Collèges : En Haute-Garonne, la rentrée se joue aussi contre la canicule et dans les assiettes

Visuel de synthèse du futur collège d’Aucamville. Ph DR

Adaptation au changement climatique, conditions bioclimatiques, cours oasis : pas moins de 102 collèges dont le Département a la charge vont être rafraichis. Second chantier prioritaire, les cantines avec du 100 % fait maison, locale et bio ! Ces deux chantiers dessinent les priorités du bien apprendre et du bien vivre dans ces établissements.

La rentrée scolaire ne se résume plus à compter les élèves et à remplir les cartables. Dans les collèges de Haute-Garonne, la rentrée se joue désormais sur deux terrains qui disent beaucoup du collège : la capacité des bâtiments à résister au changement climatique et celle des cantines à proposer une alimentation de qualité, accessible au plus grand nombre.

Avec plus de 69 000 collégiens attendus cette année, le Département doit composer avec une équation paradoxale : les effectifs scolaires devraient baisser dans les prochaines années, mais la Haute-Garonne continue d’accueillir environ 18 000 habitants supplémentaires chaque année. Il faut donc construire, bien sûr, rénover et surtout adapter.

Des collèges qui apprennent à vivre avec la chaleur

Image de synthèse, Cour Villeneuve Tolosane. Ph. département de la Haute-Garonne

“Le Conseil départemental met tout en œuvre pour adapter les collèges au défi climatique et offrir les meilleures conditions d’apprentissage aux collégiennes et collégiens (…) L’été caniculaire que nous venons de traverser, témoigne une fois encore de l’urgence climatique à laquelle nous devons faire face” : Sébastien Vincini, président du département, résume le nouveau défi posé aux établissements scolaires. Dans les collèges, la question climatique devient très concrète : comment faire travailler des adolescents et leurs enseignants lorsque les températures s’envolent ? La réponse se traduit d’abord par la conception des nouveaux établissements.

Les collèges d’Aucamville et de Plaisance-du-Touch, actuellement en construction et attendus pour septembre 2027, pourront accueillir jusqu’à 720 élèves chacun. Leur conception privilégie la performance énergétique et le confort d’été, sans recourir à la climatisation. Géothermie pour chauffer et rafraîchir, panneaux photovoltaïques, récupération des eaux pluviales, cours végétalisées : le collège devient un bâtiment pensé avec le climat, et non plus contre lui.

Les collèges récents construits par le Département ont su résister aux fortes chaleurs de l’été 2026. Lorsque les températures extérieures ont atteint les 40 degrés, les températures intérieures n’ont pas dépassé les 26 degrés.

Géothermie, récupération des pluies, brasseurs d’air…

Travaux Chantier Construction Collège Plaisance du Touch – Aurélien Ferreira

Le Département oeuvre également pour l’adaptation des collèges existants au défi climatique. Cinq grands projets de réhabilitation énergétique – des quasi-reconstructions qui demandent des moyens considérables – qui seront menés d’ici 2031. Galilée à la Salvetat-Saint-Gilles, Robert Roger à Rieumes, Bellevue et Vauquelin à Toulouse et la Cité scolaire de Bagnères-de- Luchon. Les études démarreront en 2027.

Dans les collèges de Haute-Garonne, vingt-trois cours oasis existent déjà, créant de véritables îlots de fraicheur au cœur des établissements. Et trois nouvelles cours oasis ont été créées dans les collèges Nelson Mandela à Noé, Simone Veil à Saint- Jory et Jacqueline Auriol à Villeneuve-Tolosane. Les travaux de déminéralisation et de réaménagement des espaces ont été réalisés cet été. La plantation des végétaux aura lieu dès cet automne. Par ailleurs, plus de 700 grands brasseurs d’air amélioreront les conditions d’apprentissage durant les fortes chaleurs de plus en plus précoces.

Le collège de demain sera donc peut-être moins minéral, moins énergivore et surtout mieux armé pour supporter les étés brûlants qui n’en finissent pas de s’allonger. 

Dans les cantines, le pari du fait maison

Repas 100% Verfeillois Collège Jean Gay Verfeil – Alis Mirebeau. Ph. CD 31

L’autre transformation se joue à l’heure du déjeuner. Depuis 2023, le Département déploie son plan 100 % “fait-maison, local et bio”. À la rentrée 2026, 70 collèges sont engagés dans cette démarche, contre 49 l’année précédente. Près de trois collèges sur quatre disposant d’une cuisine autonome sont désormais concernés.
La Haute-Garonne compte 93 collèges publics dotés d’une cuisine autonome sur 102 et plus de 200 agents départementaux, cuisiniers et responsables de cuisine.

Derrière le slogan, il y a donc une organisation et des femmes et des hommes qui préparent chaque jour une partie des quelque 7 millions de repas servis chaque année. Le choix du local et du bio ne concerne d’ailleurs pas seulement le contenu de l’assiette. Le Département présente également cette politique comme un soutien aux filières agricoles du territoire, un moyen de réduire le gaspillage et d’améliorer les pratiques des équipes de restauration.

Réforme de l’aide à la restauration scolaire

Semaine 100% Local Collège Vincent Auriol REVEL – Hélène Ressayres. Ph CD 31

Trois collèges ont obtenu en 2026 la labellisation Ecocert en Cuisine, six autres doivent être accompagnés dans cette démarche. Reste la question essentielle : qui peut réellement accéder à cette restauration de qualité ? C’est ici qu’intervient la réforme de l’aide à la restauration scolaire.

Depuis septembre 2026, le système passe de deux niveaux de prise en charge, 50 % et 100 %, à six niveaux progressifs, de 20 % à 100 %. L’objectif est de réduire les effets de seuil et d’élargir le nombre de familles aidées. Près de 6 000 élèves supplémentaires devraient ainsi bénéficier du dispositif, tandis que les familles qui avaient droit à la gratuité conservent une prise en charge intégrale.

Le Département met tout en œuvre pour adapter les collèges au défi climatique et offrir les meilleures conditions d’apprentissage aux collégiennes et collégiens”

Sébastien Vincini, président du département de Haute-Garonne

Le repas de collège coûte en moyenne 11 euros à produire, quand le tarif moyen payé par les familles s’établit à 3,67 euros (1). Près de 25 000 élèves vont bénéficier cette année de l’aide à la restauration, pour un budget départemental de 8,45 M€.

Agrilocal au collège Jolimont – Adrien Nowak. Ph. CD 31

Deux chantiers, finalement, pour une même question : comment faire du collège un lieu adapté à son époque ? En protégeant les élèves de la chaleur dehors et en veillant, dedans, à ce que ce qu’ils trouvent dans leur assiette soit à la fois bon, local, responsable et financièrement accessible.

“Le Département met tout en œuvre pour adapter les collèges au défi climatique et offrir les meilleures conditions d’apprentissage aux collégiennes et collégiens”, résume Sébastien Vincini. La transition écologique ne se mesure donc pas seulement en tonnes de CO2 ou en panneaux photovoltaïques. Elle se voit aussi dans une cour où l’on peut trouver de l’ombre et dans une cantine où davantage de familles peuvent offrir à leurs enfants un repas de qualité.

Olivier SCHLAMA

  • (1) 54 104 élèves demi-pensionnaires. Près de 25 000 bénéficiaires de l’Aide à la restauration scolaire. Budget ARS : 8,45 M€. Coût de revient d’un repas : 11 € Tarif moyen facturé aux familles : 3,67 €