Saurel : « Le futur stade Louis-Nicollin sera au coeur des municipales »

"Je regrette cette situation parce qu'on est obligé de tout refaire... Mais je reste optimiste" Pour le stade Louis-Nicollin, il faut donc presque repartir de zéro. On ne sait pas si ce stade pourra être construit dans ce quartier Cambacérès ou en dehors..." Photo : DR.

En plein mondial de foot féminin, Philippe Saurel devait poser la première pierre du stade Louis-Nicollin. Mais sa livraison n’interviendra pas avant 2023. Le maire et président de la Métropole a détaillé pourquoi l’emplacement choisi à l’origine est remis en cause. « Mais je reste optimiste… », a-t-il dit, expliquant que cet équipement serait au coeur des prochaines élections.

C’est un Philippe Saurel offensif, qui préfère jeter un « regard bienveillant » sur le quartier en construction Cambacérès, à Montpellier, que lui adresser des pensées « négatives » qui a expliqué pourquoi la futur stade Louis-Nicollin ne s’y ferait peut-être pas. Un quartier qui joue de malchance, avec déjà la fameuse gare fantômatique de la Mogère, tant décriée, qui ne propose que quelques allers-retours en TGV chaque jour… « Elle sera pleinement opérationnelle dans dix ans, quand la ligne TGV Montpellier-Perpignan dont elle est un maillon sera enfin réalisée », a tranché le maire de Montpellier et président (divers gauche) de la Métropole.

La hausse du trafic aérien empêche la construction de logements à Cambacérès

Pourquoi ce retard et autant d’incertitude ? Parce qu’à cause de l’accroissement du trafic aérien de l’aéroport de Montpellier, le plan d’exposition au bruit, un document d’urbanisme d’État qui s’impose, a été étendu justement à ce nouveau quartier où l’on ne peut donc plus construire de logements. « On peut faire des bureaux, des équipements publics comme le stade mais pas de logements, c’est la loi », a répété Saurel. Or, tout l’équilibre financier du dossier repose justement sur la vente de logements. Il va falloir relancer des études et « quasiment refaire la ZAC », a-t-il maugréé. Sans savoir si on pourra la faire à l’intérieur du périmètre actuel ou de l’autre côté de la route. En tout cas, là où était prévue l’opération « à tiroirs, c’est impensable aujourd’hui ». Saurel a expliqué que l’étude de faisabilité de la ZAC date du 26 novembre 2018 et qu’il n’a été prévenu par le préfet que le 14 mai dernier, qui prenait en considération le nouveau plan d’exposition au bruit.

Ce sera un élément de programmatique des candidats aux municipales ! Ils diront s’ils sont pour ou contre le foot ; pour ou contre le tout-privé. Moi, si je suis candidat, je proposerais que le privé en paie le maximum mais que la maîtrise de l’outil reste au public. Car, si un jour l’entreprise est vendue, on fait quoi…? »

Philippe Saurel évoque le projet Stade Louis Nicollin« Je regrette cette situation parce qu’on est obligé de tout refaire… Mais je reste optimiste » Pour le stade Louis-Nicollin, il faut donc presque repartir de zéro. On ne sait pas si ce stade pourra être construit dans ce quartier Cambacérès ou en dehors, Ce qui pousse sa livraison au mieux en 2023 ou 2024, après au moins un an d’études supplémentaires ce qui a coûté déjà 200 000 euros de trop à la collectivité. En verve, Saurel positive : « Ce sera un élément de programmatique des candidats aux municipales ! Ils diront (les candidats, Ndlr) s’ils sont pour ou contre le foot ; pour ou contre le tout-privé. Moi, si je suis candidat, je proposerais que le privé en paie le maximum mais que la maîtrise de l’outil reste au public. Car, si un jour l’entreprise est vendue, on fait quoi…? » Il y aura du retard oui mais pas forcément pour tout. La halle French tech pourrait démarrer. en revanche, on ne sait pas si le déménagement de l’école de commerce de Montpellier pourra se faire dans les temps.

Philippe Saurel ajoute : « La famille Nicollin souhaitait un projet 100 % privé mais je n’oublie pas la ville de Montpellier. Quand on me prend l’exemple du Groupama stadium de Lyon, excusez-moi, en me disant qu’il est 100 % privé, mais c’est faux, c’est oublier un peu vite les 260 millions d’euros d’équipements publics. Le Groupama Stadium, c’est juteux. Ça rapporte. Et on voudrait que tout cela reste au privé…? C’est la différence entre une gestion de gauche et une gestion de droite. Je ne suis pas de droite… »

Le stade actuel est classé en zone rouge par l’État sur le lit majeur de la Mosson ; il est dans une situation exceptionnelle. On ne peut pas construire ou reconstruire dessus. »

MHSCLe déménagement du stade de la Mosson à la Paillade vers ce quartier Cambacérès est un projet à tiroirs, comme Dis-Leur vous le révélait. Dans le cadre de l’Anru national, il est question de garder la structure, et de créer 10 000 m2 de plateaux, de bureaux, « là où c’est possible » pour des start-up et de laisser « le reste au lit d’expansion naturel de la Mosson. Car c’est bien d’emplois dont ont besoin les enfants de la Paillade pas d’un terrain d’un central obsolète sur lequel jouent exclusivement des professionnels – de réhabiliter le centre nautique Neptune obsolète avec des problèmes de sécurité pour 16 millions d’euros qui sera enrichi d’un bassin supplémentaire pour permettre l’apprentissage de la natation. Car aujourd’hui la réalité c’est que les jeunes du quartier sont obligés de se rendre à Cournonterral…! »

Revenant sur l’origine de l’obligation du déménagement du stade de foot, Philippe Saurel a redit ad nauséam : « J’entends tout et n’importe quoi. » Il est revenu sur les deux inondations de 2014 et 2015 qui ont coûté « chacune 6 millions d’euros au contribuable », expliquant qu’il « prend ses responsabilités » : « Le stade actuel est classé en zone rouge par l’État sur le lit majeur de la Mosson ; il est dans une situation exceptionnelle. On ne peut pas construire ou reconstruire dessus. Jean-Pierre Mourre, l’ex-président de l’Agglo, avait promis une subvention de 56 millions d’euros pour couvrir la tribune Aigoual pour le Mondial 1998. Le projet n’était pas ficelé. Il n’a jamais été validé. 56 millions d’euros pour un stade en zone rouge… « 

Le RIC, référendum d’initiative citoyenne, je n’y suis pas opposé : je l’ai même dit dans mon programme à la mairie de Montpellier en 2014. Mais la Métropole ne peut pas l’organiser, la loi le lui interdit ! » Seules les communes peuvent le faire et encore pas à un an des élections municipales ».

« On ne peut pas régler cette inondabilité à moins de dévier la Mosson d’un kilomètre en aval… » Montpellier a loupé le coche pour la Coupe du Monde de rugby en 2023 à cause de cela, a révélé Philippe Saurel, expliquant avoir évoqué le projet de nouveau stade avec Louis Nicollin, de « son vivant », puis d’avoir lancé études de faisabilité et financières pour le reconstruire à Cambacérès. « Plusieurs pistes de financement avaient été évoquées. Et le principe de cette nouvelle implantation acté dès le 14 décembre 2016. A savoir que le futur stade Louis-Nicollin devait être rejoint par un Palais des Sports pour remplacer le gymnase René-Bougniol, obsolète, où l’équipe de hand professionnelle du MHB ne veut plus y jouer des matches de Coupe d’Europe et loue l’Arena. Et c’est nous qui payons. Les filles du basket de Lattes ont aussi vocation à rejoindre cet équipement. Seulement trois élus ont voté contre : Jamet, Larue et Martin. » Et tout le reste par la suite a été voté « à l’unanimité ».

Enfin, le président de la Métropole est revenu sur les demandes régulières d’associations et d’opposants sur le RIC, référendum d’initiative citoyenne. « Je n’y suis pas opposé : je l’ai même dit dans mon programme à la mairie de Montpellier en 2014. Mais la Métropole ne peut pas l’organiser, la loi le lui interdit ! » Seules les communes peuvent le faire et encore « pas à un an des élections municipales ». Et d’ajouter dans une formule : « Le RIC, ce seront les municipales ! Chacun se déterminera s’il est pour ou non le stade. Moi, j’opterais, si je suis candidat, à une reconstruction neuve et le transfert à Cambacérès ou proche de ce quartier, en fonction des études. »

Quant aux 20 millions d’euros déjà provisionnés de la Ville et de la Métropole, « eh bien ils seront reversés aux budgets respectifs ».

Olivier SCHLAMA

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