Musique : Bigflo et Oli aux Déferlantes, avant un break

Les Déferlantes, à Argelès (Pyrénées-Orientales) Bigflo et Oli ont répndu aux questions de Dis-Leur ! Photo Fanny RIGAL

Comme chaque année, à pareille époque, le festival Les Déferlantes était de retour sur la côte catalane. A Argelès-sur-mer, au château de Valmy, les artistes se produisent sur scène dans un cadre exceptionnel pour le plaisir de tous les locaux et de nombreux vacanciers. Après 13 ans d’existence, le festival fait désormais partie des coups de coeur de chanteurs reconnus et notamment des Toulousains Bigflo et Oli qui reviennent pour la deuxième fois présenter un album aux Déferlantes et ils sont toujours aussi conquis.

« On est super content d’être là, on y a de super souvenirs. On a fait beaucoup de festivals mais celui-là c’est un festival qu’on apprécie particulièrement. Il y avait Cali, Rémi Gaillard qui était venu chanter avec nous sur scène. On était allés voir Nekfeu dans sa loge donc c’était une grosse soirée. C’était un des premiers, c’était le début de nos grosses scènes », racontent-ils d’une seule voix, avant de répondre à nos questions :

Vous revenez cette année avec un triple disque de platine pour « La vraie vie » sorti en 2017, un double disque de platine pour « La vie de rêve » que vous défendez cet été, une Victoire de la musique, qu’est-ce que ça fait d’être aux Déferlantes après tout ça ?

Bigflo : « Il s’en est passé des choses entre temps. En trois ans de festivals et de tournées, on a eu trois Victoires de la musique, trois NRJ Music Award, des disques de platine. Ça fait bizarre et ça fait plaisir. Comme l’équipe n’a pas changé depuis et qu’on est toujours entre frères, on a parfois du mal à réaliser. »

Oli : « Souvent, c’est davantage tout ce qu’il y a autour de nous qui a changé mais nous au final, on n’a pas l’impression de revenir différents de 2016. C’est juste qu’il y a plus de monde, on passe un peu plus tard dans la programmation sinon il n’y a rien d’autres qui a changé. On est les mêmes. »

Bigflo : « On a grandi mais on essaie de garder un peu de candeur face à tout ça même si forcément aujourd’hui jouer devant 4 000 personnes, on le fait souvent donc c’est difficile de garder l’effet wahou mais on essaie de l’avoir quand même. »

Oli : « Là, on revient avec un nouveau show, on est hyper contents, avec de nouveaux morceaux qui mélangent un peu ceux des trois albums. »

Comment faites-vous pour enchainer les dates sans lassitude ? Est-ce que vous faites des nouvelles improvisations à chaque scène ?

Photo Fanny RIGAL

Bigflo : « La vérité, c’est que sur scène, on prend toujours autant de plaisir. On a beaucoup d’amis qui sont plus âgés et qui sont là depuis plus longtemps dans la musique, et on leur demande pourquoi à leur âge ils sont encore sur scène. Et ils nous répondent que le plaisir c’est toujours le même et on ne les croyait pas vraiment. Au final, ça fait presque dix ans que l’on fait des scènes et c’est vrai que le plaisir reste inchangé. C’est toujours un régal de voir les gens et le public. »

Oli : « On ne fait pas beaucoup d’improvisations. On le fait croire aux gens, c’est notre technique mais on aime bien quand les choses sont carrées. Quand on regarde le concert, ça a l’air un peu improvisé mais c’est beaucoup de travail. On est un peu des arnaqueurs. »

Au Déferlantes, il y a un public très varié. Est-ce que vous modifiez votre show en fonction de la scène et du public présent ?

Bigflo : « Oui, on adapte le show selon le public. Les festivals ne se ressemblent pas, il y en a avec une moyenne d’âge plus jeune. L’horaire aussi joue, qui fait monter le taux d’alcoolémie. On calcule par rapport à ça quels sons on ne va pas faire. On sait par exemple que si l’on joue à 23 heures en Bretagne, on va éviter de faire des chansons tristes et si on joue un dimanche vers 18 heures, on va pas essayer de mettre la même ambiance. C’est vrai qu’on adapte un petit peu à chaque fois. »

Oli : « Et on s’adapte aussi pour le public qui ne nous connait pas et qui nous a juste entendu à la radio. Les festivals, c’est une chance un peu d’aller charmer, d’aller convaincre un autre public ».

Être frères, est-ce une richesse de plus dans votre démarche ?

Bigflo : « Evidemment, on est soudés, on sait que personne ne pourra se mettre entre nous. On est deux donc on a une force de négociation un peu plus forte. Il y a peu de gens qui peuvent nous atteindre. Il y a ce lien là qui fait qu’on a pas besoin de parler pour se comprendre. »

Oli : « Et sur scène, on a une complicité qui dure depuis des années, depuis tout petit quand on faisait des spectacles dans le salon de nos parents. On a un avantage sur beaucoup de gens car même si t’es ami avec quelqu’un, ça ne sera jamais pareil. Là on est en famille, il y a aussi notre père qui va monter sur scène. »

Vous êtes déjà venus en Pays catalan, qu’est ce que vous en pensez, qu’est-ce que vous aimez ?

Photo Fanny RIGAL

Oli : « On adore, on a des super souvenirs à Perpignan. On a fait une résidence, une semaine de répétitions au Mediator. On a un ami qui s’appelle Nemir (un rappeur connu, NDLR) et qui nous avait fait visiter la ville. »

Bigflo : « Et puis il y a cette culture un peu espagnole, un peu gitane que notre père aime beaucoup. Donc on aime beaucoup ici mais en même temps c’est difficile de ne pas aimer cet endroit. Il fait beau, il y a la mer, c’est nickel ! »

Vous avez annoncé vouloir faire un coupure après vos dernières dates de la tournée (en Occitanie, ils seront à Toulouse le 14 juillet et à Sauveterre-de-Rouergue en Aveyron- le 1er août), pourquoi ?

Bigflo : « Oui en février, ça sera une petite coupure pour pouvoir travailler sur le prochain album. Tout est possible dans ce futur album. On a la chance de vivre aujourd’hui dans un monde où la musique n’a plus de frontières. Tout le monde peut faire ce qu’il veut. Il y a même des rappeurs qui font des chansons de rock au milieu de leur album. Il n’y a plus de règles. On reviendra plus fort en tout cas. »

Oli : « On va sortir un peu de notre zone de confort. C’est pour cela qu’on a besoin de prendre du temps et de faire une pause. On ne veut pas annoncer de date et devoir bâcler l’album en faisant vite. On doit voyager, prendre de l’inspiration. »

Propos recueillis par Fanny RIGAL, à Argelès-sur-Mer
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