Racines Sud : 1 200 ambassadeurs d’Occitanie dans le monde

L'idée était d'encourager la mobilité des jeunes actifs dont beaucoup ne parlent pas très bien l'anglais et encourager les TPE à l'exportation, un secteur où elles pouvaient trouver des débouchés. De donner aussi plus de visibilité de Montpellier et de l'Hérault à l'international. Photo : DR.

Tous originaires d’Occitanie, ils s’appellent Yves, Isabelle, Françoise… Ils sont 1 200 et tous adhérents d’une association unique en France, Racines Sud, basée à Montpellier qui les réunit dans un réseau économique et fait rayonner la nouvelle région dans le monde entier. Revue d’effectifs avec sa directrice Emmanuelle Darras, et son président, Gilbert Ganivenq, fondateur de Proméo, basé à Sète (Hérault).

Si loin, si proche… Directrice de Racines Sud, Emmanuelle Darras est à la tête d’une association unique en son genre, à vocation économique, qui revendique 1 200 adhérents de par le monde, exclusivement issus de l’Occitanie. Rien à voir avec les Bretons de New York qui se réunissent pour déguster une crêpe ou les Sétois de Paris qui se font un boeuf autour d’un hommage à Brassens…L’association Racines Sud qui a même été auditionnée pour son savoir-faire par le ministère des Affaires étrangères et qui est référencée par le Sénat. Emmanuelle Darras dit : « On a créé Racines Sud il y a un peu plus de 10 ans, en 2007. L’idée était d’encourager la mobilité des jeunes actifs dont beaucoup ne parlent pas très bien l’anglais et encourager les TPE à l’exportation, un secteur où elles pouvaient trouver des débouchés. De donner aussi plus de visibilité de Montpellier et de l’Hérault à l’international. C’était l’idée pionnière de l’ancien président PS du Département de l’Hérault, André Vezinhet. Ce réseau de chefs d’entreprises et de CSP + – banquiers, directeur de filiales et fondateurs de start-up – sont de véritables ambassadeurs de notre région !

Souvent, ils s’expatrient professionnellement par manque de propositions dans la région. Racines Sud est bien représentée en Grande-Bretagne, en Espagne, en Belgique, au Maroc, à Montréal, aux USA. En Chine, à Shanghai, nous avons une bonne représentation. »

Emmanuelle Darras, à droite.

Accessoirement, le réseau est un réseau d’affaires. « Nous recevons une aide de la région pour travailler sur l’attractivité de la nouvelle région Occitanie. C’est d’ailleurs dans ce cadre que nous avons déjà organisé sept rencontres internationales pour expliquer la fusion il y a deux ans de Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon. Nous avons aussi signé des conventions avec des grandes écoles comme Montpellier Business School, les facs de pharmacie et de Chimie, de Supagro, etc. » Les adhérents sont  enclins à recruter des stagiaires bien formés et se développer avec eux. Un club d’export a aussi été créé servant « de mise en relation. C’est ainsi que l’on a pu trouver des distributeurs à l’international pour une TPE régionale. Chaque année, nous enregistrons quelque 120 adhérents supplémentaires. C’est une progression raisonnable car je veux pouvoir les connaître tous pour être plus efficace. » Le profil-type ? « Entre 35 ans et 40 ans, Bac + 5. Souvent, ils s’expatrient professionnellement par manque de propositions dans la région. Racines Sud est bien représentée en Grande-Bretagne, en Espagne, en Belgique, au Maroc, à Montréal, aux USA. En Chine, à Shanghai, nous avons une bonne représentation. »

Gilbert Ganivenq, fondateur de Proméo, pionnier

Pionnier des expatriés de la région, Gilbert Ganivenq, 67 ans, il a longtemps été un expat’, comme on dit. Même s’il se revendique « enfant de la région » : « Je suis né à Montpellier ; du côté de ma mère, on est de Balaruc et de mon père de Cournonsec. » Le baccalauréat en poche, il s’expatrie une première fois au Havre (Seine-Maritime). C’est certes dans l’Hexagone mais pas la porte à côté… « J’y ai suivi les cours d’une école d’ingénieurs agronomes spécialisés dans le développement de l’agriculture dans les pays en voie de développement, comme on disait à l’époque. » C’est ainsi que « j’ai passé cinq ans en Afrique à suivre des programmes de plantations de coton. J’étais incollable, dit-il, sur la parasitologie de cette plante ».

Il vend des biens immobiliers dans l’Hexagone aux français vivant à l’étranger

Gilbert Ganivenq, qui a fondé Proméo, est président de Racines Sud.

Sur place, toujours en Afrique, il rencontre « des gens spécialisés dans l’immobilier. J’ai ensuite monté une entreprise en Afrique, France conseil Outremer, qui proposait à la vente des biens immobiliers dans l’Hexagone à des Français vivant à l’étranger », des expatriés donc, une nouvelle fois ! Au mitan des années 1970, après avoir constitué un réseau de vente de biens dans le monde pendant dix ans, il revend sa boîte et rentre en France. « Retrouver mes racines. Je me suis dit alors : « Pourquoi ne pas continuer la vente immobilière ? » C’est ce qu’il fit.

Deux mille salariés, 350 campings, dont 50 sont en pleine propriété

« Les voyages forment la jeunesse et déforment les valises » et entretiennent l’esprit d’entreprendre. Revenu sur « son territoire d’origine », il devient promoteur immobilier. En 1989, nait Immo Finances. Une branche camping verra le jour en 2003. Les deux activités se développent simultanément. Jusqu’à entrer en bourse et devenir le N°1 européen de l’hôtellerie de plein air qui représente aujourd’hui 2 000 salariés, 350 campings, dont 50 sont en pleine propriété.  Le nom du groupe est devenu entre-temps Proméo. « En 2015, on est sortis de la bourse parce que l’on n’avait plus besoin de lever des fonds. Désormais, les deux activités sont distinctes. L’immobilier représentant bon an mal an 1 200 logements réalisés par an et 40 salariés. » Chacune des deux activités représente 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. Avec 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, le groupe Proméo caracole en tête du palmarès des entreprises d’Occitanie.

Olivier SCHLAMA