JO 2024 : La Grande-Motte, toutes voiles dehors

Selon Franck Citeau, directeur du Pôle France de Multicoques, "beaucoup de conditions sont réunies pour que l'on soit naturellement la base arrière du pôle voile olympique de Marseille pour les Jeux olympiques de 2024". Photo : Richard Sprang.

Nantie d’un plan d’eau exceptionnel en Méditerranée, la Grande-Motte (Hérault) espère être la base arrière de Marseille pour les JO 2024. Une régate internationale d’entrainement se tient en mai prochain. Dis-Leur ! fait le point avec les acteurs impliqués, notamment le maire ; Franck Citeau, directeur du Pôle France multicoques, et Gérard Bessière, inspecteur général de la Jeunesse et des Sports, au ministère des Sports, qui a expertisé les sites de la région.

C’est le directeur du pôle France de multicoques et bateaux à foil, dérive qui permet de faire voler le bateau au-dessus de l’eau, qui le dit : « Le plan d’eau de la Grande-Motte est exceptionnel. Nous sommes à la fois protégés par les Cévennes et nous avons une côte, qui se prête admirablement à la pratique, une côte qui, de plus, est ensoleillée, où l’on peut pratiquer tout au long de l’année. L’aéroport est à dix minutes, le TGV idem avec la future gare de la Mogère, on a les infrastructures hôtelières qu’il faut… De nombreuses conditions sont réunies pour que l’on soit naturellement la base arrière du pôle voile olympique de Marseille pour les Jeux olympiques de 2024 ; la cité phocéenne, elle, n’a plus beaucoup d’espace. A la Grande-Motte, on a des parkings monstrueux, sans limites, pour stocker plein de choses nécessaires pour naviguer. »

Et il en faudra ! « Il y aura au moins une centaine de bateaux avec tout les matériels qui vont avec pour s’élancer sur dix séries olympiques, celles représentées aux JO, et au moins dix protagonistes pour chaque série… » Franck Citeau n’en est pas à sa première régate. « Nous avons le culte du multicoque en Méditerranée, dit-il, et le plan d’eau de la Grande-Motte est vraiment super. »

Nous proposons des coach regata, des régates d’entrainement internationales » dans des conditions proches de la compétition prévue pour les JO. Et de nombreuses équipes internationales feront le déplacement à la Grande-Motte, du 7 au 11 mai prochains, pour une sorte de préparation olympique. »

Franck Citeau, responsable du Pôle France
Franck Citeau. Photos : Richard Sprang.

Directeur du centre d’entrainement et des équipes de France depuis 2011, labellisé Pôle France, c’est-à-dire qui accueille pas moins de trente-cinq athlètes de très haut niveau cumulant les titres mondiaux – quatre fois champion du monde d’affilée et une 6e place aux derniers JO avec Billy Besson, favori, qui courait avec une hernie discale…-, Franck Citeau ajoute que « la Grande-Motte offre aussi toute la filière multicoque, avec de grands acteurs comme l’entreprise de construction nautique Outremer. » Et les JO commencent dans… quelques jours ! « Nous proposons des coach regata, des régates d’entrainement internationales » dans des conditions proches de la compétition prévue pour les JO. Et de nombreuses équipes internationales feront le déplacement à la Grande-Motte, du 7 au 11 mai prochains, pour une sorte de préparation olympique. »

Capitale incontournable de la voile

« Sont attendus lors de ce rassemblement pré-oympique : des équipages de Nouvelle-Zélande, d’Argentine, des USA, du Danemark et, évidemment, de l’Hexagone », précise Franck Citeau, notant des passerelles avec « l’industrie nautique », notamment à travers le projet Archimède mené par des chercheurs de l’Université de Montpellier et Polytech. Par exemple, nous testons des moteurs sur des bateaux équipés de foils, confie encore Franck Citeau.

Tout un microcosme est mobilisé sur ce sujet. » De son côté, Billy Besson, qui navigue sur un Nacra, un petit catamaran de 17 pouces, dit qu’être « base arrière de Marseille, c’est très important pour la région et la Grande-Motte ; on va y faire venir beaucoup d’équipages étrangers et les y ancrer et c’est aussi l’occasion pour les Français de se confronter au niveau international dans leurs propres eaux… »

Enfin, Stéphan Rossignol, le maire de la cité des Pyramides souligne l’accélération qu’a prise sa commune, devenue « incontournable » en matière de voile, soutenue par la présidente de Région, Carole Delga, Kléber Mesquida, le président du département de l’Hérault, tous deux socialistes, et même le nouveau président de la fédération française de voile, venu récemment admirer les installations grand-mottoises. « Une vraie capitale de la voile », selon le premier magistrat de la Grande-Motte, Stéphan Rossignol. Une commune qui avait accueilli en 2014 le championnat du monde de sauvetage en mer et qui accueillera en septembre 2018 le barfoot race, organisé par une société d’événementiel, avec 5 000 compétiteurs.

Interrogé, Gérard Bessière, inspecteur général de la Jeunesse et des Sports, au ministère des Sports, reconnaît que la Grande-Motte « a des atouts indéniables mais que devenir base arrière n’est pas acquis ». Ne serait-ce que parce que « les communes aux alentours immédiats de Marseille, ville où se dérouleront les régates olympiques, vont également vouloir l’être… » Mais, ajoute-t-il encore, « le fait que la région Occitanie ait créé un Parlement de la Mer et qu’elle ait lancé son fameux plan Littoral 21 de préservation du littoral et des stations balnéaires », ça peut aussi jouer en faveur de la Grande-Motte. »

Une dernière  preuve de vents favorables : ce lundi 9 avril, Stéphan Rossignol présentait à la presse la 9e édition du salon multicoque qui se déroulera du 18 au 22 avril et que tout le monde appelle désormais le Salon de la Grande-Motte. Le nom de la ville-phare, où seront « montrées dix exclusivités et le Sodebo, le fameux bateau de Thomas Coville, ex-détenteur du record en Tour du monde en solitaire. » La Grande-Motte, toutes voiles dehors.

Olivier SCHLAMA