Hautes-Pyrénées : Une solution pour la prévention des risques naturels

Le dispositif OgoXe mis en place sur un site-test des Hautes-Pyrénées. Photo D.-R.

OgoXe lève des fonds pour solutionner la prévention des risques météorologiques et environnementaux. Créée en 2015 , la startup de Saint-Laurent-de-Nestes (Hautes-Pyrénées) recherche actuellement près d’un million d’euros (via le site Sowefund) pour assurer son développement. Outre la prévention des inondations, OgoXe va déployer en 2021 ses premiers prototypes pour prévenir et détecter les feux de forêts.

Les tragiques événements qui ont endeuillé l’arrière-pays niçois ces derniers jours (Alpes-Maritimes, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence et Var) nous rappellent que les inondations constituent le premier risque naturel en France. Et la région Occitanie est loin d’être épargnée par le phénomène, comme en témoignent les pluies diluviennes du 19 septembre dernier dans le Gard et l’Hérault (Lire notre article sur le sujet).

OgoXe propose une « solution intelligente »

Une commune sur deux, en France, est concernée par le risque d’inondation. Photo OGOXE

Ainsi, encore aujourd’hui, en dépit des avancées technologiques, de nombreux drames persistent faute de moyens connectés en temps réel pour anticiper les phénomènes météorologiques ou environnementaux. Et ce un peu partout en France, avec des régions plus menacées comme pour le risque d’inondation très présent dans le Sud-Est, l’Île-de-France, l’Alsace, les régions montagneuses…

La « solution intelligente » OgoXe mesure en temps réel les variations (débit, précipitations) des cours d’eau grâce à ses balises installées sur zone, prend en considération les prévisions météorologiques et modélise les caractéristiques des bassins (géologie, urbanisation…) afin de fournir les indications les plus précises et prévisibles possibles.

« Le calcul d’anticipation peut ensuite, si la situation l’exige, activer le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) qui décidera alors d’évacuer une zone de danger, même en cas de coupure des réseaux électriques et télécoms », souligne l’entreprise. Cette « solution complète et intégrée » s’adresse donc aux collectivités territoriales et aux entreprises (campings, bases de loisirs, hôtels…) situées en zone à risque.

Une levée de fonds pour aller encore plus loin

Aujourd’hui, plusieurs contrats sont en cours (l’offre est basée sur un abonnement annuel), principalement avec des communes en Occitanie, et des grands comptes comme EDF. Pour étendre son déploiement, OgoXe lance cet automne une levée de fonds via la plateforme Sowefund auprès d’investisseurs et de particuliers, afin de structurer son offre commerciale, sa communication et son marketing.

Guillaume Delai, CEO d’OgoXe… Photo PAYRAU

« La somme récoltée permettra de recruter 5 salariés (*), et de mettre en œuvre des actions commerciales ambitieuses pour atteindre 2 millions d’euros de chiffre d’affaires à horizon 2025 (…) Nous souhaitons déployer notre offre dans toutes les régions de France, mais également à l’export, dans un premier temps en Europe, notamment en Espagne », témoigne Guillaume Delai CEO d’OgoXe.

« Une commune sur deux en France est concernée par le risque d’inondation. Et lors de phénomènes météorologiques inhabituels, le temps de réaction est extrêmement bref. C’est pourquoi, la gestion de l’alerte et la préparation à la crise sont primordiales » poursuit Guillaume Delai,, qui a été témoin des inondations de 2013 dans les Pyrénées (qui ont frappé la vallée du Bastan, entraînant plusieurs morts et d’importants dégâts matériels).

C’est sensibilisé par le manque d’information et de dispositif d’alerte constaté à cette période, qu’il a décidé de concevoir une solution intégrée complète, aux côtés d’un hydrologue et d’un géologue : Floodix, un boîtier connecté, est fourni aux riverains exposés, pour informer en permanence les indications du niveau de danger, et si besoin ordonner l’évacuation.

Tests réussis dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales

« En 2017, nous avons commencé la commercialisation de nos solutions 2.0, d’abord dans le Sud-Ouest où nous sommes implantés et où malheureusement les aléas climatiques sont souvent violents comme en témoignent les récents épisodes cévenols. Grâce à notre dispositif de surveillance des cours d’eau, nous pouvons détecter de façon très précise les zones à risques, et ce à l’instant T, afin de pouvoir prévenir les populations et les secours. Nous avons équipé une quarantaine de sites depuis 2017. Deux d’entre eux se sont correctement déclenchés chacun une fois en octobre 2018 à Sigean, dans l’Aude, ainsi que dans un camping des Pyrénées-Orientales à Porté-Puymorens », explique Guillaume Delai.

Mais ce dernier va au-delà des inondations. Il souligne notamment que son matériel peut mesurer le stress hydrique : « Bien que l’on parle de plus en plus des épisodes de sécheresse, le sujet de la continuité hydrique n’est pas encore au cœur des préoccupations comme dans certains pays soumis à d’âpres tensions (…) nous avons donc aussi décidé de mesurer l’impact que peuvent avoir certaines retenues d’eau exogènes sur l’environnement, notamment sur les bassins versants, tout aussi dévastatrices que les trop-pleins d’eau. Nous avons notamment installé le dispositif à Cambon (Tarn), dont les responsables locaux souhaitent préserver le milieu naturel tout en travaillant avec les différents acteurs qui utilisent la ressource en eau, dont les agriculteurs. »

Enfin, Guillaume Delai note que l’intelligence artificielle permet aussi de mieux anticiper les feux de forêt en effectuant des mesures d’indicateurs grâce à des capteurs implantés sur le terrain comme la vitesse et direction du vent, le taux d’humidité dans l’air et celui des végétaux, combinées à l’activité humaine.

Ces différents calculs modélisés permettent ensuite d’établir une cartographie des zones sensibles : « Notre équipe travaille également sur le risque de feu de forêt endogène. Nous devrions déployer les prototypes courant 2021 (…) Cette nouvelle solution, basée aussi sur l’intelligence artificielle, pourra ainsi donner des alertes d’évacuation lors de départs d’incendies. »

« Mieux vait prévenir que guérir » a toujours affirmé la sagesse populaire : ce proverbe ancien s’applique évidemment à la gestion d’une inondation et OgoXe peut y contribuer à merveille…

Philippe MOURET

(*) Employant actuellement 7 personnes, OgoXe s’est distingué à de multiples reprises depuis sa création. En 2019, le Ministère de la Transition Écologique a attribué à la start-up le label Green Tech Verte. La même année, l’équipementier Huawei l’a convié sur son stand à VivaTech. OgoXe a également fait partie des 500 premières entreprises qui font changer le monde d’après la Fondation Solar Impulse, en 2018. La Région Occitanie lui avait attribué le Trophée de l’Économie Numérique dès 2016, tout comme les Montagnards de l’Innovation la même année. En 2017, le prix de de la Région Occitanie a été obtenu dans le cadre du marathon des créatifs initié par Futurapolis. En 2019, la CCI d’Occitanie a aussi récompensé OgoXe en lui décernant le Septuor.

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