Régionales : Terrail-Novès, candidature « entre gauche raisonnée et droite modérée »

Vincent Terrail-Novès, 42 ans, maire de Balma, près de Toulouse, se définit comme « hors des partis », comme le fut l’ex-maire de Montpellier, Philippe Saurel. Il devrait être soutenu par la République en Marche et fait de Carole Delga sa cible privilégiée.

On commence à y voir plus clair sur les candidats qui s’aligneront pour les Régionales. Alors que des noms prestigieux avaient jadis circulé, dont certains furent récemment ministres. Connu dans le Toulousain, beaucoup moins dans l’ex-Languedoc-Roussillon, Vincent Terrail-Novès, maire de Balma, 3e vice-président de Toulouse métropole et conseiller régional de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée, a officialisé sa candidature à l’élection régionale en Occitanie en juin prochain. Avec sa liste baptisée Un Nouvel Élan occitan, il affrontera notamment au premier tour la présidente socialiste sortante, Carole Delga ; Antoine Maurice (EELV) et Jean-Paul Garraud, soutenu par le RN.

J’ai voulu m’engager très jeune en politique. Mais je n’ai jamais eu besoin de la politique pour vivre (…) Je ne dépends d’aucun parti. Ce qui me guide, c’est l’humain »

Ex LR jusqu’en 2017, le candidat se situe « entre la gauche raisonnée et la droite modérée ». Hors partis. Il dit : « C’est une candidature à la présidence de l’Occitanie longuement réfléchie. J’ai 42 ans. J’exerce toujours mon métier de kinésithérapeute deux fois par semaine dans un Ehpad ; avec mes patients, la moitié du temps, c’est pour le geste technique, l’autre moitié pour le côté humain. J’ai voulu m’engager très jeune en politique. Mais je n’ai jamais eu besoin de la politique pour vivre (…) Je ne dépends d’aucun parti. Ce qui me guide, c’est l’humain. Je me suis présenté à la mairie de Balma, 17 000 habitants, en 2008 et j’ai finalement été élu maire en 2014. » Une expérience qu’il estime réussie au niveau local et qu’il espère dupliquer au niveau régional.

« Large rassemblement progressiste »

Le candidat, que le parti présidentiel de la République en Marche devrait soutenir dans les prochains jours, a ensuite montré un « film sur sa volonté de gagner cette région, visible sur les réseaux sociaux, dans lequel il explique s’être beaucoup interrogé ; beaucoup questionné… » Il prône « un large rassemblement progressiste » de gens de bonne volonté, hors les « dogmes » des partis politiques qui les poussent à des alliances et des compromissions.  » Je ne suis membre d’aucun parti ; j’ai reçu de ma famille le goût de l’effort ; j’ai appris à ne jamais reculer… » Comme Philippe Saurel, l’ex-maire de Montpellier qui avait créé en 2015 les Citoyens du Midi, avec la volonté de s’affranchir des « clivages » et des « postures dogmatiques ». En phase avec le fameux « en même temps » de Macron.

« J’ai quitté LR parce que je ne m’y reconnaissais plus »

« Je ne sais pas ce que fera Saurel pour ces régionales (…) Mais je rencontre beaucoup d’élus. Moi, j’ai ma ligne, mon cap et je vais le dérouler. J’ai quitté LR en 2017 parce que je ne m’y reconnaissais plus », dit Vincent Terrail-Novès, évoquant des « postures où l’on critique les idées du camp d’en face alors que si c’était quelqu’un de ton propre camp, ce ne serait pas le cas. Moi, je ne veux pas l’échec des opposants. Je veux réussir pour les habitants. Ensuite, pour ceux qui sont dans un parti, les régionales c’est un tremplin pour le niveau national ».

« L’Occitanie, 2e région pour le chômage le plus élevé »

Vincent Terrail-Novès a ensuite été très critique sur la gestion de Carole Delga qui gère de « manière dogmatique », prisonnière de ses alliances à gauche et « en vue du second tour, ce qui bloque certains projets pourtant d’avenir et primordiaux », a-t-il dit en substance. Exemples : « Les écolos ne veulent pas de projets structurants comme la LGV alors que c’est très important pour le désenclavement de la région… Il y a aussi le passage à deux fois deux voies express de la RN 88, de Saint-Etienne à Albi. Un dossier là aussi majeur » mais aux prises avec une vieille contestation possiblement rancunière. Continuant à dévoiler les axes de critique du bilan de Carole Delga, il ajoute : « Le dogme des transports, ça suffit. Ce que je veux c’est que les TER partent et arrivent à l’heure… »

Son adversaire est définitivement désigné : « Le projet sera co-construit collectivement mais déjà sachez que l’Occitanie est la deuxième région pour le taux de chômage le plus élevé de France : 25 % des jeunes de moins de 25 ans sont sans travail. L’emploi fait pourtant partie des principales compétences des Régions et c’est ici un échec. Je proposerai des solutions novatrices en la matière », a-t-il indiqué, évoquant son penchant pour « l’évaluation efficace des politiques publiques d’une Région qui gère 3,7 milliards d’euros de budget ».

« La région, chef d’orchestre… »

Enfin, Vincent Terrail-Novès a prôné : « La région doit être chef d’orchestre dans l’organisation des différents acteurs participants aux plans de relance » pour davantage de visibilité pour les entreprises. « A Balma j’ai fait faire un guide répertoriant toutes les aides possibles. Il faut faire la même chose au niveau régional… »

Il y a quelques jours, un sondage commandé par LR a opportunément fuité, donnant la liste de Vincent Terrail-Novès à 9 %, loin derrière Carole Delga et le RN (entre 26 % et 30 %). « C’est très difficile de commenter un sondage commandé par LR… Ce que je peux dire c’est j’ai beaucoup échangé avec des gens de ce territoire.  Et que je suis le seul candidat sans parti. Et je suscite beaucoup d’espoir. Je me présente pour gagner », fait-il accroire.

Le maire de Balma ne veut pas imaginer la configuration d’un second tour où il serait distancé ou obligé de s’allier. Même s’il accuse un déficit de notoriété en ex-Languedoc-Roussillon, il insiste : « J’ai les réseaux et les relais dans chaque département. Les têtes de liste départementales seront désignées début avril et je ferai mon premier déplacement de campagne dans le Gard. Suivront les PO, l’Hérault et les autres départements de l’ex-Midi Pyrénées. »

Olivier SCHLAMA