Le nom du département reste inchangé, bien que talonné de près par Pyrénées-Catalanes. Pyrénées-Méditerranée a été moins choisi par les 38178 électeurs qui se sont exprimés.
Attaché profondément à leur territoire dont ils sont fiers : voilà sans doute ce que l’on pourrait en déduire du vote sur le nom du département des Pyrénées-Orientales dont le dépouillement a eu lieu vendredi soir. Le résultat de cette consultation ouverte du 22 juin au 15 août est sans appel. Entre “Pyrénées-Orientales”, “Pyrénées Catalanes” et “Pyrénées Méditerranée” avec une participation à hauteur de 10,40 % des inscrits sur les listes électorales, c’est le premier qui a eu les faveurs des votants. Le nom de notre département reste inchangé, bien que talonné de près par Pyrénées Catalanes, ce qui montre l’attachement fort à notre catalanité. Si les électeurs avaient choisi d’en changer, c’est le Conseil d’Etat qui aurait tranché.
Un engagement de campagne
Tout ça pour ça, pourrait-on dire. Cette démarche s’inscrit dans la continuité directe de la grande concertation Imagine les P-O, lancée en 2019, dont étaient issus 30 engagements concrets pour le territoire et un engagement de campagne des élections départementales de 2021. Ce projet a ensuite été discuté, en 2024, 2025 et 2026 avec les universitaires et consulaires, les représentants des associations de culture et de langue catalane, organisations patronales et professionnelles, puis avec la population à l’occasion du dialogue citoyen Parlons Avenir.
À l’issue du dépouillement qui s’est déroulé ce vendredi 28 août en début de soirée à l’hôtel du département, les électrices et les électeurs des Pyrénées-Orientales ont choisi de conserver le nom actuel du département de -plus oriental de l’Hexagone.
38 178 suffrages exprimés
Dans le détail, le vote s’est exprimé ainsi : sur 38 178 exprimés (environ 10 % du nombre total d’électeurs du département) : 47,21 % pour Pyrénées-Orientales, 42,15 % pour Pyrénées Catalanes et 10,64 % pour Pyrénées Méditerranée. La Présidente Hermeline Malherbe a rappelé qu’en “2021, avec les élus de la majorité départementale, nous avions pris un engagement devant les Catalans : celui de ne jamais trancher seuls une question aussi identitaire que le nom de notre département, mais de la remettre entre les mains de ses habitants. J’avais dit, dès le lancement de cette réflexion, que nous respecterions la décision de la majorité des votants. Ce n’était pas un slogan de campagne : c’était une promesse, et elle est aujourd’hui tenue au mot près.
“Le département continue bien évidemment à se concentrer sur les priorités du territoire”
Comme pour replacer dans un contexte d’enjeux bien plus importants, Hermeline Malherbe a précisé : “Ce projet n’a pas impacté notre engagement sur les politiques que nous déployons pour répondre aux défis actuels. Notre territoire n’a pas été épargné par les conséquences du changement climatique. Le département continue bien évidemment à se concentrer sur les priorités du territoire : le soutien à nos services d’incendie et de secours, la lutte contre la précarité énergétique, l’accompagnement de proximité des habitants, la protection de notre environnement, la gestion de la ressource en eau, la transition écologique, le soutien à notre agriculture locale, la défense du service public…”
Et d’ajouter à l’adresse de ceux qui ont mis un bulletin Pyrénées Catalanes : “Le maintien du nom Pyrénées-Orientales ne signifie en rien un renoncement à notre identité catalane. Notre catalanité, elle vit dans notre langue que nous continuerons de soutenir la culture et la langue catalane notamment avec l’OPLC, dans notre patrimoine que nous continuerons de préserver et valoriser, dans nos relations transfrontalières. Nous continuerons également le travail engagé autour de la marque Pays Catalan.”
“Nous poursuivrons nos politiques de soutien à la culture et la langue catalane”
Nicolas Garcia, 1er vice-Président du département, a également réagi : “On ne peut pas repprocher à des élus de tenir leurs engagements. Les habitants ont eu le choix. C’est un bon résultat de participation, c’est toujours bon pour la démocratie de demander l’avis des habitants. Tel qu’on s’y était engagé nous ne ferons pas de proposition de changement de nom mais nous poursuivrons nos politiques de soutien à la culture et la langue catalane ainsi qu’aux politiques transfrontalieres et nous allons travailler avec les acteurs économiques sur la marque Pays Catalan.”
Olivier SCHLAMA
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