Histoire : La Faculté de médecine de Montpellier fête ses 800 ans

Le musee d'anatomie de la faculté de Montpellier Photo ©miss buffet froid

Le 17 août prochain, verra la commémoration du jour anniversaire précis de sa fondation. Si la Faculté de Médecine de l’Université de Montpellier est définitivement entrée par ses approches pédagogiques et son nouvel édifice dans le troisième millénaire, le dévoilement d’une plaque au cœur du bâtiment historique, rappellera que cette projection dans l’avenir repose sur un long passé d’innovation et perpétuera une tradition bien ancrée.

Cette plaque commémorative, érigée dans la cour d’honneur, permettra facilement au visiteur de comprendre l’origine et la place singulière qu’occupe la Faculté. Rédigée en français (avec une traduction en latin et en anglais), l’inscription rappellera les statuts fondateurs de la Faculté de Médecine de Montpellier, sa genèse si particulière : le 17 août 1220, à Montpellier, l’enseignement de la médecine était officiellement reconnu et promu pour la première fois au monde…

Les premiers statuts de l’universitas medicorum

Le bâtiment historique de la Faculté de Médeine, au coeur de Montpellier. Photo ©David RICHARD

Plusieurs plaques déjà présentes dans son enceinte viennent en effet retracer son histoire : elles honorent ses bienfaiteurs comme Henri IV et Louis XIV, les Papes Honorius III et Urbain V ainsi que les premiers grands médecins passés par Montpellier. Certaines rappellent le nom des dignitaires de la Faculté depuis l’origine, quand d’autres rendent un hommage perpétuel aux membres de la Faculté tombés au front.

Alors, que s’est-il donc passé en ce 17 août 1220 ? Ce jour-là, le cardinal Conrad d’Urach, légat apostolique du pape Honorius III concède à l’universitas medicorum ses premiers statuts et rassemble ainsi les écoles médicales montpelliéraines en communauté. Ces écoles avaient été créées de façon informelle par des marchands languedociens riches de leurs connaissances en phytothérapie et médecine, acquises lors de leurs voyages en Orient.

De l’universalisme à l’université, il n’y a qu’un pas… Pendant huit siècles, l’université de Montpellier fait dialoguer les cultures sur la base de l’humanisme cher à Hippocrate.

Un pont entre l’Antiquité, la science arabo-persane et l’Europe

Si l’enseignement médical s’est développé à ce point à Montpellier dès les XIIe et XIIIe siècles, c’est que cette cité née en l’an 1 000 était au croisement des civilisations orientales et occidentales, point médian entre les péninsules italienne et ibérique, au carrefour des routes de circulation terrestre (via domitia romaine et chemin de Compostelle) et maritime.

A Montpellier étaient lus, traduits et enseignés les manuscrits redécouverts de l’Antiquité (Hippocrate, Galien). Ces manuscrits avaient été sauvegardés par les Arabes, enrichis par la science arabo-persane (Avicenne), puis transmis au continent européen à partir des foyers de culture andalouse, sicilienne et latine (Constantin l’Africain).

Grands noms de la Médecine, mais aussi Rabelais et Nostradamus

Faculté de médecine-Salle de Conseil © David RICHARD

Tous ces manuscrits transmis de générations en générations en langue arabe, ont été traduits « à quatre mains » en hébreu puis en latin, notamment à Montpellier où juifs et chrétiens travaillaient en partage heureux. « La création de l’Université médicale de Montpellier, alors sous juridiction de la Couronne d’Aragon, actuelle Catalogne, est une création de la Méditerranée, une synthèse de ses civilisations, la preuve d’une paix possible… »

Au fil du temps, plusieurs personnalités célèbres ont foulé les pavés de la faculté. Certains hôpitaux de Montpellier portent même le nom de médecins ayant étudié à la faculté de médecine (Arnaud de Villeneuve, Lapeyronie, Gui de Chauliac). De grands noms de la médecine, bien  sur (Chaptal, Cabrol, Magnol…) mais aussi des noms restés célèbres bien au-delà du cercle resteint de la médecine, tels François Rabelais (docteur en médecine à Montpellier en 1537), Nostradamus (qui fut renvoyé pour non obéissance) ou Paul-Joseph Barthez qui fut le médecin de Louis XVI puis de… Bonaparte !

Nouveau site, pédagogie moderne mais philosophie préservée

Le nouveau site de l’université, inauguré en 2017. Photo ©David RICHARD

Ainsi ancrée dans l’Histoire, la faculté de médecine de Montpellier n’a cependant jamais cessé d’évoluer avec la médecine et le monde. Avec notamment l’inauguration du nouveau bâtiment en 2017, concrétisant le Campus universitaire santé Arnaud-de-Villeneuve adossé au CHU de Montpellier. Un établissement qui dispose des techniques pédagogiques les plus modernes, relayant au travers de son enseignement le souci du savoir-être dans la relation patient-soignant et de l’éthique.

Pour le dévoilement solennel de la nouvelle plaque, le 17 août prochain, autour du Pr Philippe Augé, Président de l’Université de Montpellier, du Pr Michel Mondain, Doyen de la Faculté de Médecine de Montpellier-Nîmes et du Pr Thierry Lavabre-Bertrand, vice-président de l’UM en charge du Patrimoine Historique et Président du Comité de Pilotage 800 ans de la Faculté, de nombreuses personnalités seront également présentes… (à suivre)

Philippe MOURET

L’Occitanie, Terre de Savoirs…