Environnement : On ne prête qu’aux ruches

Trois ruches au Grand marché MIN de Toulouse... Un symbole pour la biodiversité. Photo Ph.-M.

Trois ruches… cela pourrait paraître dérisoire. Mais plus que le nombre ou la quantité de miel qui sera ainsi produite, c’est le symbole qui comptait avant tout, lundi, au Grand marché MIN Toulouse-Occitanie.

Car comme le soulignait la directrice du Grand marché Maguelone Pontier, en préambule à la présentation, « dans un environnement tel que le MIN, il est important de sensibiliser les près de 150 entreprises présentent ici à l’environnement. » Là où elles sont installées, à deux pas de l’espace des fleurs, sur le toit de l’un des bâtiments, ces ruches constituent l’illustration de cette volonté.

80% de la production de fraises et d’oignons dépendent des abeilles

installation de 3 ruches pour les abeilles au Grand marché MIN
Olivier Fernandez et Maguelone Pontier… Photo Ph.-M.

L’opération a été menée conjointement avec le Syndicat des apiculteurs de Midi-Pyrénées, Après la présentation des trois ruches, Olivier Fernandez le président du syndicat, apiculteur à Colomiers, a tenu à préciser malicieusement que « les ruches installées sur les toits des collectivités ou en milieu urbain, ça ne sert à rien »… Oui mais, a-t-il souligné : « Le rucher sur le toit de l’Opéra de Paris (dans les années 80, NDLR) a eu un fort impact médiatique. Et il faut insister car le taux de mortalité des abeilles est passé de 3% à 35% et même jusqu’à 40% en Occitanie. » 

Aussi le syndicat a-t-il noué plusieurs accords de partenariat avec divers partenaires, entreprises et collectivités, comme celui qui vient de débuter avec le Grand marché MIN. Ces partenaires s’engageant à signer une Charte de l’Abeille qui contient notamment comme principe la non utilisation de produits phytosanitaires.

L’homme, principal prédateur des abeilles

L'installation des ruches au Grand marché MIN de Toulouse
L’installation des ruches au Grand marché MIN de Toulouse. Photo Ph.-M.

Plus sérieusement, il rappelle que « le travail de pollinisation des abeilles fait gagner deux milliards d’euros à l’agriculture. 80 % de la production des fraises et de l’oignon dépendent de leur pollinisation. Nous avons besoin d’elles. Elles prennent une place essentielle dans la pollinisation et la préservation de la diversité. Et elles sont en danger… »

« L’homme est la cause principale de la disparition massive des abeilles, mais aussi des autres insectes pollinisateurs (abeilles solitaires, papillons, bourdons) par l’utilisation massive des produits phytosanitaires, pesticides et insecticides », explique-t-il. Et de souligner le combat du syndicat contre les géants que sont Bayer, Syngenta… Un combat de David contre Goliath dans lequel le syndicat a notamment pu recevoir le soutien de Carole Delga et Jean-Luc Moudenc.

Un geste important pour Maguelone Pontier qui considérait comme « une évidence pour le Grand marché de prendre part à l’indispensable sauvegarde des abeilles et de soutenir l’apiculture locale de qualité, respectueuse de l’environnement. Nous avons une vraie responsabilité dans ce domaine. » Un engagement qui verra la première mise en pots (il devrait y en avoir 650 ou 700) du miel du MIN à la rentrée de septembre. Pas pour être commercialisé, mais qui seront offerts lors d’événements officiels.

Faire de Toulouse « LA » ville de l’apiculture

Le pavillon du miel et les abeillesOlivier Fernandez rappelle également que « la pollinisation par les abeilles est la plus naturelle et la moins coûteuse » et milite pour que l’« on plante chez nous les fleurs et les produits agricoles qui aideront le mieux les abeilles » afn aussi de « favoriser la production d’un miel de proximité… » Autant de préoccupations que le Syndicat des apiculteurs soutient sur le plan pédagogique, mais aussi en collaborant avec les scientifiques, du CNRS… Sans oublier la collaboration avec le photographe et écologiste Yann-Arthus Bertrand pour la création de l’Académie de l’Abeille d’Or

Au-delà de cette opération c’est une grande ambition qui anime les apiculteurs : Faire de Toulouse « LA » ville de l’apiculture en France, avec la Foire Ô Miel sur la place du Capitole et le projet d’une maison des Abeilles et de l’Apiculture en Occitanie, espace de découverte et de pédagogie ouvert au public (qui accueillerait la plus grande bibliothèque apicole de France). Entendre bourdonner les abeilles sur le toit du MIN, c’était une belle façon de faire décoller cette ambition.

Philippe MOURET

Depuis 2012, le Syndicat apiculteurs Midi-Pyrénées gère plusieurs ruchers de Blagnac, Balma, La Poste, du Conseil départemental de Haute-Garonne, du Conseil régional d’Occitanie, de la TBS ou encore de l’Hôtel d’Assézat… Ses projets pour 2019, après le Grand marché MIN : La préfecture d’Occitnaie, la mairie de Toulouse, Latécoère, Talès Zvionics, l’Université Toulouse 1 Capitole, la Halle des machines…

 

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