De Sète à Lunel : Plus de 800 M€ investis dans les quartiers

Sète - Île de Thau - Rénovation résidences et aménagement darse-espace public. Ph. DDTM 34

Exemple d’intervention dans l’Hérault, doté d’un programme de plus de 800 M€, dont 195 M€ de concours financiers de l’Anru, qui entre dans sa phase active. Pour requalifier les grands ensembles paupérisés des années 1970 et les centres anciens dégradés.

L’Hérault est fortement concerné par la géographie prioritaire de la Ville avec 22 quartiers classés en politique de la ville (QPV) pour leur forte concentration de pauvreté. Parmi ces 22 quartiers, 7 ont été retenus par l’Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru) « au vu de la gravité de leurs dysfonctionnements urbains, pour faire l’objet d’une intervention lourde de restructuration du bâti et des espaces publics, moderniser les équipements publics, et faire en sorte que ces quartiers redeviennent des quartiers comme les autres à terme ».

« On a eu du retard à cause de la crise sanitaire et des élections municipales. »

Gérard Bol est le responsable du service habitat à la DDTM (direction départementale des territoires) de l’Hérault. Il explique : « Le programme distingue les quartiers d’intérêt national et des quartiers d’intérêt régional en fonction du degré de gravité des problèmes à traiter et du montant d’investissements nécessaires. Il s’agit souvent en plus des aménagements de traiter la vacance de logements. On parle de vacance quand l’appartement n’est plus habité depuis au moins deux ans, notamment parce qu’il est en trop mauvais état et où il faut d’abord une intervention lourde de rénovation. Souvent, ces logements sont la proie de marchands de sommeil. La convention avec Sète est signée. Nous espérons faire de même avec Agde et Lunel et en finaliser précisément le contenu d’ici la fin de l’année 2020 ou au premier semestre 2021. On a eu du retard à cause de la crise sanitaire et des élections municipales. »

Sète – Île de Thau – Intervention sur les berges. Ph. DDTM 34

Béziers-La Devèze fait partie des quartiers d’intérêt national : « Il faut réintégrer le quartier à la ville. Ce quartier est d’une superficie de 48 hectares pour 4 605 habitants et affiche un taux de pauvreté de 60,6 %, qui vivent avec moins de 1 000 € par mois. » On y compte 11 % de logements vacants (inhabités depuis plus de deux ans pour différentes raisons, notamment parce qu’il faut les rénover). « Le projet de rénovation est évalué à 120 M€ (dont 31 M€ de l’Anru). Il consiste en 581 démolitions de logements (pour 8,6 M€), 522 logements locatifs sociaux reconstitués ( pour 69 M€), dont 60 sur site, 167 rénovations de logements (pour 5,2 M€) et 70 logements en accession à la propriété (10,4 M€). Et, enfin, des aménagements et équipements (21 M€). »

Celui de Béziers centre-ville aussi qu’il faut « redynamiser ». Il s’étale sur quelque
210 hectares où logent une population de 19 054 habitants, affichant un taux de pauvreté de 56,3 %. Le projet est évalué à 60 M€ (22,7 M€ de l’Anru) dont 95 logements sociaux reconstitués sur site (12 M€), 316 rénovations de logements (23,5 M€) dont 215 résidentialisés et des aménagements et équipements (25 M€).

Troisième quartier qualifié d’intérêt national, Montpellier-Mosson : « Il s’agit là de redessiner des quartiers à échelle humaine. » Une petite ville s’étalant sur 138 hectares, forte de 21 652 habitants affichant un taux de pauvreté de 59,5 %. Le projet est évalué à 450 M€ (87,7 M€ Anru) dont des aménagements et équipements (137,3M€), 1 106 rénovations de logements (121,5M€), 454 démolitions de logements (82,6M€) et 455 logements sociaux reconstitués (60M€) – 2 707 résidentialisations (21,8M€).

On compte ensuite quatre quartiers d’intérêt régional. Dont le centre historique d’Agde là aussi à redynamiser sur 36 hectares. Il compte 3 177 habitants avec un taux de pauvreté 45,2 %. Le projet est évalué à 33 M€ (10 M€ Anru) dont : des aménagements et équipements (22,5M€), 114 rénovations de logements (5,9 M€) et 119 logements sociaux reconstitués sur le secteur.

Le quartier de l’Île de Thau, à Sète, veut  devenir  une insularité à valoriser. Superficie de 13 ha pour 3 794 habitants avec un important taux de pauvreté de 60,9 %. Le projet est évalué à 24 M€ (13,1 M€ ANRU) dont  des aménagements et équipements (11,8M€), 427 rénovations de logements (11,4M€).

 Lunel, le projet consiste à affirmer une centralité. Le centre-ville est en déshérence. Le projet comprend 47 hectares où habitent 5 726 habitants. Le taux de pauvreté s’établit à 47,7 %. Le projet est évalué à 22,8 M€ (8 M€ Anru) dont des rénovations de logements (11,8 M€), des aménagements et équipements (4M€) et 513 résidentialisations (3,5 M€). Ce projet Anru se couple d’une reconquête du centre)-ville avec l’engagement du projet Action coeur de ville, proposant l’aide à la création de nouveaux commerces, notamment.

Enfin, Montpellier-Cévennes : Transformer une vaste copropriété en quartier. Le projet s’étale sur une faible superficie : 7,4 ha où habitent 5 578 habitants, avec un taux de pauvreté de 48,7 %. Il est évalué à 120 M€ (22,1M€ Anru) dont des rénovations de logements (54,7M€), des aménagements et équipements (43,3M€), 57 démolitions de logements (11,4M€) et 874 résidentialisations (9,9 M€)

Olivier SCHLAMA