Européennes/LREM : Canfin : « Les 1er réfugiés climatiques seront dans l’Hérault »

Pascal Canfin (LREM) dans l'Hérault L'ancien DG du WWF a apporté à Pascal Canfin (3e en partant de la gauche) un "pragmatisme. J'ai pu travailler avec des chefs d'entreprises tout en promouvant une écologie qui se réconcilie avec la défense du climat. L'air que nous respirons n'a pas de couleur politique. Il n'est ni de droite ni de gauche." Photos : DR.

Ex-ministre de Hollande, et DG du WWF, Pascal Canfin prône, dans l’Hérault, « une écologie de solution » qui ne soit pas en opposition frontale « avec le développement économique ». Un goût du « en même temps » qu’il partage avec Emmanuel Macron.

L’écologiste, ex-ministre de Hollande, Pascal Canfin a démissionné du WWF, le Fonds mondial pour la nature, l’une des plus grosses ONG, pour devenir numéro 2 sur la liste LREM aux Européennes pour lesquelles on vote ce dimanche. Comme son mentor Emmanuel Macron, c’est un adepte du « en même temps ». Pascal Canfin, qui était dans l’Hérault ce mercredi, réfute être « la caution » écolo de la liste baptisée Renaissance qui réunit l’ancien secrétaire national d’Europe-écologie-les Verts, Pascal Durand, l’ex-navigatrice Catherine Chabaud (Modem) mais il partage avec le président de la République le même pragmatisme.

Avant un meeting à Montpellier avec François De Rugy, Pascal Canfin s’est rendu, entre autres, aux côtés de Gwendoline Chaudoir (Agir, parti issu de la scission avec LR), maire de Portiragnes, et de Irène Tolleret, numéro 9 sur la liste LREM, maire de Fontanès et spécialiste des questions agricoles, au domaine de la Colombette, à Béziers, censé incarner une nouvelle façon de faire de l’agriculture respectueuse de la nature. Un domaine « précurseur sur les cépages résistants » mais qui demande une volonté de tous les instants pour les tester, puis au Jardin de Fontanès sur le thème alimentation bio et les aides européennes qui permettent de « déclencher une vraie politique publique ».

L’exploitation que nous avons visitée n’utilise ni pesticides ni épandage depuis 6 ans et 10 ans. C’est un vrai modèle à suivre. »

Pascal Canfin, candidat liste Renaissance.

« Ce déplacement dans l’Hérault était important pour moi, dit Pascal Canfin à Dis-Leur, qui avait refusé de remplacer Nicolas Hulot au poste de ministre de l’Écologie. C’est toujours bien de toucher du doigt la réalité. Ceux que nous avons rencontrés démontrent qu’une transition écologique est possible, souligne Pascal Canfin qui prône « une écologie de solution » qui ne soit pas en opposition frontale « avec le développement économique ».

Reconnu pour son travail – il était déjà député européen en 2009 – au sein de la commission des affaires économiques et monétaires, il compte retrouver ce domaine de compétence « dès le lendemain de l’élection ». Son credo : sortir de l’affrontement entre défenseurs de l’environnement et agriculture intensive. « Ce que m’a appris mon passage au WWF c’est justement qu’il existe des solutions. Regardez : l’exploitation que nous avons visitée n’utilise ni pesticides ni épandage depuis 6 ans et 10 ans. C’est un vrai modèle à suivre. » Sauf que pour changer de modèle, il faut du temps, beaucoup de temps : compter un siècle, selon certains théoriciens.

J’ai pu travailler avec des chefs d’entreprises tout en promouvant une écologie qui se réconcilie avec la défense du climat. L’air que nous respirons n’a pas de couleur politique. Il n’est ni de droite ni de gauche. »

« Le problème, c’est que nous n’avons pas un siècle devant nous ! Le dérèglement climatique est à l’oeuvre et bien à l’oeuvre. Nous avons passé une heure sur le littoral, à Portiragnes et l’érosion est bien là. Les premiers réfugiés climatiques de France seront dans l’Hérault ! Nous n’avons plus le temps d’attendre », poursuit le candidat aux Européennes, insistant sur les solutions partagées à mettre en oeuvre, sans s’attarder sur les « invectives ». Son ancien poste de DG du WWF lui a apporté un « pragmatisme. J’ai pu travailler avec des chefs d’entreprises tout en promouvant une écologie qui se réconcilie avec la défense du climat. L’air que nous respirons n’a pas de couleur politique. Il n’est ni de droite ni de gauche. »

Entre 100 et 120 députés européens espérés

Justement, au Parlement, avec qui vont voter les élus de la liste Renaissance ? « Pour la première fois depuis 40 ans, prophétise-t-il, ce ne sera pas le PPE (droite et alliés) ou le PSE (socio-démocrates) qui vont diriger seuls à tour de rôle, qui vont se partager le pouvoir. La future majorité ne pourra pas gouverner sans nous. Nous comptons sur 100 à 120 députés sur 705. » Ce qui constituerait une sorte de forte minorité disons de… déblocage. « Ce sera le retour de l’influence française au sein du Parlement ».

C’est peu ou prou la même scansion que le RN… « Peut-être, répond Pascal Canfin. Nous serons au coude-à-coude avec la liste Le Pen. Mais le RN c’est une voie perdue pour la France, celle qui refuse par dogmatisme de voter l’accord de paris sur le climat ; les normes antipollution. Ce sont des anti-européens. Ils ne servent à rien. »

Mais il faut aussi tenir compte d’un rejet de Macron, d’un vote anti-Macron. « Il y a des anti-Macron comme un vote pro-Macron », certifie Pascal Canfin. Nous serons au coude-à-coude avec le RN jusqu’à la dernière minute. » Mais Canfin espère pourvoir compter sur un réservoir de voix supérieur qui va se mobiliser à temps « devant les enjeux majeurs de ces Européennes. » Il souligne, là aussi comme son mentor, Macron, le mauvais coup pour l’Europe d’une influence étrangère. Avec l’ex-conseiller Steve Banon et Marine le Pen, Victor Orban, l’Autriche ou Salvini en Italie. Mais aussi l’influence de la Russie. C’est une nouvelle internationale de l’extrême droite… »

Olivier SCHLAMA

Sur le même sujet :

Européennes : Est-ce bien raisonnable ?
Européennes : À Sète, la campagne du PS débute par un plébiscite
Européennes : Marine Le Pen en campagne à La Marine

Et aussi : Érosion : Vias, Portiragnes, Sérignan… Le littoral pris entre deux vagues