est de rassembler et de changer la vie des gens en partant du réel.” Celle qui a écrit un livre sur Jean Jaurès ne s’est pas privée de citer cette grande figure du socialisme qui a tracé un chemin : “Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel.” Mais le chemin est compliqué et difficile tant les Français trimbalent “beaucoup d’angoisse”.

“Les gens ont un sentiment d’abandon (…) ils se sentent relégués, déclassés”, avait-elle précisé lors de sa conférence de presse. Ajoutant : “Dix millions de pauvres, un Français sur deux qui vit à découvert ; un sur trois qui déclare ne plus faire trois repas par jour…” Elle ajouta : “On ne peut pas continuer avec les superprofits ; c’est l’idée d’une taxe que je défends.” Comme on ne peut pas continuer “avec 350 € à 400 € par mois d’essence pour certains en zone rurale pour aller travailler soit un tiers du salaire…” 

Chicayas politiciennes et guerre de chapelles mortifères se sont tus l’espace d’un week-end

Entre les tables rondes, on a croisé un Boris Vallaud, député des Landes et président du groupe socialiste à l’Assemblée, qui, concerné, devisait avec un citoyen ; un Sébastien Vincini, président du département de la Haute-Garonne, enclin à un espéré “un rapprochement” avec les tenants de la ligne incarnée par Nicolas Mayer-Rossignol, premier secrétaire national délégué du PS et maire de Rouen, qu’avait soutenu Carole Delga. Chicayas politiciennes et guerres de chapelle mortifères se sont tus l’espace d’un week-end à la campagne.

“Quand on fait des barbecues avec des saucisses-merguez, c’est moins cher que du rôti de veau ou du boeuf…”

Les socialistes Sébastien Vincini, président du département de Haute-Garonne, et Nicolas Mayer-Rossignol, secrétaire national délégué du PS. Ph. Olivier SCHLAMA

On y a aussi croisé aussi la souriante Valérie Rabault, députée PS du Tarn-et-Garonne ; Ian Brossat, porte-parole du PCF et néo-sénateur ; Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche (PRG), très en verve.

“Il n’est pas vrai que la gauche a partout reculé dans le monde rural, notamment dans certains territoires d’Occitanie et de Nouvelle Aquitaine”, a rectifié Carole Delga qui se définit comme une “battante”. Pour amplifier cela, il faut aussi une gauche qui “ne donne pas de leçon ; qui ne soit pas hostile ; qui n’utilise pas la violence dans les propos…” Revenant à la polémique sur le barbecue entre Sandrine Rousseau et Fabien Roussel, sur ce dernier Carole Delga a renchéri : “Quand on fait des barbecues avec des saucisses-merguez, c’est moins cher que du rôti de veau ou du boeuf…” C’est comme pour la chasse, a-t-elle aussi défendu, “ce sont les dernier lieux de sociabilité en zone rurale…”

“L’Occitanie pèse et pèse à gauche”

Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée nationale. Ph. Olivier SCHLAMA

Avant le cassoulet qu’allaient déguster des centaines de convives attablés sur des nappes blanches, Carole Delga a expliqué que le choix de Bram s’était effectué parce que “nous voulions un site au centre de l’Occitanie, en zone rurale, sans oublier les classes populaires ; on voulait s’ancrer dans la ruralité ; et puis, nous portons une grande attention à l’Aude où le vote de l’extrême-droite est très élevé. Je ne voulais pas les faire dans le Comminges : on m’aurait fait entendre une petite musique : “Elle organise ça chez elle…” 2027 et la présidentielle l’intéresse-t-elle ? Elle répond : “L’Occitanie pèse et pèse à gauche.” Après avoir répondu l’an dernier par une formule parlante : “Je n’ai pas d’ambition pour moi, j’ai une ambition pour mon pays.”

L’Occitanie-laboratoire pèse aussi par ses choix politiques forts avec le train à 1 € ; la gratuité du TER pour les jeunes ; livres et ordinateurs gratuits pour les lycéens… Dans son discours, Carole Delga a dressé son propre autoportrait : “Enfant des Pyrénées, élevée par sa grand-mère et sa mère ; dans la joie des bonheurs simples (…) ne jamais lâcher ; ne jamais lécher les pompes de qui que ce soit (…) Une jeune martraise, commingeoise, que l’école de la République a prise par la main (…)”

“Je travaille à beaucoup de propositions qui devront être portées au niveau national”

Carole Delga. Ph. Olivier SCHLAMA

La présidente de région ne veut pas s’incliner devant “la reproduction des déterminismes sociaux”, évoquant ce qu’elle a initié dans sa région-laboratoire : “La rentrée la moins chère de France…” Elle “travaille à beaucoup de propositions qui devront être portées au niveau national” : la semaine de quatre jours et demi ; des vacances d’été “moins longues avec des vacances intermédiaires mieux équilibrées”, etc. De la refonte de la formation des enseignants à la mixité scolaire que “Sébastien Vincini, président de la Haute-Garonne, expérimente avec succès dans ses collèges”.

Laïcité, bataille contre le réchauffement climatique (avec l’ambition d’être la première région à énergie positive d’Europe) ; éolien flottant ; solaire… Carole Delga croit à “une écologie positive (…) pas une décroissance punitive”. Elle réfléchit “avec Fabien Roussel”, nous apprend-elle, “à plusieurs solutions pour le marché de gros de l’électricité” ; elle salue la proposition de la députée européenne Karima Delli de “ticket climat” sur le modèle allemand.  Cette dernière a refusé de venir à Bram.

Majorité “solide” au conseil régional

Le repas champêtre, Bram, le 1er octobre 2023. Ph. O.SC.

“Je n’accepte pas le principe de la défense de l’autoroute A 69”, a-t-elle justifié dans un SMS que la présidente de Région a révélé. Dommage, a regretté Carole Delga. “Je lui ai répondu : Viens ! Avec ta sensibilité”.

La présidente de Région en a profité pour évoquer la “solidité” de sa majorité, dont certains membres sont défavorables à cette autoroute. “L’A 69, c’est la moins mauvaise des solutions. Martin Malvy, l’ex-président de la région Midi-Pyrénées pensait la même chose. Elle aurait dû être faite il y a 20 ans…” Prenant exemple sur Foix qui s’est développée grâce à l’autoroute et, a contrario, de la vallée du Couserans, en Ariège, qui “connaît, elle des difficultés parce qu’enclavée.” 

Sur le plan purement politique, Carole Delga a expliqué : “La majorité au conseil régional, a signé avec clarté un contrat de confiance ; les écologistes aussi – dont certains commencent à être réintégrés dans leur parti. La question de l’A69 est réglée : la majorité de la majorité la soutient”, a-t-elle formulé. Les écolos ? Pas de souci avec eux, a-t-elle réaffirmé : “La LGV, ils sont OK, sauf pour Toulouse-Bordeaux ; le financement de la restauration des églises ? Le PCF est contre. Et grâce à ce contrat de confiance, personne ne se sent trahi. C’est comme ça que la majorité dure.” C’était un dimanche à la campagne.

Olivier SCHLAMA

Premier canevas de son engagement

C’est un premier document, “fruit d’une histoire, de rencontres et d’un travail quotidien”, a expliqué Carole Delga dans un document.

Carole Delga, “Ce que je défends” :

1/ Les valeurs de la République : une et indivisible, démocratique, sociale, laïque… la République doit rester notre bien commun et notre idéal. Elle est la condition pour assurer la cohésion de la nation, notre liberté et le rayonnement de nos idées de progrès dans le monde.

Carole Delga, à Bram (Aude). Photo : Olivier SCHLAMA

2/ Une société inclusive : une société qui accepte toutes les différences, qui garantit une place à chacun, quel que soit son origine sociale, son lieu de naissance ou sa couleur de peau. Cela passe notamment par une révolution éducative, une remise à niveau complète de notre système de santé, un accès de nouveau facilité à la culture, piliers sans lesquels il n’y a pas de citoyenneté pleine et entière.

3/ Le rétablissement de l’autorité : on ne retrouvera pas une société de la confiance sans une société du respect et d’une justice régénérée, où chacun connait ses droits et ses devoirs. Les lois de la République, doivent assurer protection et sécurité pour tous, dans le quotidien et les aléas du parcours de vie.

4/ Un nouveau contrat social : l’égalité est la valeur cardinale de tout projet d’émancipation et de liberté. La justice sociale passe par une véritable répartition des richesses, régie par la progressivité de l’impôt ; des services publics au plus près des citoyens de nouveau opérationnels pour faciliter la vie des gens ; un aménagement du territoire compléte- ment repensé, notamment à l’aune du réchauffement climatique.

5/ Un futur désirable qui concilie progrès et écologie : face à l’urgence climatique, nous devons bâtir un modèle de développement juste et durable dont l’objectif premier est de rassembler. De l’entreprise aux citoyens, de l’Etat au plus petit village, l’innovation et l’expéri- mentation jouent un rôle clé, dans le cadre d’une planification écologique partagée et génératrice de progrès social. Cela implique des investissements massifs, au niveau du pays et de l’Europe, notamment pour les transports, l’habitats durables, les énergies vertes, une alimentation locale et saine.

6/ Une nouvelle ère de mobilité(s) : nous voulons élargir l’horizon des Français au quotidien, les relier à nouveau, en freinant en actes une hypermétro- polisation dangereuse à court terme. Mobilité dans le travail pour anticiper ses évolutions avec la formation tout au long de la vie et la prise en compte de la pénibilité des métiers au niveau des salaires et des retraites tout comme l’égalité salariale femmes-hommes ; mobilité aussi au quotidien avec un nouveau maillage des transports collectifs, notamment ferroviaires, qui deviendront progressivement gratuits.

7/ Une nouvelle vision du travail : il doit retrouver sens et créativité afin de permettre l’acquisition de nouveaux droits: par la garantie d’un meilleur équilibre de nos vies, la nécessaire prise en compte des impacts sociaux et environnementaux et le développement continu des compétences de chacun tout au long de son parcours professionnel.

8/ Une organisation du pays plus décentralisée : une véritable République des territoires, fondée sur la participation citoyenne, avec une meilleure répartition des rôles entre un Etat stratège, qui se concentre sur ses missions régaliennes, et des collectivités de proximité investies de nouvelles compétences pour gagner en écoute, efficacité, adaptabilité.

9/ Une souveraineté réaffirmée : sanitaire, alimentation, énergie, industrie, numérique… il s’agit de reprendre notre destin en main, par des actes forts, sur ces secteurs déterminants pour l’emploi et l’indépendance de notre pays. La notion “d’intérêt public” doit être mise en place dans certaines filières stratégiques où le profit immédiat ne doit plus être la règle.

10/ Une Europe plus forte : notre union doit désormais construire un chemin de progrès entre le libéralisme égoïste et les régimes autoritaires, par une gouver- nance renouvelée. L’Europe doit se réinventer : être la voix de l’équilibre face aux désordres du monde, être la voie d’un nouveau cap démocratique et de progrès.

“Ce que je combats”

11/ L’impuissance publique : cet immobilisme qui impacte la qualité de vie de nos concitoyens, faute d’une vision et de choix. Car avec le « en même temps », avec le poids de la norme et de la technocratie, la puissance publique s’est muée en impuissance publique qui éloigne les citoyens de l’action publique.

12/ Le déterminisme social et territorial : cette véritable frontière mentale, financière, culturelle, patrimoniale qui ne cesse de fracturer notre pays, empêche des dizaines de millions de familles d’espérer bâtir un avenir meilleur pour eux et pour les enfants. Combattre ce sentiment de fatalité doit être le rôle premier de la politique.

13/ La déconnexion du pouvoir et le court-termisme : la centralisation à outrance des prises de décision, la verticalité brutale, sans prendre en compte la réalité et la diversité des situations, étouffe les énergies et notre liberté au niveau des territoires, des citoyens et des entreprises. Cette façon de faire de la politique, à coups de sondages, par opportunisme, qui préserve au final les privilèges de quelques-uns plutôt que d’agir pour l’intérêt général.

14/ La décroissance : ce mot-tiroir qui aujourd’hui divise la population et frappe d’abord, les plus fragiles et les plus modestes dans leur quotidien. Il faut plutôt combattre, avec eux, la surconsommation qui entraîne tant de gaspillages, la surconsommation de nos terres agricoles qui empêchent toute relocalisation de productions, la marchandisation des rapports humains.

15/ L’argent roi qui salit tout : la loi du plus fort, le règne de l’argent facile, la règle comptable toujours mis en avant face au principe de solidarité et d’égalité, qui préfère voir des consommateurs plutôt que des citoyens responsables.

16/ Le populisme et la démagogie : le peuple a besoin d’être éclairé, d’être respecté et écouté. Le débat politique doit être digne et rejeter celles et tous ceux qui affaiblissent la France quotidiennement pour espérer en tirer profit électoralement, celles et tous ceux qui abaissent l’histoire et la culture de notre pays au nom d’idéologies qui veulent en finir avec la République et la démocratie.

17/ L’extrême-droite : parce que la France n’a pas besoin de plus de divisions, mais de plus d’unité. Notre société doit être inflexible avec le racisme, l’antisémitisme, les discriminations et la xénophobie.

18/ Les ennemis de la laïcité et le risque du repli communautaire : il ne faut aucune compromission, aucune faiblesse face à ceux qui s’en prennent à ce principe fondateur de notre vie commune. La loi est au-dessus de la foi.

19/ La mondialisation débridée : le laisser-faire au niveau international abime le travail, nos vies, l’environnement, la démocratie et dresse les peuples les uns contre les autres. Il faut réorganiser le commerce mondial et le rapport Nord/Sud pour retrouver le chemin d’une véritable coopération et d’une prospérité partagée pour répondre aux défis du climat, de la pauvreté et de la paix.

20/ L’indifférence et l’inhumanité : notre monde est sans frontières depuis son origine, l’immigration naturelle. Qu’elle soit économique ou politique, la migration ne doit plus être un sujet tabou générant toutes les peurs et les haines. Elle doit être mieux régulée et réfléchie dans un cadre de respect mutuel entre les pays, dans le cadre de l’Etat de droit, en considérant d’abord ce que nous sommes : des êtres humains, libres et égaux en droits.