Ports, campings…: Avec Aquatech, fini les dégazages dans la nature !

Pour éviter que les plaisanciers, campeurs, etc., ne vident leurs toilettes dans les ports ou le milieu naturel, il existe une solution autonome d’une start-up héraultaise, AquaTech, qui recycle les eaux noires sur place et les rejette avec une qualité « eau de baignade ». Le potentiel est immense.

Geneviève Marais, Héraultaise de 46 ans, est « très tôt entrée dans la vie active ».  » Je suis une autodidacte », ajoute-t-elle. Ses qualités s’aiguisent dans le tourisme : elle crée, entre autres, une agence de communication et d’événementiels, accompagnant, par exemple, pendant plus de 12 ans, la stratégie de développement le salon nautique du Cap d’Agde, une référence dans la région, ainsi que des professionnels du nautisme.« J’ai aussi travaillé à la création de nouveaux hôtels, y compris des projets haut de gamme… », précise-t-elle.

« Un projet qui donne du sens à ma vie… »

Aujourd’hui, Genevière Marais est dans le greentech, comme on dit aujourd’hui. C’est-à-dire dans l’écosystème mêlant écologie et technologie dont certaines pousses connaissent le succès. Elle est à la tête d’une start-up, AquaTech Innovation (six salariés), mise en route en août 2018, et qui développe le concept d’une mini station d’épuration autonome. Avec un potentiel très important.

Associée à un chercheur-ingénieur, Dominique Lassablière, soucieuse d’écologie, recherchant « un projet qui colle à mes valeurs et qui donne du sens à ma vie », Geneviève Marais, « passionnée par la mer », crée donc Aqua Tech. La SAS propose un procédé qui recycle les eaux noires des bateaux, notamment, ou des campings qui s’en servent pour leurs espaces verts. De quoi mieux préserver la ressource en eau sur la planète.

« L’eau rejetée avec une qualité eau de baignade »

« Nous développons une solution qui n’est pas chimique et qui ne reçoit aucun traitement. Nous utilisons les bactéries naturelles, comme une station d’épuration. Au bout du cycle, l’eau peut être rejetée dans le milieu naturel avec une qualité eau de baignade. » Ce n’est, certes, pas la seule solution biologique existante de ce type. L’innovation de AquaTech réside dans sa capacité révolutionnaire à s’adapter au contexte et aux volumes d’eaux sales à purifier.

Ne serait-ce que dans la région, cette solution peut servir de nombreux campings et ports. « On ne vise pas les gros bateaux qui ont leur propre solution embarquée. Nous nous positionnons à terre, dans des coins de ports qui ne sont pas raccordés ; là où les plaisanciers viennent vider leurs eaux noires. Nous pouvons équiper des cuves à terre avec notre procédé. C’est une offre qui complète celles existantes dans les ports ou les campings mais bien d’autres lieux. » Geneviève Marais ajoute qu’un camping en bord de mer a ainsi pu « maintenir son activité et la location de ses mobil home grâce à notre solution démontable et autonome avec sanitaires privatifs ». Camping qui, jusque-là n’avait aucune solution de raccordement.

« Ce système fonctionne parfaitement depuis des années ».

C’est ainsi que AquaTech a installé par exemple son innovation au Cap d’Agde pour répondre à une demande très fluctuante, de 300 plaisanciers l’été à 10 l’hiver : c’est cette prouesse technique qui donne une forte plus-value à la start-up. « Nous faisons en sorte que les bactéries aient toujours à « manger ». Elles ont une durée de vie très courte mais comme elles se renouvèlent souvent, elles restent tout le temps très performantes. » Ce que confirme Pierre Weiss, directeur du port du Cap d’Agde jusqu’à fin janvier 2021. Jeune retraité, il explique que ce « système fonctionne parfaitement depuis plusieurs années ».

Il ajoute : « Nous avons été très surveillés dès le départ. Du coup, nous faisions des auto-tests chaque mois pendant un an. » Ce qui a parfois permis de démontrer que le système fonctionne parfaitement et de le dédouaner : « Parfois, en été, des prélèvements montraient que dans le port l’eau n’était pas propre ; c’était dû à des plaisanciers qui dégazaient malgré tout ! » Le procédé a un coût, souvent pris en charge en partie par les collectivités.

Gratuit pour les plaisanciers

Dans le bassin de l’île des Loisirs, au Cap d’Agde, confie Pierre Weiss, « nous avions un problème de foncier et un lieu difficile à raccorder au système général et des plaisanciers qui vidaient leurs cuves d’eaux noires directement dans le port ! AquaTech nous a proposé une solution globale  avec un bloc sanitaire, l’extension du ponton et une plate-forme. Coût : 200 000 €, mais aidé par la région Occitanie », confie-t-il encore. L’autre avantage de cette solution, c’est qu’elle a certes un coût mais elle est gratuite pour le plaisancier. Seule inconnue : Pierre Weiss espère que son successeur à la tête du port de plaisance relancera le système, à l’arrêt à cause de la crise du covid.

Canal du Midi, péniches sur la Seine, JO 2024…

Canal du Midi, péniches sur la Seine, et même les JO 2024 : les possibilités d’installation sont infinies. « Imaginez : il y a 13 millions de plaisanciers en France. A raison de 10 litres d’eaux noires par jour et plaisancier, cela représente 130 millions d’eau à traiter. » C’est aussi la raison pour laquelle AquaTech a lancé une levée de fonds de 1 M€ « pour lancer une phase d’industrialisation de notre solution ».

Aqua Tech est aussi aidée par Orange qui a créé un programme baptisé #femmesentrepreneuses (lire ci-dessous). Que des femmes chef d’entreprise, n’est-ce pas étonnant ? « C’est un grand sujet, dit-elle. Il y a encore beaucoup à faire pour que les femmes chef d’entreprise trouvent leur juste place. Même si je ne suis pas sûre qu’il faille les réunir comme cela dans un programme spécifique, c’est une bonne chose. Car c’est dur. Moi, je ne suis pas dans seulement la tech avec une appli à vendre. Je vends une solution où il m’arrive de me déplacer en escarpins pour parler de chasse d’eau. J’aime bien mais cela colle à mon caractère… »

Et de conclure : « Une femme commence dans la vie avec une grosse charge sur le dos. Le seul message que je peux dire à celle qui veulent se lancer ou celles qui hésitent ? Oser ! Er soyez fidèles à vos valeurs. Et ne rien lâcher. Peut-être que certaines manquent de courage…? Moi, j’avais envie de liberté et personne ne me mettra dans une case ni dans une cage… »

Olivier SCHLAMA

(1) AquaTech est, entre autres, « accélérée » au Bic de Montpellier ; à Nîmes Open Lab, satellite de la Région Occitanie. Elle a reçu différents prix, dont celui de la TPE 34 et concourt pour le prix de la TPE Régionale.

Quand Orange aide les… start-uppeuses

L’opérateur a créé un programme dédiée aux femmes chef d’entreprise.

De la visibilité sur les réseaux sociaux ; du coaching ; des formations en accès illimité ou encore une expertise pour les choix importants (prêts, relation client, informatique…), jouant le rôle d’un tiers de confiance qui peut conseiller en toute connaissance de cause. De pouvoir échanger avec une communauté d’entraide. Et même de pouvoir tester leurs idées et leurs offres dans les boutiques Orange !

Tony Zagaroli. Directeur programmes innovation Orange Sud est. DR

« Nous offrons de la visibilité à leurs projets sur nos réseaux sociaux. Par exemple la saison précédentes les lauréates elles ont pu bénéficier de 8 millions de vues l’année dernière », précise le irecteur des projets innovation pour l’Occitanie Est d’Orange Tony Zagaroli explique comment est né ce programme spécial baptisé #FemmesEntrepreneuses qui a soutenu depuis son lancement il y a trois ans une centaine de start-uppeuses, dont 26 en Occitanie Est, dont cinq cette saison (1). « C’est un programme de soutien de six mois », précise Tony Zagaroli.

Ce dernier précise : « Seulement 10 % des start-up sont fondées par des femmes alors que dans l’économie classique elles sont 30 % à créer une entreprise. Pourtant les entreprises comptant au moins une créatrice sont 63 % plus performantes que celles créées par des hommes exclusivement… » Cherchez l’erreur.

Ce dispositif a été lancé il y a trois ans par Fabienne Dulac, directrice exécutive d’Orange France. Il s’agissait de bousculer un contexte difficile pour l’entreprenariat féminin. « C’est du sur-mesure. Il s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale de proximité avec l’écosystème innovation du territoire, la French Tech Med, Open Tourisme Lab de Nîmes… » 

« C’est un programme totalement à la carte. Ce n’est pas de l’incubation ni de l’accélération. fonder une entreprise, c’est une tranche de vie qui a parfois d’une aide forte et pertinente. C’est ce que nous faisons. »

O.SC.

(1) En Occitanie Est, les 5 startups soutenues par Orange sont :

  • AquaTech Innovation, des solutions à terre ou à flot, pour assainir, recycler et régénérer notre ressource en eau, de façon 100 % biologique, pour tout type de milieu sensible.
  • MyCharlotte, une plateforme web et mobile permettant un accompagnement à distance des patients atteints de cancer, afin d’améliorer leur qualité de vie.
  • Mysportcamp, un centre d’innovation en ligne destiné au monde du sport pour accompagner et favoriser l’émergence de projets à impact positif.
  • Semillan, un germoir automatisé innovant avec application mobile et interface de gestion, permettant la production de micro-pousses et graines germées alimentaire en toute sécurité.
  • TatiTag, des biocapteurs innovants pour la détection en temps réel d’agents pathogènes (bactéries) dans un échantillon liquide, avec une analyse des résultats sur une application mobile.