Économie : La Région veut doper le thermalisme et la filière bien-être

Jean Louis Guilhaumon, vice président de la Région : "Nous avons commandé une étude en février au cabinet d'audit économique Ernst and Young. Elle doit durer huit mois. J'en ai récemment présidé le premier comité de pilotage. Le but de cette démarche c'est de faire un état des lieux du thermalisme en Occitanie et explorer la filière bien-être." Photo : Francis VERNHET

En écho à notre article sur l’enquête de la Chambre régionale des comptes, le vice-président de l’économie touristique et du thermalisme au conseil régional, Jean-Louis Guilhaumon, détaille le plan d’actions censé donner un second souffle au thermalisme en Occitanie, déjà leader en France et en Europe avec 3,5 millions de nuitées.

Avec ses 29 stations thermales, l’Occitanie est la première destination en matière de thermalisme en France », souligne Jean-Louis Guilhaumon. Le vice-président de la région en charge de cette filière et de l’économie touristique et maire de Marciac, commune du Gers célèbre pour son festival de jazz, connait la musique :

« Nous n’avons pas attendu que la Chambre régionale des comptes, dont les conclusions ne seront pas une grande surprise, se penche sur le sujet pour en connaître les attentes. Nous avons un programme d’actions sur dix ans », dit-il en écho à l’article sur l’enquête de la Chambre régionale des comptes que Dis-Leur a révélée ce vendredi 9 mars.

C’est justement parce qu’il y a des fragilités structurelles que nous avons créé en septembre 2016 la Fédération thermale d’Occitanie, présidée par le maire de Luchon, qui mettra en oeuvre des campagnes de communication adaptées, des actions de qualité et les investissements qui vont avec

Jean-Louis Guilhaumon, vice-président de la Région Occitanie

Car, si l’Occitanie est, avec 3,5 millions de nuitées, « leader français et peut-être même européen en la matière, cette filière est en effet peu structurée et peu visible, y compris de ses habitants ; il faut absolument sécuriser la ressource en eau, etc. De nombreuses stations sont en effet implantées dans des territoires ruraux confrontés à des problématiques économiques et qui font feu de tout bois pour bonifier tout à la fois l’économie de la neige et celle du thermalisme ; certains se livrant à une course effrénée vers des projets pharaoniques sans véritable étude de marché… C’est justement parce qu’il y a des fragilités structurelles que nous avons créé en septembre 2016 la Fédération thermale d’Occitanie, présidée par le maire de Luchon, qui mettra en oeuvre des campagnes de communication adaptées, des actions de qualité et les investissements qui vont avec. »

Aller voir dans les Pays de l’Est, à Baden-Baden (Allemagne) les projets en matière de thermoludisme qui marchent, comme certaines mini-cures (payantes et non remboursées par la Sécurité sociale, NDLR). On veut explorer tout ça. On veut s’inspirer de ce qui marche et se montrer innovant. »

Table ronde lors des premières assises Régionales du Tourisme et des Loisirs organisée à l’intiative de la Région Occitanie/Pyrénées Méditérannée en présence de la présidente Carole Delga. 26 juin 2016, Toulouse. Photo : DR.

Jean-Louis Guilhaumon précise que depuis peu l’Agence régionale de développement économique, une émanation récente du conseil régional d’Occitanie, conseille cette nouvelle fédération régionale et les accompagne sur de futurs produits et services. « Il faut à terme arriver à créer une vraie organisation sur le thermalisme. Nous souhaitons accompagner cette filière. C’est aussi dans ce même élan que nous avons commandé une étude en février au cabinet d’audit économique Ernst and Young. Elle doit durer huit mois. J’en ai récemment présidé le premier comité de pilotage. Le but de cette démarche c’est de faire un état des lieux du thermalisme en Occitanie et explorer la filière bien-être ; car, il faut insister là-dessus : les derniers résultats de la recherche dans ce domaine sont clairs : ces soins sont d’une réelle efficacité. Par ailleurs, ajoute Jean-Louis Guilhaumon, en substance, le thermalisme et tourisme sont intimement liés : « Le curiste est curiste le matin et visiteur l’après-midi. C’est pourquoi nous allons connecter le thermalisme avec la mise en valeur de la politique des Grands Sites pour créer avec cette nouvelle offre touristique une dynamique là aussi. »

Piocher dans un fonds de 100 millions d’euros pour réaliser des projets structurants

Enfin, le vice-président de la Région chargé du dossier le dit sans détour : « J’ai demandé à faire du bench marketing, c’est à dire à aller voir dans les Pays de l’Est, à Baden-Baden (Allemagne) les projets en matière de thermoludisme qui marchent, comme certaines mini-cures (payantes et non remboursées par la Sécurité sociale, NDLR). On veut explorer tout ça. On veut s’inspirer de ce qui marche et se montrer innovant. »

Et dans le domaine de l’innovation, Jean-Louis Guilhaumon confie : « Nous allons nous appuyer sur la Banque européenne d’investissement qui vient de créer un fonds de 100 millions pour la région Occitanie. Ce fonds servira à accompagner des projets structurants dont certains possiblement dans le thermalisme et le thermoludisme. Cela nous permettra également d’organiser une belle promotion aux plans national et européen. Nous voulons également que les 5,8 millions d’habitants de la région qui ne connaissent pas encore bien leur nouvelle région se l’approprient. » Le but c’est que l’Occitanie entre, d’ici 2021, dans le top 10 des grandes destinations européennes.

Olivier SCHLAMA