Édition : Le lexique qui fait même aimer les défauts de Montpellier

Julie Decot "Lexique amoureux de Montpellier" ce livre, dit Julie Décot, a le mérite de s’adresser à des « communautés » qui ne se côtoient pas forcément. « Nous avons voulu un lexique classique mais dont le fil rouge est aux auteurs : donner votre vision de la ville, même subjective. Photo : Ayoub.

Une centaine de textes courts écrits par 13 auteurs issus du journalisme, du social, de l’art… dessinent un portrait de la capitale du Languedoc-Roussillon. De quoi redécouvrir Montpellier au-delà des clichés.

Montpellier n’est plus la Surdouée, tant sur-vantée par Frêche, en sur-régime et sur-oxygénée aux dépends des autres communes de l’Hérault. Montpellier n’est pas seulement la ville où l’on croise les plus belles filles du pays. Montpellier-la-sportive, la millénaire, la culturelle… Montpellier n’est plus seulement… Montpellier. Mais elle reste cette ville aux reflets attachants, recelant des secrets à (re)découvrir. La Comédie, Le Rockstore, Le Lez, La Méditerranée, les francs-maçons, La Paillade mais elle est autre chose également que ces repères iconiques. Le Clapas se redécouvre.

Julie Décot fait partie de ces amoureux, mais pas transis, de cette ville aux mille visages. Cette ancienne journaliste, auteur de livres, qui travaille au quotidien dans un dispositif d’Etat, Devoirs Faits, dans un établissement scolaire de Lodève dit justement : « Il y a des raisons d’aimer Montpellier. » De la parole au geste, elle a coordonné un joli fascicule d’une centaine de textes courts, vigoureux et pas bénis oui oui, écrits par treize auteurs, aux éditions Cairn (1).

Certes, Montpellier, c’est les bouchons… C’est crade… Mais c’est aussi tellement d’autres choses positives et agréables.

Lexique amoureux de Montpellier
Un lexique pas comme les autres. Photo : OSC

« Cette collection, confie Julie Décot, est gérée par un universitaire, Jean-François Soulet, qui a déjà publié un lexique amoureux de Toulouse, Arcachon, Tarbes, Montauban, les Pyrénées… Après avoir décliné l’offre, je m’y suis attelée. Certes, Montpellier, c’est les bouchons… C’est crade… Mais c’est aussi tellement d’autres choses positives et agréables. J’y ai passé 15 ans ; je m’y suis beaucoup impliquée. Ce qui m’a frappé, c’est la diversité de son environnement. »

Julie Décot a conçu ce guide amoureux, elle qui faisait partie de la génération « jeune et festive », qui passait des salles de concerts du Rockstore à l’Antirouille ; des « fins de soirées au Peyrou, trouve encore que Montpellier s’est inventée d’autres spots. « Désormais, avec mes enfants, je vais au musée, au zoo du Lunaret, au resto ou encore à des rendez-vous culturels. » Mais, avant tout, Julie Décot développe sa curiosité et un regard bienveillant voire émerveillé qu’elle a su transmettre. « Des enfants aux parents, ce livre peut régaler toute la famille ! »

Ce n’est en rien un outil de com’ comme le dernier Routard ou le Futé. « On y trouve même des piques », un regard qui n’est jamais lisse. C’est pour cela que « j’ai écrit un chapitre sur le temple laotien et qu’il y a de nombreux passages sur les secrets méconnus ».

Julie Décot
Julie Décot
Julie Décot, Photo : Belair Photographie.

A preuve : « Il n’est pas rare que l’on se balade en tramway. Un jour, l’une de mes filles, voyant entrer une jeune femme voilée, à la Paillade, lui dit, tout de go, sans malice : « T’as de la chance, toi, tu es habillée en princesse ! » Montpellier n’est, certes, pas un conte des mille et une nuits mais c’est tout un camaïeu d’environnements agréables : des places, des terrasses, et des gens très différents.

Quelque chose est resté pour toujours : le temps de ces dernières années de fac à Montpellier, nous avions été les rois du monde ! »

Elisabet Ferrer-Oupinie

Justement, ce livre a le mérite de s’adresser à des « communautés » qui ne se côtoient pas forcément. « Nous avons voulu un lexique classique mais dont le fil rouge est aux auteurs : donner votre vision de la ville, même subjective, avec certes des incontournables : Frêche, Nicollin, l’histoire, le patrimoine, la qualité de l’accueil ou la douceur de vivre. Mais on n’a pas fait dans le cliché du style : Montpellier, la ville où l’on ne se couche jamais, celle des afters et des soirées branchées. » Julie Décot y a voulu des « notices courtes ». Pour mieux « aimer les défauts de Montpellier. Ce n’est en rien un outil de com’ comme le dernier Routard ou le Futé. « On y trouve même des piques », un regard qui n’est jamais lisse. C’est pour cela que « j’ai écrit un chapitre sur le temple laotien et qu’il y a de de nombreux passages sur les secrets méconnus ».

Les textes « à l’os » et très instructifs de Georges Roques mais non dénué d’émotion (Méditerranéenne, Horizon…) côtoient une jolie analyse sur la danse de Mélanie Taquet (…) « C’est cet indescriptible je-ne-sais-quoi dans l’air montpelliérain qui a poussé Peter Kertz, fraîchement débarqué de Los Angeles, et sa compagne montpelliéraine à créer leur école (…) » Ou encore On y trouve aussi des passages à la poésie non surfaite, comme la conclusion de deux pages sur la colocation (!) signées Elisabet Ferrer-Oupinie. « Je filais déjà sur routes avec le groupe Dionysos. La colocation prenait fin, mais quelque chose est resté pour toujours : le temps de ces dernières années de fac à Montpellier, nous avions été les rois du monde ! »

Olivier SCHLAMA

  • Le jeudi 13 juin à 18 h 30 à l’auditorium de la Médiathèque Emile Zola de Montpellier, pour une soirée de présentation du projet littéraire «  Lexique amoureux de Montpellier » en présence de la majorité de ses auteurs. Editions Cairn.

  • Les auteurs : Françoise Binder-Klépandy, Jean-Paul Bocaj, Marine Bohin, Iseut Delbos, Elisabet Ferrer-Oupinie, Jean-François Gamba, Jacques Molénat, Christian Montaignac, Georges Roques, Marie Susplugas, Mélanie Taquet, Didier Thomas-Radux.
  • La vidéo de présentation du livre « Lexique amoureux de Montpellier » est à voir ICI

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