1er mai : La vente de muguet sera très encadrée

Il y aura du muguet en 2020... Ici dans un jardin de Haute-Garonne. Photo Jean-Louis CODINA

« Au regard du contexte sanitaire et du décret du 23 mars 2020, la vente à la sauvette du muguet (…) traditionnellement tolérée et encadrée (…) est interdite cette année. Les fleuristes ne sont pas autorisés à accueillir du public. Ils peuvent néanmoins poursuivre leurs activités de livraisons et de retrait de commandes, y compris pour la vente de muguet…

…Ils devront cependant respecter strictement les gestes barrières et les règles de distanciation sociale », en outre « la vente du muguet peut uniquement s’effectuer le 1er mai dans les établissements qui sont autorisés à accueillir du public… » C’est ainsi qu’est libellé le communiqué de la préfecture du Lot, concernant les ventes de muguet du 1er mai.

Le maire de Toulouse soutient les fleuristes

Et c’est à de rares nuances près, le contenu des communiqués diffusés par toutes les préfectures des départements d’Occitanie, Hérault, Tarn-et-Garonne, Aude, Haute-Garonne, etc. La vente directe du muguet pourra donc s’effectuer vendredi dans les établissements déjà habilités à recevoir du public, tels que supermarchés, supérettes, mais aussi tabacs, boulangeries, etc.

Nouveau coup dur pour la filière horticole, qui réalise environ 80% de son chiffre d’affaires annuel entre le 15 mars et la fin du mois de mai ! Et donc pas de quoi tempérer la colère récemment exprimée par les professionnels. Et les fleuristes ont la désagréable sensation d’être les oubliés du 1er mai…

Le muguet a bien poussé dans ce jardin de Haute-Garonne…

Une situation qui a d’ailleurs fait réagir Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole. Regrettant la décision préfectorale d’interdire la vente de muguet par les fleuristes en magasin, « d’autant que cette vente aura bien lieu dans les supermarchés ou les drives. »

En conséquence, il a pris la décision d’autoriser les fleuristes qui le souhaitent de mettre en place une vente à emporter de ce type, au droit de leurs établissements. De même, l’ensemble des commerçants qui souhaitent mettre en place ce dispositif sera exonéré de redevance d’occupation de l’espace public.

« J’ai pris cette décision pour soutenir les commerces de proximité. S’il est important de respecter les restrictions sanitaires, je mesure les difficultés considérables liées au contexte actuel pour les commerçants et, bien conscient des enjeux, je suis particulièrement attentif aux conséquences économiques de cette crise pour les commerces de notre ville » a-t-il écrit au Préfet en lui rappelant sa ferme volonté de tout mettre en œuvre pour lui venir en aide.

La survie de la filière horticole en question

Le mécontentement est notamment illustré par la Coordination Rurale Occitanie qui évoque un « muguet du mépris » et s’en prend au ministre de l’Agriculture qui selon ce syndicat « après avoir acté l’abandon de la filière horticole ornementale (…) a fait preuve d’indélicatesse à l’égard des professionnels. Déclarant que le muguet « est prêt » et rappelant qu’il est produit par des maraîchers, il s’est engagé à trouver des solutions pour sa commercialisation… »

Et de reprocher à Didier Guillaume des « solutions qui excluent les producteurs détaillants de l’horticulture ornementale. Que l’État veuille sauver les grandes structures maraîchères est une chose, fallait-il, pour autant, mépriser les exploitants horticoles ? »

Au-delà des petites clochettes blanches que les britanniques affublent du nom charmant de Lily of the Valley, c’est en fait la survie de toute une filière qui est actuellement en jeu. Un peu partout en France, on évoque des pertes de chiffre d’affaires proches de 60 à 70% et on peut craindre des fermetures d’exploitations… Pire encore que pour l’hôtellerie-restauration, autre univers professionnel particulièrement malmené par la crise en cours et les décisions de l’Etat.

La FFAF veut croire au muguet « porte-bonheur »

Florent Moreau, Président de la Fédération Française des Artisans Fleuristes  (FFAF) souligne toutefois que « les fleuristes peuvent poursuivre leurs livraisons et drive, comme c’est le cas depuis le début de la crise (…) et tout un chacun aura plaisir le jour du 1er mai d’offrir à ses proches ce brin de muguet, éternel porte bonheur notamment dans cette période singulière. Avec un tiers des ventes de la production du muguet en France, la commercialisation des bouquets par les fleuristes sera sans nul doute un moyen de contribuer largement à la survie de la production française… »

Philippe MOURET

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