Cancer du col de l’utérus : “C’est une maladie que l’on peut éradiquer grâce au vaccin…”

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L’ARS Occitanie et plusieurs acteurs de santé promeuvent dépistage et vaccin contre le HPV auprès des ados dont plus de 3 000 cas en France et 1 100 morts seraient évitables.  Avec une nouveauté : une possibilité d’autodiagnostic.

Va falloir être convainquant. Avec plus de 3 000 cas en France et un bon millier de décès (1 100) chaque année – on ne connait pas les chiffres pour l’Occitanie – la vaccination – gratuite – des jeunes filles et des garçons de 11 ans à 14 ans contre le cancer du col de l’utérus, généré par des papillomavirus humains (HPV), touche un plafond de verre. “Pourtant, 90 % de ces cancers pourraient être évités…”, assure l’ARS Occitanie, à l’issue d’un point presse, présentant l’opération Juin Vert – avec un logo sous forme d’un pouce) qui fait écho à Octobre Rose (prévention du cancer du sein).

Arriver à vacciner 80 % des ados de 11 ans à 14 ans

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“Le but est ambitieux : arriver à vacciner 80 % des ados, de 11 ans à 14 ans, là où l’on n’arrive péniblement à 51 % en moyenne en France pour les jeunes filles et 32 % pour les garçons. Avec des disparités géographiques fortes : 40 % dans les P.-O. et 60 % en Lozère et dans le Gers”, posent François Mengin-Lecreulx, DG de l’ARS Occitanie et Frédéric Rimattei, DG du CHU de Nîmes.

Comme pour la Suède ou l’Australie qui seraient  en voie d’éradiquer ce cancer. Plus on vaccine tôt, mieux c’est. Écueil supplémentaire, certaines jeunes filles issues de milieux défavorisés y ont encore moins accès ; sans parler des inégalités d’accès aux soins pour tous.

Médecins traitants, centres scolaires sont, certes, mobilisés. L’ARS, la CPAM, La ligue contre le cancer, gynécologues, aussi. Surtout qu’à ces 3 000 cas déclarés, s’ajoutent quelque 6 500 cas de cancers induits, y compris chez les garçons, notamment dans la sphère ORL. “Nous n’avons pas trouvé la clé pour améliorer le taux de dépistage comme de vaccination”, souffle Charlotte Voulouzan, directrice du comité du Gard de la Ligue contre le cancer.

Ce vaccin élaboré depuis 25 ans ne produit pas ni stérilité ni fibrose en plaque ni polyarthrite mais ça sauve des vies !”

Professeur Pierre Marès, gynécologue, Noémie Aldigier, directrice-adjointe de la CPAM 34

Mais, on est depuis passé par le covid. La méfiance, infondée, envers la vaccination n’a pas faibli, augmentée qu’elle est par les innombrables fake news. “Non, répètent le professeur Pierre Marès et Noémie Aldigier, directrice adjointe de la CPAM de l’Hérault, ce vaccin élaboré depuis 25 ans ne produit pas ni stérilité ni fibrose en plaque ni polyarthrite mais ça sauve des vies !” La science a tranché.

Second frein principal, relevé opportunément par ce gynécologue et président du centre régional de coordination du dépistage des cancers en Occitanie, “ce vaccin ne marque pas l’entrée dans la sexualité de l’ado.” Ce n’est en rien un “passeport” comme on peut. l’imaginer dans certaines familles traditionnelles. Ce n’est pas un feu vert pour une “sexualité ultraprécoce. C’est un vaccin médical qui évite des décès et des cancers ainsi que lésions graves, comme des condylomes, des verrues cancéreuses ; on compte plus de 100 000 cas en France”.

Ce sont les garçons qui transmettent le HPV

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“Ce sont les garçons qui transmettent le virus même s’ils ne sont pas victimes du HPV”, rappelle Pierre Marès. Mais ils en sont les vecteurs. Il faut, veut-il dire en substance, désexualiser ce vaccin.

Pas moins de “80 % de la population est porteuse du HPV mais cela produit, quand c’est le cas, des lésions cancéreuses au bout de dix ans à vingt ans. C’est aussi pour cela qu’il existe aussi un dépistage avec un frottis pour les femmes de 25 ans et un rattrapage à 26 ans avec trois doses, si les jeunes femmes n’ont pas été vaccinées avant. On peut, grâce au dépistage et au vaccin, éradiquer cette maladie !”

Auto-prélèvement, l’Occitanie pionnière

Il existe aussi une solution qui emmènera probablement davantage d’ados. Il s’agit d’une solution d’auto-prélèvement. “Nous sommes les premiers en France à le proposer”, a confié Pierre Marès, laissant entendre que l’initiative s’appuierait sur le Mammobile où seront regroupés trois dépistages de cancers : du sein, du côlon et du col de l’utérus. Pour ce dernier, l’Occitanie fait d’ailleurs mieux que la moyenne française, mais de peu : 63 % des femmes en âge d’être dépistées le sont effectivement contre 61 % au niveau national en moyenne. Cet auto-prélèvement est “efficace”, a certifié le professeur Marès. “De toute façon, après, il faut quand même faire des examens complémentaires. Il faut que nous nous y mettions tous ensemble. On dit mano a mano, à Nîmes…”

Olivier SCHLAMA