Emploi : Et si vous partiez travailler en… République Tchèque ?

Au lieu de traverser la rue, comme le préconisait Macron, traverser les frontières pour trouver un premier job. C’est ce que propose la République Tchèque, pays aux 250 000 postes vacants et à l’insolent taux de chômage bas, dont la capitale, Prague, plait beaucoup aux expat’ et aux jeunes.

Le dépaysement sera total. Pas de lagon mais pas de banquise non plus. Ah les célèbres forêts de Bohème… Les venelles magnifiques de Prague… Et le patrimoine naturel souvent préservé de cette petite république enclavée en Europe… Où les salaires n’atteignent pas des sommets mais  où le coût de la vie est au même niveau. La République Tchèque ne fait pas spontanément rêver. Mais pour un premier emploi, qui sait ? Ça peut mériter réflexion. La fin des régimes communistes et la fuite de nombreux habitants y a bien entamé la pyramide des âges : ce pays a besoin de main d’oeuvre rapidement dans à peu près tous les secteurs. La République Tchèque, qui affiche un insolent taux de chômage bas (4 % dans le pays et 3 % à Prague) a un besoin criant de… 250 000 personnes ! Avec un taux de croissance de 5 %.

Projet pilote : Czech Emploi

C’est tellement urgent que l’ambassade de France dans ce pays, sollicitée, a mis en place un projet pilote baptisé Czech emploi qui a pour but « d’aider les jeunes francophones à trouver un premier emploi en République tchèque ». Czech emploi n’aurait pas pu exister sans le soutien financier et technique de ses partenaires principaux. Il coopère également étroitement avec d’autres entreprises et institutions. La maison de l’Europe, à Nîmes, ce lundi ; celle de Montpellier.

Le directeur de cette dernière, Olivier Dedieu, dit : « Ce genre de projet favorise la mobilité. Il est donc normal que nous, maisons de l’Europe, l’aidions. Surtout dans notre région française où le taux de chômage, lui, est fort. Il y a beaucoup d’emplois dans l’automobile et l’industrie mais aussi dans tous les autres secteurs… » En sachant que les Français sont les moins mobiles des Européens : 1,2 % contre 4 % en moyenne dans les autres pays de l’Union.

500 entreprises françaises, soit 100 000 emplois

« On compte environ 500 entreprises françaises en République Tchèque représentant plus de 100 000 emplois, explique-t-on à Pôle emploi. C’est d’ailleurs pour les satisfaire en premier que ce partenariat a été mis en place. « Ces entreprises recherchent des profils variés dans divers secteurs tels que la finance et les assurances en forte demande de recrutement, ainsi que l’informatique et les services. » À noter que la réglementation européenne du travail s’applique dans cet État membre de l’Union européenne depuis 2004. Les salariés peuvent donc prétendre à la sécurité sociale, à la retraite et au chômage et bénéficier de leurs droits à leur retour en France.

« Pour conserver leurs employés tentés d’aller travailler pour la concurrence, explique-t-on sur le site de recrutement, les entreprises augmentent les salaires (+5 % en moyenne et + 15 % à l’embauche en 2017) et redoublent d’efforts pour leur offrir de bonnes conditions de travail. Les employés bénéficient souvent de nombreux avantages (accès à la salle de sport, carte de transport, tickets restaurants…) » Un cadre y gagne en moyenne 1 500 euros par mois. Cela peut paraître peu mais le coût de la vie y est 40 % moins onéreux.

Enfin, de nombreuses facilités sont octroyées aux candidats à l’expatriation : des aides européennes sont prévues ; comme une aide au déménagement qui peut aller jusqu’à 750 euros. Même des cours de Tchèques sont possibles.

De janvier à juillet 2019, 11 000 Français ont fait acte de candidature. 

Margaux Careje, chargée de mission à l’ambassade de France à Prague.

« Cette expérience a débuté concrètement avec le site internet de Cezch Emploi, effectif en mai 2018, confie Margaux Careje. Cette chargée de mission au service culturel de l’ambassade de France à Prague ajoute : « Nous transmettons les candidatures  à un partenaire privé sur le marché tchèque, Job.cz, dont nous représentons 11 % du total des offres qui y sont  publiées. De janvier à juillet 2019, 11 000 Français ont fait acte de candidature. Au départ, cette expérience était plutôt basée sur les jeunes.«  Les jeunes sans expérience. Car, « pour les candidatures de Français plus âgés, on demande le plus souvent une expérience de huit ans. »

Il n’y a pas de choc culturel en République Tchèque. Il y a des hypermarchés ; les mêmes marques de magasins, etc. »

Margaux Careje souligne qu’il y a des offres dans de nombreux domaines mais sans doute plus spécialement en ce moment « dans les services dit à la clientèle : dans des compagnies aériennes, l’informatique, les ressources humaines, la comptabilité, etc. » En vitesse de croisière, le site Czech Emploi propose quotidiennement en moyenne entre 150 et 200 offres d’emploi. Nous organisons souvent des ateliers en visioconférence avec les demandeurs d’emploi français. Hormis la langue, il n’y a pas de choc culturel en République Tchèque. Il y a des hypermarchés ; les mêmes marques de magasins, etc. » Et la plupart du temps ne pas savoir parler la langue n’est pas un obstacle : dans de nombreuses entreprises, l’anglais domine. « La majorité des offres sont à pourvoir à Prague. Mais aussi dans la seconde plus grande ville du pays : Brno où se trouvent, entre autres,IBM et Décathlon. »

Après la France, le dispositif ciblera les candidats à l’expatriation en Espagne et en Pologne.

Olivier SCHLAMA

  • La Maison de l’Europe de Montpellier, 14 Descente en Barrat, organise ensemble avec Czech Emploi ce mardi, 24 septembre 2019 à 17h30, une réunion pour présenter le marché de l’emploi en République Tchèque.

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