Sports : Perrine Laffont, elle bosse, elle bosse, la championne !

Perrine Laffont, Championne lympique et 4 Globes de CristaLLL La bosse du ski ! Photo ©FFS Agence ZOOM

Perrine Laffont est née en 1998, à Lavelanet, en Ariège et c’est dans la station des Monts d’Olmes que ses parents l’ont initiée au ski. En 2014, à seulement quinze ans, elle connaissait sa première sélection olympique. Et en 2018, lors des Jeux olympiques d’hiver de PyongChang (Corée du Sud), elle était sacrée championne olympique dans l’épreuve des bosses, sa spécialité. Entretien avec une jeune femme de son temps…

Perrine Laffont est invaincue depuis mars 2019. Après un hiver 2019/2020 record (8 victoires), la Française est partie sur des bases très élevées avec trois victoires en trois courses cette saison (Finlande et Suède). Mais après l’annulation des épreuves japonaises de Tazawako, en raison de la pandémie, le calendrier de la Coupe du monde de ski de bosses a subi un autre changement avec le report des épreuves de Calgary (*), de fin janvier à fin février 2021…. Reprise cette semaine aux Etats-Unis, à Deer Valley, dans l’Utah :

C’est donc à Deer Valley (Etats-Unis) que vous devriez retrouver la compétition. Les incertitudes de cette période ont-elles eu une influence sur votre préparation ?

C’est vrai que devoir affronter autant d’incertitudes parfois c’est assez dur. En tant qu’athlète on aime bien pouvoir se projeter, avoir un planning précis et pouvoir programmer toute notre préparation. Donc cette fois il a fallu s’adapter et parfois ça mettait un petit peu à cran de se demander ce qui allait se passer, si les compétitions seraient annulées ou pas. Mais c’est aussi une bonne préparation mentale de devoir vivre ainsi au jour le jour et de se laisser porter.

Remporter un quatrième Globe de cristal et le Championnat du Monde 2021 serait pour vous une façon de « boucler la boucle » en ayant tout gagné. Pensez-vous pour autant parfois à raccrocher après les J.O. en Chine en 2022 ?

Perrine Laffont, déjà trois victoires en trois courses pour cette saison… Photo ©FFS Agence ZOOM

Je fais du ski pour avoir de bons résutats, bien sûr. Mais je fais aussi du ski tout simplement parce que j’aime ça. Donc ce ne sont pas que les résultats qui me motivent. Ça me motive aussi de m’entraîner pour mieux skier, pour mieux sauter. Et je pense que ce n’est pas parce que je gagnerais un Championnat du monde, encore faudrait-il que je le gagne, que d’un coup toute ma motivation disparaîtrait. Le plaisir reste une motivation essentielle. C’est sûr que je ne m’arrêterai pas après les Jeux, que ça se passe mal ou bien. Comme je le disais, je fais du ski d’abord parce que j’aime ça et que la vie que j’ai en ce moment me plaît. J’aime aller aux entraînements, j’aime en baver, j’aime la compétition. Donc je ne pense vraiment pas à m’arrêter après les Jeux Olympiques.

Vous êtes très proche de l’Ariège et des Monts d’Olmes. Vous avez même prêté votre image à la campagne de promotion du département. Mais à 18 ans vous êtes partie faire vos études à Annecy (les entraînements à Tignes), c’est devenu votre 2e région ?

C’est vrai que j’ai été un peu « adoptée » par la Savoie et la Haute-Savoie. Parce que tous nos entraînements se passent là bas. Donc forcément c’est mieux que je sois sur place pour être toujours au rendez-vous. Et comme les départs pour les compétitions de la Coupe du Monde se font le plus souvent depuis Genève, c’est plus pratique que si je devais à chaque fois effectuer un transfert en plus depuis les Pyrénées…

L’incertitude est repartie de plus belle dans les stations de ski françaises avec notamment le prolongement, jusqu’à la fin janvier, de la fermeture des remontées mécaniques, Quel regard portez-vous sur cette situation vous qui connaissez bien la vie d’une station ?

C’est vrai que pour nous qui aimons le ski, qui aimons les stations de ski ça fait mal au coeur de les voir fermées. D’autant que l’on sait que la saison n’est pas extensible. Moi, personnellement, ce que m’apporte la montagne, ce que m’apporte le ski, c’est quelque chose d’essentiel dans ma vie. Et je trouve vraiment dommage et triste que tellement de gens ne puissent pas en profiter cette année. D’autant plus qu’il y a eu les confinements et que la montagne c’est un lieu idéal pour s’aérer la tête, pour prendre l’air. Alors on espère que ça va pouvoir rouvrir au plus vite, pour le bien de tous.

Votre chaîne YouTube cartonne (+ de 15 000 abonnés). Avez vous des projets dans ce domaine ? Par exemple avec la préparation olympique et les Jeux ?

Perrine Laffont. Photo ©FFS Agence ZOOM

Pour l’instant, c’est sûr que je vais continuer à faire ma chaîne. Pour cette année, j’avais prévu de faire venir un caméraman sur la Coupe du Monde, pour avoir un peu plus d’inside, parce que je ne peux pas toujours tout filmer moi-même. Mais avec la pandémie c’était trop compliqué et j’ai du revoir mes plans. Mais c’est, en effet, quelque chose que je compte faire sur la préparation olympique et pendant les Jeux…

Vous vous voyez par la suite en influenceuse ?

(Elle rit) Oh non ! je ne me vois vraiment pas finir en influenceuse et placer des produits sur Instagram ! C’est sur que non.  Mais pourquoi ne pas continuer à travailler avec mes partenaires actuels et les mettre en avant sur mes réseaux, comme je le fais actuellement… Après, franchement, je ne sais pas trop dans quel domaine je vais m’orienter après. Le ski m’ouvre beaucop d’opportunités, je rencontre plein de gens grâce à ma discipline, dans des domaines très différents. Je pense notamment à certains partenaires comme Hyundai, l’armée, EDF ou la MGEN. Vous voyez, c’est vraiment très varié. Mais pour l’instant la priorité c’est le ski.

Un petit clin d’oeil pour terminer : est-ce vrai que vous rêveriez de participer à Danse avec les Stars ?

C’est vrai que je rêve de participer à Danse avec les Stars. Je n’ai pas encore eu de proposition de la part de l’émission, mais qui sait. Après les Jeux, pourquoi pas…

Propos recueillis par Philippe MOURET

 

(*) La station canadienne pourrait bien accueillir les championnats du monde qui ne oeuvent se tenir en Chine, comme initialement prévu. C’est à Deer Valley que les bosseurs retrouveront la compétition en 2021, du 4 au 6 février prochain, avant de mettre le cap vers Calgary à la fin du mois de février puis de clôturer leur saison au Kazakhstan, à Almaty, à la mi-mars.

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