8 mars : Olympe de Gouges à Montauban, Toutes en grève à Toulouse

L'affiche des Journées Olympe de Gouges à Montauban.

Parce que le coronavirus ne doit pas faire oublier que le 8 mars, c’est la Journée internationale des droits des Femmes. Montauban en profite pour rendre hommage à Olympe de Gouges, tandis que Toulouse est au coeur de l’initiative Toutes en grève, pour une « grève féministe de 24h« …

« Cette année encore, le 8 mars, c’est la grève féministe ! Faisons une grève générale féministe de 24h : Grève du travail, grève de la consommation, grève des tâches domestiques, grève de l’éducation ! » Et le collectif On Arrête Toutes souligne sur son site internet« Notre rôle est fondamental dans la société : si on s’arrête, tout s’arrête. Nous avons l’arme de la grève contre le patriarcat. Le 8 mars, c’est la grève féministe ! Le 8 mars, #OnArrêteToutes » A Toulouse c’est à 16h que rendez-vous est fixé par Toutes en grève 31 « en haut des allées Jean-Jaurès pour une grande manifestation féministe et historique… »

Le « Corps des Femmes » d’Olympe de Gouges à Agnès Varda, à Montauban

Les Femmes et la Danse, l’une des expositions présentées à Montauban durant tout le mois de mars. ici jusqu’au 15 mars au Centre Social La Comète puis au CIDFF (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles). Photo © Public Domain

Montauban, ville natale d’Olympe de Gouges (née le 7 mai 1748, morte guillotinée le 3 novembre 1793 à Paris, femme de lettres française, devenue femme politique, considérée comme une des pionnières du féminisme français) a choisi de mettre en lumière et de partager autour de l’œuvre de la plus célèbre de ses citoyennes. L’édition 2020 de ce grand rendez-vous éclectique (qui a lieu tous les deux ans) explore la thématique transversale du Corps de la femme.

Brigitte Barèges, maire de Montauban, souligne la philosophie de ce rendez-vous : « Fondées sur les valeurs prônées par notre concitoyenne, les Journées Olympe de Gouges ont pour vocation de contribuer à rendre à la femme non seulement ses Droits, mais aussi sa juste place – dans tous les domaines –, à l’égal de l’homme. Cette édition, intitulée Le corps de la Femme, propose expositions, conférences, animations et spectacles où la féminité questionne son intégrité physique et sa dimension intellectuelle (…)  elles affirment notre foi en un progrès moral et éthique. C’est à ce prix que la Femme retrouvera la dignité dont elle a été si longtemps spoliée et participera enfin à l’écriture d’une nouvelle histoire du monde. »

Samedi : Isabelle Andréani, seule en scène au théâtre

Isabelle Andréani, seule en scène dans « Un coeur simple » de Falubert, mis en scène par André Lemaire. Photo ©LOT

En ce dernier week-end des Journées, plusieurs rendez-vous sont encore à l’affiche. A commencer par un café-philo (à la médiathèque Mémo) qui se propose de réfléchir sur le thème de « Prendre soin, une éthique féminine ? (…) Stéréotypes de genre, ou affirmation d’un autre regard ? D’une éthique fondée sur l’amour ? En questionnant la notion de subjectivité féminine, nous essaierons de réfléchir à ce qui, dans la philosophie même, résiste aux modèles de pensée masculins… » Suivi à 17h des « Dérives sonores » de Kate Fletcher’s Orlando.

Tandis que de 14h à 16h30, un cycle de conférences se tiendra à l’auditorium de l’Ancien collège animé et modéré par Evelyne Morin Rotureau et Geneviève André-Acquier. Et le soir (20h30) le Théâtre Olympe de Gouges proposera « Un coeur simple« , spectacle (nommé aux Molières 2019 dans la catégorie Seul(e) en scène) dans lequel Isabelle Andréani incarne une servante du XIXe siècle qui raconte sa vie modeste, son demi siècle de servitude…

Dimanche : Alice Guy, cinéaste injustement oubliée

Dimanche, Le Club des Cinéphiles proposera de pénétrer dans l’univers de deux grandes dames du cinéma Français (11h, Ancien collège) aux destins fort différents : Agnès Varda (1928-2019; César d’honneur en 2001, Oscar d’honeur en 2017, Lion d’or à Venise en 1985 pour Sans toit, ni Loi, etc) et Alice Guy (1873-1968),  première réalisatrice de films de fiction de l’histoire du cinéma, mais aussi scénariste, productrice et directrice de studio, mais négligée ou oubliée par les historiens du cinéma…

L’après-midi (15h30), le programme explique : « Des femmes circassiennes de la Boîte à Malices, l’école de Cirque de Montauban, proposeront des Instants d’espaces librement artistiques. Basés sur la liberté des corps, ces instants éphémères donneront le mouvement à un dialogue artistique avec les passants. Elles déambuleront et vous guideront de la rue Fraiche, rue de naissance d’Olympe de gouges, jusqu’au théâtre. »

C’est d’ailleurs au théâtre que débutera à 16h « Cette intime rumeur en moi » : Elles sont avocates, ingénieures, enseignantes, informaticiennes de formation, et voilà qu’un beau jour, elles ont quitté leurs pays avant de déposer leurs valises à Montauban…   Conçu à partir de leurs histoires croisées, le spectacle mêle écriture, théâtre et cirque pour questionner l’identité individuelle et collective de ces femmes…

Philippe MOURET

De nombreuses expos à découvrir tout au long du mois de mars : jusqu’au 25 mars, Théâtre Olympe de Gouges | Sacha Li(t) et dessine Olympe; jusqu’au 28 mars, Ancien Collège | ExceptionnELLES, jusqu’au 28 mars, Maison du Crieur | Mots d’elles, jusqu’au 15 mars, La Comète & et du 15 au 30 mars, CIDFF | L’histoire par l’image : Les femmes et la danse; jusqu’au 30 juin, Pôle petite enfance En corps en accord ?

Dis-Leur ! et les femmes…