Dossier Stades : En France, c’est la quadrature du ballon rond

Le projet du futur Stade Louis-Nicollin à Montpellier agite les esprits... Photo D.-R.

Un nouveau stade pour Montpellier et, tout de suite, le match est lancé. Pas toujours forcément avec fair-play… L’un des plus éminents spécialistes de l’économie du sport, Jérémy Moulard, souligne pour Dis-Leur ! les incohérences hexagonales et met en avant les exemples les plus vertueux. Mais comme rien ne filtre du schéma prévu par le maire de Montpellier, Philippe Saurel, toutes les conjectures restent possibles. Une seule chose semble indiscutable : Louis Nicollin mérite bien que le stade de « son » MHSC porte son nom !

Professeur de Sciences économiques à l’Université du Mans, Jean-Pascal Gayant a lui aussi étudié « Le(s) modèle(s) économique(s) des stades en Europe »… concluant à l’issue d’une analyse approfondie que : « En France, le mouvement de construction et rénovation de stades (hors Parc O.L. et Arena 92) n’est globalement pas une réussite. »

Le constat fait lors de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, (les 12 stades construits entre 2000 et 2005 ont permis une augmentation de 32 % de l’affluence moyenne dans les stades en Bundesliga) n’a pas eu d’écho avec l’Euro 2016 en France. Comme le souligne Jean-Pascal Gayant, « certains stades neufs ou rénovés semblent, en l’état actuel, surdimensionnés : Bordeaux, Saint Etienne (42 000 places). Et la construction de certains nouveaux stades s’est traduite par des fiascos : MMArena au Mans (25 000 places) ou des semi-fiascos : Grenoble (20 000 places) »

Le regard d’un autre chercheur, Jérémy Moulard, qui a étudié de près les 13 stades construits pour l’Euro 2016, est identique : « Je conseillerais à Montpellier de limiter la jauge du futur stade à 15 000 ou 16 000 places. D’une part, ce sera un stade moins onéreux à construire. Ensuite, cela permettra une meilleure maîtrise des coûts de maintenance et de fonctionnement qui, souvent très mal appréhendés, sont sous-estimés… » révèle-t-il à Dis-leur ! dans un long entretien.

Ph.-M.

Notre dossier :

L’ombre de « Loulou » et Georges Frêche

Pour l’instant, Philippe Saurel comme le clan Nicollin ne dévoilent pas encore quelles en seront les sources de financement. Ni quel retour sur investissement on pourra en attendre. L’opposition dénonce un projet à marche forcée et un manque de consultation. Dis-Leur ! a enquêté sur l’opportunité d’un tel équipement, notamment en allant voir ailleurs : Car en tenant sa promesse, faite à feu Louis Nicollin, l’emblématique Loulou, de construire un nouveau stade pour le MHSC, Philippe Saurel soutient opportunément la création du nouveau quartier Cambacérès. Poursuivant par la même occasion le vieux rêve de son mentor politique, Georges Frêche, d’une Montpellier-sur-Mer. La première pierre de la nouvelle arène doit être posée au mois de juin, à l’occasion de la Coupe du monde féminine de foot, pour laquelle Montpellier fait partie des villes hôtes… Lire la suite

Un « modèle allemand » mal imité

Quant à Jérémy Moulard, il espère « que Montpellier ne fera pas les mêmes bêtises que la majorité des 13 autres villes françaises qui avaient érigé un nouveau stade à l’occasion de l’Euro 2016. » Docteur en management du sport pro, le Stéphanois Jérémy Moulard n’est pas tendre avec tous ces projets – calqués en partie sur le modèle allemand – qui, « faute d’avoir bien dimensionné leur stade à leur jauge de public et à leurs besoins réels, sont en train de perdre la partie… » Lire la suite