Biodiversité : Le sentier sous-marin de Mèze en lice pour remporter un concours national !

Votez pour ce sentier – le seul en France dans une lagune ! – qui fait partie des douze finalistes d’un concours national. Vous avez l’occasion de faire gagner un projet qui met en valeur – et c’est rare – métiers de la pêche et la conchyliculture et la biodiversité.

La Méditerranée à Paris… Ou plutôt l’étang de Thau ! Plébiscité localement, le nouveau sentier sous-marin de Mèze, d’accès gratuit, devant la plage du Taurus, suscite l’admiration. Tous espèrent qu’il sera reconnu au niveau national. Il fait partie des douze projets retenus au niveau national par le Dgampa, (Direction générale pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture), émanation du ministère de la Mer, pour être lauréat national. Dans le cadre national d’un programme européen de soutien à la pêche, le Feampa (567 M€ entre 2021 et 2027 pour la France).

On peut tous voter pour ce projet unique

Le concours s’appelle les Étoiles du Feampa 2026 grand prix du public.  “Sentier sous-marin pédagogique de Thau”, c’est ici. Le projet qui recueille le plus de voix sera récompensé aux Assises de la pêche à Cherbourg, en juin. Le sentier sous-marin est l’un des douze site sélectionnés pour la finale, aux côtés d’un projet de production d’énergie solaire en Normandie ; de réutilisation de pochons d’huîtres en sacs et paniers réutilisables à Cherbourg ; un troisième est, lui, porté par l’université de Montpellier qui utilise des techniques modernes d’ADN environnemental et l’expérience des pêcheurs locaux pour identifier les espèces de poissons menacées le long de nos côtes… Il y a aussi la production de collagène marin, etc.

Ce sentier, qui comporte une table conchylicole, est bien fréquenté”

Thierry Baëza, maire de Mèze

“Ce sentier, qui comporte une table conchylicole, est bien fréquenté”, confirme Thierry Baëza, maire de Mèze, vice-président de l’Agglopôle et président du Syndicat mixte du bassin de Thau (SMBT). “Dès qu’il y a un rayon de soleil, il y a du monde, dit-il. Il suffit d’un masque pour aller voir les panneaux et les poissons dans un milieu qui est si riche qu’il faut nettoyer les panneaux chaque semaine.” C’est l’exemple-même d’une idée qui émane de l’expérience et du terrain et de l’amour de ce magnifique étang de Thau partagé entre tourisme et conchyliculteurs : “L’idée m’est venue il y a quelques années en discutant avec la présidente du Yacht Club, confie Thierry Baëza ; j’ai aussi été président d’une société de joutes avec une section de rames traditionnelles. Le sentier s’est imposé comme une évidence pédagogique. Il est unique en son genre : c’est le seul dans une lagune. Et sa popularité ne se dément pas : “On a même des groupes de touristes qui nous appellent”, commente Thierry Baëza sobrement.

Ce qui a plu, c’est qu’il associe la préservation de la biodiversité et à la connaissance des activités pêches et cultures marines”

Avec ce sentier, c’est la plongée dans la biodiversité. Porté par la commune de Mèze, ce sentier permet de découvrir la richesse de l’étang de Thau et ses activités de pêche. Avec des panneaux pédagogiques immergés et une table conchylicole miniature, il sensibilise le public à la biodiversité et aux savoir-faire locaux. Une expérience unique avec juste masque et tuba.

Sentier sous-marin de Mèze. DR

Le dispositif a été sélectionné parmi des centaines d’autres. “Pour faire connaître nos projets, nous avons un réseau de l’ensemble des groupes locaux nationaux et on se retrouvent une fois par an. L’année dernière, j’avais présenté ce projet. C’est là que la Dgampa en a pris connaissance. Ce qui a plu, c’est qu’il associe la préservation de la biodiversité et à la connaissance des activités pêches et cultures marines. Elles sont indissociables et facteurs d’équilibre. C’est très rare. C’est un projet attrayant et fédérateur”, analyse Béatrice Pary, en charge d’un programme communautaire du Smbt qui permet de cofinancer et de soutenir des projets.

Béatrice Pary souligne : “C’est un beau projet aussi parce qu’au tout début, c’était un projet d’étudiants. Ma collègue en charge des sites Natura 2000 et moi-même avions encadré un groupe d’étudiants en Master de Montpellier ; on leur avait demandé quelles pourraient être les zones de l‘étang de Thau susceptibles d’accueillir un tel sentier. Le rapport a été très bien fait, montrant qu’en terme d’attractivité, de biodiversité et d’animation touristique, c’était à Mèze. Depuis, ça fonctionne très bien auprès du public.” 

Totalement en phase avec le slow tourisme

La lagune de Thau est en effet réputée pour son importante biodiversité qui a conduit à son classement en zone Natura 2000 puis en aire marine protégée, en 2022. Elle se caractérise aussi par des productions conchylicoles en suspension réalisées par plus de 350 ostréiculteurs et une activité de pêche aux petits métiers (120 licences de pêche sur Thau). En parallèle, l’attractivité touristique de Thau et de son littoral se renforce, avec une demande croissante d’activités aquatiques en raison des vagues de chaleur, mais aussi avec une forte demande de découverte des activités de production (conchyliculture, pêche, viticulture). Cela s’appelle le slow tourisme.

Projet de dialogue sous la mer avec des scientifiques !

Sentier sous-marin Mèze Ph. Biotope.

“C’est une première dans une lagune où l’on a peu de fond ; beaucoup de choses à observer… L’Europe et la Région ont même mis la main à la poche” et ont financé 80 % des 40 000 € nécessaires”, complète Frédéric Provost, chargé de mission environnement de Mèze. “L’équipage de la SNSM qui sont sur place indiquent que la demande de touristes pour aller voir ce sentier est quotidienne. Pour inciter davantage le public à y aller, nous avons réalisé avec des plongeurs amateurs une banderole de six mètres de long posée sur l’aire de carénage avec des photos. C’est juste là où arrivent les navettes maritimes avec Sète. Nous avons aussi un projet – mais il n’est pas encore finalisé – avec une association de Montpellier qui propose un “dialogue” avec des écoliers, par exemple. Cela s’appelle dialogue sous la mer et cela consiste, avec du matériel perfectionné, à dialoguer en direct avec les scientifiques auxquels on pourra poser des questions en direct pour leur demander par exemple ce qui les entoure. Il y aura deux régies, dont une sous l’eau.”

Mèze, “premier sentier sous-marin qui parle aussi de patrimoine culturel”

Sentier sous-marin Mèze Ph. Biotope.

Guillaume Salmon, directeur de projets chez Biotope, bureau d’études mézois qui a conçu ces panneaux de vulgarisation scientifique, nosu expliquait que, “le but de la ville de Mèze est de proposer une activité touristique gratuite et accessible à tous et intéressante dans le milieu naturel, expliquait-il. Mèze est assez investie dans la protection de l’environnement, la biodiversité”.

Il pointait : “À ma connaissance, c’est le premier sentier sous-marin qui parle aussi de patrimoine culturel : la conchyliculture et la pêche. Il y a des panneaux qui expliquent cela. Il y a aussi une table conchylicole de démonstration permettant aux touristes-plongeurs de s’en approcher – c’est interdit pour les tables professionnelles – elle est adaptée ; avec des cordes d’élevage suspendues. Et de comprendre le cycle de l’huître.” Biotope n’avait pas d’autres projets de sentiers sous-marins. “On aimerait en faire d’autres, possiblement à l’étranger aussi”, conclut Guillaume Salmon.

Olivier SCHLAMA