Collines du Bourdic : Les raisins d’une réussite régionale

Gérard Bancillon, président de la cave coopérative : "Nous avons un terroir exceptionnel avec une grande amplitude de température entre le jour et la nuit, grâce à la proximité des Cévennes. Lors des étés 2016 et 2017, par exemple, on a eu en juillet des matinées à 13°C et des après-midis à 40°C, grâce au climat méditerranéen ensoleillé." Ce qui fait que la vigne peut respirer et se ressourcer durant la nuit, donnant des vins d'une grande fraîcheur."

Pour ses 90 ans, la cave des Collines du Bourdic, dans le Gard, connue pour ses blancs, dévoile ses axes de développement : international, ventes en conditionné et installation de jeunes vignerons. Pour célébrer son anniversaire et une réussite exemplaire, la coopérative, attractive pour les vignerons, propose un programme de festivités : balade et dégustation le 9 juin ; brasucade et dégustation le 19 juillet ; son et lumière le 2 août ; festival primeur le 21 octobre.

Gérard Bancillon, élu pour la dixième fois cette année, est un président de coopérative viticole heureux. Les Collines du Bourdic, à proximité d’Uzès, en grande partie en IGP Pays d’Oc, mais aussi sous les appellations IGP Gard, et Duché d’Uzès (AOP), sont devenues très attractives. La coopérative, toujours aussi dynamique, fête sa 90e cuvée et en même temps qu’une renaissance perpétuelle. Une réussite de la viticulture régionale. « Beaucoup frappent à notre porte », avoue Gérard Bancillon, sans forfanterie. Et pas seulement parce que sa géographie est bénie des dieux.

Ces Collines bénéficient d’un microclimat : « Nous avons un terroir exceptionnel avec une grande amplitude de température entre le jour et la nuit, grâce à la proximité des Cévennes. Lors des étés 2016 et 2017, par exemple, on a eu en juillet des matinées à 13°C et des après-midis à 40°C, grâce au climat méditerranéen ensoleillé. » Ce qui fait que la vigne peut respirer et se ressourcer durant la nuit, donnant des vins d’une grande fraîcheur ». Ce micro-climat et la montée en gamme ont propulsé les Collines de Bourdic vers des sommets : «Cette année, ses 108 vignerons coopérateurs ont récolté pas moins de huit médailles d’or au concours agricole de Paris en février dernier », et on ne parle pas des breloques annexes renvoyées par dizaines, elles, au rang de brimborions.

Pour marquer le coup, on a créé une cuvée spéciale, Secret de cave. On propose des cuvées haut de gamme comme la Prestige à 7 euros la bouteille. Le haut de gamme, c’est ce qui ce vend le plus au caveau et on avait une demande de nos clients d’une cuvée très haut de gamme. »

Gérard Bancillon, président de la cave coopérative

Une « sélection parcellaire minutieuse et poussée, longues macérations, etc., des cahiers des charges rigoureux, des vendanges effectuées à maturité optimale et un outil de vinification performant permettent également de magnifier le travail des vignerons », indique la cave. Aujourd’hui, 140 personnes – 108 vignerons et 32 salariés – sont réunies au sein de la cave coopérative. Ensemble, elles réalisent un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros, dont 10 % à l’export. Les vins des Collines du Bourdic sont commercialisés en vrac, au négoce et en conditionné : bouteilles et bag-in-box. Une cuvée bio enrichit l’offre depuis cinq ans.

Pour marquer « le coup, on a créé une cuvée spéciale, Secret de cave », explique Gérard Bancillon. On propose des cuvées haut de gamme comme la Prestige à 7 euros la bouteille. Le haut de gamme, c’est ce qui ce vend le plus au caveau et on avait une demande de nos clients d’une cuvée très haut de gamme. En 2015, on a choisi les deux meilleures cuves ; on a mises leur production 18 mois en fûts de chêne et ensuite on les a assemblées (marcelan et cabernet sauvignon cette année) et on les a stockées six mois en bouteilles. Chaque année, Secret de Cave sera l’assemblage des deux meilleures cuves de la cave et qui ne sont jamais les mêmes cépages. Le prochain ce sera un merlot-syrah. On est partis pour en faire 6 000 bouteilles par an de ce nectar, Secret de cave, que l’on a dégusté il y a quelques jours. On a décidé aussi d’étoffer les manifestations avec un point d’orgue au mois d’août avec un spectacle sons et lumières à la cave pour faire plaisir aux touristes… »

Dix euros de plus à l’hectare  et un revenu moyen à l’hectare de 5 300 euros par an en moyenne sur les trois dernières années à la coopérative.

Bourdic, qui travaille avec 18 cépages différents, a trois projets économiques. « L’une de nos plus grandes forces, c’est le conditionné : on fait 15 % de nos volumes en bouteilles et bag in box mais génèrent plus des 35 % de chiffre d’affaires (5,5 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 1,2 million de bouteilles et 140 000 bag in box). On veut développer le conditionné (la mise en bouteilles). Cela représente 18 000 hectolitres qui, eux seuls, génèrent une plus value de 1,2 million d’euros (si on les compare la même production en vrac). Si on les répartit sur les 120 000 hectos produits bon an mal an, cela apporte 10 euros de plus par hecto à chaque vigneron par rapport à une cave où l’on ne fait pas de conditionné. Le but est de passer de 15 % des volumes à 20 % d’ici trois ans. » La cave veut aussi développer l’export en embauchant un commercial supplémentaire dès le mois de mai au-delà des 10 % des ventes actuels et des 1,4 millions d’euros.

« Sur les 5,5 millions de chiffre d’affaires en conditionné, on a presque 2,5 millions d’euros qui proviennent de nos deux caveaux de vente directe qui marchent très fort », poursuite le président de la cave gardoise. Ensuite, notre service commercial qui fait de l’export, de la grande distribution nationale (Carrefour), de la grande distribution locale dans le Gard et les départements limitrophes, et en cafés, hôtelleries, restaurants, réalise un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros. « On travaille aussi à Paris, avec notre plate-forme logistique, et avec des grossistes en Bretagne. Enfin, on a aussi une e-boutique 35 000 bouteilles par an », précise Gérard Bancillon.

En quelques année, on a réussi à installer neuf jeunes vignerons et neuf autres – peut-être dix – sont dans les starting-block. »

Actuellement, le revenu moyen à l’hectare est de 5 300 euros par an en moyenne sur les trois dernières années à la coopérative. Ce qui fait que l’on est classés dans les bons élèves. Du coup, on est attractifs. Des vignerons demandent à entrer. On ne peut pas les prendre car l’outil est saturé et il faudrait mettre beaucoup trop d’argent pour agrandir la cuverie, etc. Mais sur les quatre dernières années, on a augmenté nos surfaces de 12,5 %, à 1 800 hectares. »

A force de dégustations, le niveau de qualité est monté très haut. On a énormément de bons vins, beaucoup de très bons et pas mal de vins excellents. Certains ont commence à créer de la notoriété, comme le Pic-Saint-Loup, qui sort de nulle part, finalement. Tout le reste du Languedoc pourrait arriver à ce degré de notoriété…

Le 3e projet des Collines du Bourdic qui en découle, c’est comment fait-on, malgré tout, pour installer des jeunes et corriger un peu la pyramide des âges, défavorable ? « En quelques année, on a réussi à installer neuf jeunes vignerons et neuf autres – peut-être dix – sont dans les starting-block. » Et d’ici une génération, il faudra poursuivre pour remplacer les 108 vignerons coopérateurs. Défi d’avenir.

C’est la grande mode des vins languedociens. Tous les grands cavistes ne jurent que par de nombreuses marques de la région. « Je suis convaincu que la seule chose qui manque au Languedoc-Roussillon, c’est la notoriété », abonde Gérard Bancillon. Il y a trente ans, il était difficile d’y trouver de grands vins ; à force de faire des dégustations, le niveau de qualité est monté très haut et on a énormément de bons vins, beaucoup de très bons et pas mal de vins excellents. Certains ont commence à créer de la notoriété, comme le Pic-Saint-Loup, qui sort de nulle part, finalement. Tout le reste du Languedoc pourrait arriver à ce degré de notoriété. Nous, par exemple, nous avons une cuvée qui s’appelle la Rabassière (Duché d’Uzès), un blanc, que certains appellent le petit Chateauneuf du Pâpe, et qui émerveille… Toute la filière viticole devrait s’atteler à ça. Pour mieux valoriser nos produits. » Tous les raisins d’une belle réussite sont réunis.

Olivier SCHLAMA